X-Men : le Commencement

30062011

Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon.

Dans le genre préquelle, X-Men le commencement est ce qui se fait, peut-être pas de mieux, mais au moins de plus regardable. Forcément dans ce genre d’exercice, et à l’image d’un Star Wars 3, on attend de comprendre, et même mieux, de voir, pourquoi tel (Vador) ou tel (magnéto) personnage a basculé du côté obscur. Déjà , et rien que pour cela, à la condition naturellement d’avoir jeté un oeil aux précédents épisodes, cette préquelle est tout à fait digne d’intérêt. Chaque évènement, aussi insignifiant soit-il, peut être à l’origine de quelque chose qui le dépasse. C’est le commencement, et un commencement c’est toujours intéressant.

X-Men-Le-commencement

L’autre point positif, c’est son contexte vaguement uchronique. Je dis vaguement car la trâme historique est connue (la guerre froide) et bien calquée sur ce qui s’est passé. L’action des mutants exceptée. Cette contextualisation prend sa source lors de la seconde guerre mondiale et dans l’horreur des camps. Soit des thèmes que Bryan Singer (réalisateur des 2 premiers épisodes) n’aurait pas renié.s Il est de toute façon crédité au scénario, autant dire que son ombre plane tout le long du film.

Enfin, pour terminer sur les louanges, il faut mentionner un casting qui bien que composé de (plus ou moins) nouvelles têtes, ne devrait pas tarder à faire parler de lui. Et pour longtemps. Avec les Fassbender, McAvoy, Lawrence, Jones ou Byrne, c’est tout le futur Hollywood qui vous sourit. Kevin Bacon (excellent médecin nazi) étant le parfait passeur de témoin.

Sur le fond, les questions posées par les précédents opus sont toujours là, la génétique, l’acceptation de soi, des autres, le communautarisme, la peur, ces instincts primaires toujours guerriers… Autant de thèmes riches et passionnant à exploiter. On vous rassure ce n’est pas non plus un cours magistral de philosophie et de géopolitique. Matthew Vaughn que l’on avait quitté avec Kick Ass, nous revient donc assagi. Soit que les critiques (justifiées) sur son précédent film ont porté leur fruit, soit que le poids d’une franchise ait eu raison de sa fougue et de ses tics visuels.

Bref, entre son réalisateur nouvelle vague (façon Snyder), ses thématiques ou encore son implication dans le réel, la comparaison avec Watchmen est plus qu’évidente. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que ces deux films fassent partie des meilleurs films de super-héros grand public sortis récemment.

Valeur en devenir




Michou d’Auber

26042011

En 1960, la guerre d’Algérie bat son plein. Le jeune Messaoud, 9 ans, est confié par son père, à une famille d’accueil établie dans le Berry, constitué de Gisèle et de Georges. Ce dernier, facteur de son état, ancien combattant de la guerre d’Indochine, un brin raciste, ne sait rien de l’origine du garçon que l’on a rebaptisé « Michel » (ou « Michou »). Celui-ci découvre alors la France profonde.

Michou d'Auber

Avis aux amateurs, je vous offre sur un plateau (et libre de droits) le pitch du film d’horreur ultime. Le lieu : un hôpital. Le jour : Un dimanche de pâques. Le pitch : Tous les médecins ont déserté le navire. L’hôpital (façon Halloween 2 de Rob Zombi) est désert, les internes trahissent leur age par des visages trop marqués par une acné encore récente, la TV fait 36 cm (36 bordel !), et 2 chaînes se battent en duel : TF1 et FR2. Le héros a beau chercher, triturer les programmes dans tous les sens, pas d’Arte. Le choix (pas de livres, ni même de VSD, sous la main) va donc se porter entre les Experts et Michou d’Auber. Les séries policières américaines n’étant pas (à ce moment là de l’histoire) la cup of starbucks du héros, il choisit Michou d’Auber.

