Margin Call

13102012

Et si la crise m’était contée ?

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Et bien on montrerait ce film et cela en ferait une parfaite introduction. Je pense même sans prendre trop de risques que c’est ce que l’on fera dans 30 ans pour évoquer cette histoire des subprimes du début des années 2000. Paul Valéry disait  » ce qui est simple est faux; ce qui est complexe est inexplicable », Margin Call a donc ce grand mérite de naviguer entre les 2, présenter une vision plus ou moins réaliste et accessible malgré tout. Romancer tout en instruisant sur un fait majeur de notre époque. Une sorte d’équivalent aux films ricains à l’époque du watergate. Oliver Stone a fait une suite à son très bon Wall Street, il aurait mieux fait de produire ce film…

Ce qui rend le film passionnant et fascinant c’est ce huis clos, ce quasi temps réel, cet univers si confiné dont une grande partie de la planète dépend pourtant. L’avenir de la finance et donc de millions de gens se jouent sur quelques écrans d’ordi, 3 modèles mathématiques et 4 coups de fil. La machine devient folle, elle se détraque et plus rien ne semble pouvoir l’arrêter. Chez Marvel ce serait une histoire de savant fou qui perd le contrôle de sa créature, chez Descartes ce serait une histoire de science et de conscience, malheureusement ici il n’y a ni super-héros pour sauver la situation, ni de super philosophe, seules des formules mathématiques que l’on ne maîtrise pas et que l’on comprend à peine.

Et dans cette crise qui se profile et qui affectera le monde il faudra que ses hommes, qui assistent aux prémices de la catastrophe, trouve leur compte sauve leur peau et pourquoi s’en tire à bon compte pour certains. Jouer sa propre prestation au détriment de l’intérêt public. Que fait-on de sa conscience ? Kevin Spacey a semble-t-il décidé de l’enterrer.

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DEAD OF NIGHT

8032012

Au retour du Vietnam, Andy Brooks, que ses parents croyaient mort, n’est plus le même. Ses parents et ses amis ne le reconnaissent plus. Pour ne rien arranger de curieux meurtres commencent au même moment.

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Les rétrospectives c’est cool car d’un non initié vous pouvez arriver, en l’espace de quelques projections, à en faire un valeureux pourfendeur d’un cinéma qu’il ne connaissait pas ou peu quelque heures auparavant. Ici ça tombe bien on parle du cinéma d’horreur du début des années 70. LE cinéma d’horreur par excellence.

Car si dans le milieu, on connait tous ou presque le film Black Christmas de Bob Clark (un des, sinon, LE, premier slasher – il commence à y avoir beaucoup de LE dans cet article), comment se fait-ce que Dead of Night (on ne se moque pas du titre SVP) soit si méconnu de nos jours ? Injustice ou pas ?

Attachez vos ceintures. A la fois, film de zombie, film d’horreur, film sur le Vietnam, (sans pour autant nous le montrer) ou encore drame psychologique, ce film au répertoire un poil foutraque dans son listing, ne l’est pourtant pas dans les faits.

Le genre a certes évolué depuis quelques années, et on sera indulgent à cet endroit là, mais la mayonnaise prend malgré tout car le mélange est bon, et le réalisateur a le bon gout de ne pas trop tirer sur certains ingrédients. Ou tout du moins de toujours le faire avec à propos.

Par moment, le côté parapsychologique peut faire penser à du Cronenberg de la même époque (Frissons), ou comment donner des velléités politiques à des troubles psychosomatiques. C’est ce qu’il y a de bien dans les films de cette époque c’est qu’on peut y trouver à peu près tout ce qu’on veut bien se donner la peine de chercher.

Bref, c’est bon, c’est beau, c’est Bob (Clark). Et en plus il y a un peu de sang, que demande le peuple ? A découvrir et à apprécier à sa juste valeur.

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P.S. une curiosité, la mise en son du film faite l’an dernier par un groupe de rock  :

http://7weeks.bandcamp.com/album/dead-of-night

 

P.S. 2 Difficile de ne pas penser à  l’épisode Masters of Horror de Joe Dante, Homecoming, où des soldats US en mode morts vivants reviennent voter contre celui qui les a envoyés au front.




La Proie

18092011

Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

La Proie

Eric Valette, c’est le gars qu’on a envie d’aimer, celui qui a de solides références, un amour du genre et une certaine intégrité dans la réalisation. On l’avait laissé avec un excellent thriller politique (Une Affaire d’état), il nous revient avec cette chasse à l’homme musclée avec dans le rôle titre, le toujours sympathique, Albert Dupontel.

Ce qui est appréciable dans son cinéma, c’est qu’il est (attention expression galvaudée) sans concessions, le personnage de Dupontel n’a rien d’un enfant de coeur, ce n’est pas le sempiternel accusé à tort. Non, c’est juste un braqueur, à la différence des personnages habituels, celui-ci a un code moral. On dépasse les codes de justice ou d’injustice, c’est d’ailleurs ce qui semble marquer ses films, plus que la loi, c’est un certain sens des valeurs que Valette semble toujours prêt à mettre en exergue. Il n’y a pas de bons ou de mauvais camps, il y a juste quelques gens intègres (flics ou ripoux) dans un monde peuplé de sinistres individus. Dans un sens, et plus encore que sa manière dynamique de filmer (un vrai bon point du film), il y a là un point commun évident, ou une référence naturelle avec le cinéma de Michael Mann. On n’en est certes pas au même niveau, mais Valette est surement celui qui s’en rapproche le plus sur le sol hexagonal.

Chose récurrente, son besoin évident de mélanger fiction et réalité. Il filmait précédemment les dérives des ventes d’armes en Afrique, il s’appuie cette fois-ci, un peu plus en filigrane, sur l’affaire Fourniret. Valette est un cinéaste de notre temps qui ne cesse de rendre hommage aux genres et aux cinéastes qu’il apprécie.

Il arriverait presque à nous décomplexer du film d’action. C’est dire. Prendre du plaisir, de façon intelligente, qui pourrait être contre ? Alors naturellement, tout n’est pas parfait, les dialogues sont un peu faiblards, la direction d’acteur ne semble pas non plus être sa qualité première, autant de défauts qu’on excusera par cette la générosité qui transpire de chaque plan. C’est assez difficile à expliquer pourquoi, mais on ne peut être qu’indulgent face à la sincérité. Se pose aussi la question de la durée. Certains personnages méritant un peu plus d’intérêt, le film n’aurait-il pas pu s’étirer sur quelques minutes supplémentaires ? A moins que le rythme s’en soit trouvé plombé ?

Peu importe, s’il n’est peut-être pas le plus doué de tous, c’est à n’en pas douter celui qui donne le plus. Et rien que pour ça, le film vaut le coup d’oeil.

Valeur en devenir




Le Discours d’un Roi

17022011

Georges VI est victime de bégaiement, et malheureusement pour lui la seconde guerre éclate. Pas de bol il va devoir faire un discours devant la nation (