Michou d’Auber, pour ceux qui ne connaîtraient pas, ou qui auraient une vie, c’est réalisé par le prodige français Thomas Gilou, à qui l’on doit les inoubliables (rapide recherche sur Wikipédia) Victor et la trilogie La vérité si je mens ! Ok ce sont des films de merdes, mais reconnaissant lui le mérite d’avoir un nom marrant. Gi-lou, c’est marrant comme nom. Pour finir, le film est une production EuropaCorp (la Cie de M. Besson) et TF1, il passe sur Fr2 et vous trouvez dedans Depardieu, Baye ou encore Amalric. Bref, plus cinéma français tu peux pas faire. Plus nul non plus.

Passons sur le jeu des acteurs, car le seul jeu est de deviner qui cachetonne (Matthieu), qui cabotine (Gérard), qui est perdu (Philippe), qui est nul (Samy)… Quand le ratage est si énorme, il faut souvent se poser la question de celui qui les dirige. Bon rappelez-vous, Gi-lou, le nom est marrant. En me relisant (si si, ça m’arrive) je me rends compte que je suis dur, le film n’est pas fait pour moi, la cible c’est la grand mère un peu raciste qui a peut être un bon fond. Cette sorte de Grand Chemin bis, surfe sur cette vague nostalgique, avec tant de talent que Nolwen Leroy passe pour une débutante à côté. Vas-y que je te mette bien profond une couche de consensualisme mou, vas-y que je te fasse la morale, vas-y que l’ensemble est gerbant (et dans un hôpital c’est pas cool) de médiocrité, d’amalgame et de fausses valeurs.

Pour ne rien arranger, le film est long, prévisible (of course), l’humour est pataud, moralisateur, et je suis prêt à mettre ma main à couper, que la cible va en ressortir plus raciste qu’elle ne l’était au départ. De la soupe populiste et contre-productive. Bravo FR2, vive le service public et vive la redevance à 123 €. Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour mais je commence maintenant à comprendre pourquoi certains regardent TF1. Un scénario pour un film d’horreur je vous dis.

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Gainsbourg Vie Héroique

27022011

Le résumé est mou, mais à l’image du film qu’il décrit on se dit qu’on a que les résumés que l’on mérite.
Le film retrace la vie de Gainsbourg à travers la plupart de ses tendances artistiques, de son apprentissage de peintre au Gainsbarre en passant par le jazz de Saint-Germain et les yéyés.

Gainsbourg Vie Héroique

Tout juste auréolé de 3 César (au cours d’une cérémonie ennuyeuse, peu original et pleine de bides – cf Elie Semoun – comme d’habitude) Gainsbourg Vie Héroique se devait d’avoir quelque lignes sur ce blog. Ce serait-ce que pour prévenir le spectateur attentif et vigilant de la moindre dépense superflue.

Un film sur Gainsbourg ? Oula ça sent le biopic à tendance hagiographe, ça sent le film à performance, ça sent le film à l’américaine mais en moins bien. Un film sur Gainsbourg, et encore plus lorsqu’on a un tant soit peu de ressenti pour son travail, ça sent le projet casse gueule par excellence. Mais rendons à César ce qui lui appartient, Joan Sfar, probablement conscient de l’écueil qui l’attend, préfère tenter de dissiper tout cela en annonçant dès le départ que nous aurons droit à un conte. Pourquoi pas, l’idée est originale et pour peu que l’histoire à conter soit intéressante on est en droit d’espérer un moment sympathique à défaut d’être épanouissant.

Mais c’est là que le bât blesse, si cette manière onirique de représenter la dualité du personnage est amusante et disons le tout net, sauve ce film du ratage total, il faut bien se creuser la tête pour comprendre ce qu’il y a d’héroïque dans ce film, comprendre qu’elle est l’histoire ( que Sfar veut nous raconter à l’exception de cette suite de vignette), comprendre ce qu’il souhaite nous dire. Comprendre à défaut d’apprendre, mais tout ça est vain. Dans les mauvais biopics, l’on nous fait découvrir un personnage mais on ne dit rien. Ici sans se faire d’illusion, on pouvait espérer l’inverse. Car au final, et c’est finalement assez amusant d’y penser, on se retrouve avec un film lisse sur un provocateur. Allez comprendre. Il y avait la lessive qui lave plus blanc que blanc, il y désormais le cinéma français qui rend plus lisse que lisse et s’y complaît.

Faire de la BD c’est bien, faire du cinéma c’est différent. Ce découpage archi convenu et stéréotypé de : une époque une rencontre, est d’un ennui stratosphérique, à en conseiller l’utilisation de son smartphone dans la salle de cinéma. Là il rencontre Vian, là Gréco, là Bardot, là France Gall, mais on le sait tous ça !! ÇA SERT A QUOI DE LE DIRE ?

Le film ne tient donc que par l’interprétation perroquet d’Eric Elmosnino, mais le pauvre il n’ a que peu de matière à se mettre sous la dent et par cette demi-idée de conte vaguement onirique. « Chiant (pas d’histoire), vide (rien à dire) et lisse Monsieur Sfar, ça vous fera 3 César ».

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Le bruit des glaçons

6012011

Un écrivain alcoolique voit un jour débarquer chez lui son cancer.

Le bruit des glacons

Le personnage de Dujardin l’explique bien dans le film, il ne boit – à de rares exceptions près – que du vin blanc. Les mélanges c’est pas son truc. En alcool comme au cinéma, s’il y a bien un point commun c’est que les mélanges ne font pas bon ménage. Dans le cas présent cet humour noir vaguement corrosif et ce fantastique bâtard ne vont pas ensemble. Cette navigation entre sérieux, humour et invraisemblance n’est pas aisée, c’est un euphémisme de le dire quand on voit le résultat à l’écran.

Et puis bon, il y a ces acteurs et cette mise en scène. Si du côté de l’interprétation Dupontel est complètement dans son élément, Dujardin est lui dans l’imitation. On imagine qu’il aime le cinéma de Blier, mais imiter Depardieu, Dewaere ou Blier père, ce n’est pas jouer. Mais pire que de ne pas jouer, il récite. Alors aussi bons soient les dialogues (encore qu’ici cela reste à démontrer) la récitation ça annihile tout; couplez cela à une réalisation pas heureuse et on se trouve tout droit dans du théâtre filmé. Je devrais préciser, du théâtre filmé bavard et chiant. Ce qui fonctionnait si bien avec Tenue de Soirée ou Buffet Froid, sent ici le réchauffé. On pense au hasard à cette scène de lit avec Dujardin et Dupontel qui rappelle étrangement, mais en beaucoup moins bien, Depardieu et Michel Blanc.

Les acteurs secondaires sont tous en roue libre et c’est une catastrophe (cf le docteur, le photographe…).
La musique (pourtant unitairement de qualité, Brel, Nina Simone…) est utilisée avec un manque d’a-propos frisant le suicide artistique. A se demander si l’ensemble n’est pas une provocation géante, une énorme supercherie. Je vois bien Blier dire :  »Je vais faire un film chiant et nul et vous, les gogos, allez l’adorer ». Il n’y a bien que sous cet angle que l’on y trouve un intérêt.

Bref, ce film ne vaut absolument pas les louanges qui ont été faites. Tout au mieux, et avec énormément de mansuétude, on verra là un film moyen, avec une idée cocasse et un Dupontel inspiré. Il n’empêche que cela reste bavard et étrangement mis en scène.

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Very Bad Cops

9122010

La mort de Christopher Danson et P.K. Highsmith, les deux meilleurs flics de la ville, libère un place convoitée au sein de la police New-Yorkaise. Gamble et Hoitz, un naze et un demi-naze vont tenter de saisir cette occasion inespérée de devenir des flics vedettes et ainsi mettre fin à leurs vies de loosers.

 

Very Bad Cops

 

Les films nés de l’association de Will Ferrell et d’Adam McKay comptent parmi les plus grandes réussites de l’acteur (Ricky Bobby, Ron Burgundy, Frangins Malgré Eux), aussi quand un film réunis les deux au générique on se rue dessus sans en savoir plus que cette double présence. C’est un des visages du cinéma américain du moment, on aurait tort de s’en priver.

 

Tout le cinéma de McKay est résumé dans ce titre original, malin et accrocheur : The Other Guys. Les autres. McKay commence son film par deux super-flics que tout le monde aime et envie. Dans un college movie ça serait les les beaux gosses de l’équipe de foot. Et puis patatras, les 2 se font dégommer, comme pour mieux rendre hommage à ceux qu’il aime : les autres, les anonymes, les ringards, les mis à l’écart, le binoclard boutonneux du fond de la classe. On ne les connaît pas, on les juge, on les méprise, et pourtant il y a toujours un facette à découvrir. Toujours quelque chose de surprenant. Sur le ton de la comédie ça donne Eva Mendes et Will Ferrell (accessoirement parmi les meilleurs passages du film). On rit, c’est absurde et cela brise les conventions, et l’on rit.

 

Le revers de la médaille, c’est que l’ensemble est empli de bons sentiments et d’une bonne conscience moralisatrice, presque trop. Cela arrive à desservir le côté comédie acerbe, bête et méchante. Là où McKay se détachait un temps du mouvement, il est maintenant dedans. Comme si une vague Apatow était passée par là. Le choix du buddy movie n’étant pas là lui pour arranger les choses. Un  »Mckrrell » mineur, moins adolescent peut-être. Mais si les cahiers du cinéma ont semblé le porter au nu…. Allez savoir.

 

Valeur en devenir




Iron Man 2

28092010

 »Robert Downey Jr a un super joujou, l’armée US est jalouse et veut lui piquer. Lui ne veut pas, il préfère boire et s’amuser avec, car au delà de certaines apparences M. Stark est un homme meurtri, un concentré du malheur humain. Scarlett Johansson passe et montre son décolleté. Ça vous plaît ? »

 » Parfait M. Favreau, faites en un film ! Et vite, l’été arrive »

Iron Man 2

Pourquoi va-t-on voir Iron Man 2 ? Peter Michielsen psychanalyste scandinave et auteur de la thèse très respectée  » Un homme derrière l’armure » répond pour nous (la traduction norvégienne est approximative) :

 » (…)
- Pour l’attrait de ces bastons de robots avec ces méchants qui font peur, et qui remplacent aisément vos robots Gi Joe de votre enfance.
- Pour un héros cool, nonchalant, qui (à la manière de Starsky & Hutch) triomphe toujours à la fin, qui aime la célébrité et qui en un sens est dans l’air du temps. Bref, vous en mieux.
- Pour le voir taquiner les instruments de bricolage High Tech, le voir bosser tel un Mc Gyver ou l’Agence Tous Risques. Encore vous en mieux, un mec qui sait bricoler.

Ce film est donc destiné à un public enfantin ou à un public de télévision (qui a dit pléonasme ?). Il y a cette mise en abîme du héros qui est un héros, c’est Appolo Creed dans Rocky 4, cet attrait pour la lumière, mortel dans Rocky, inoffensif ou presque maintenant. Sans vouloir se la jouer père la morale… Non il vaut mieux s’arrêter là. C’est de l’entertainement avec des très gros sabots, on peut se permettre de regarder le film sans en écouter les dialogues (c’est même conseillé) ni même en suivre l’histoire. De l’EN-TER-TAINE-MENT je vous dis. »

Si l’on souhaite pousser plus loin et laisser de côté les analyses scandinaves, nous ferons remarquer que dans tous films de robot, le second de la série est celui de la confrontation. Le T-800 contre le T-1000 dans Terminator, Robocop confronté à son remplaçant… L’original (la machine mais également le film) contre ses copies (ses suites). Iron Man premier du nom n’avait rien d’extraordinaire, mais le second, vague copie d’un film pas très original, n’a lui plus rien. On appréciera ainsi à sa juste valeur, le résultat obtenu par James Cameron avec T2.

Pour continuer dans l’analogie télévisuelle, magnifiques rôles de S.L. Jackson et Scarlett J., deux personnages ne servant à rien, les équivalents de ce qu’étaient les chevaliers d’aciers dans les chevaliers du Zodiaque à leur époque : une hérésie.

A ne voir que si l’on souhaite revoir le premier épisode et qu’on a perdu le DVD.

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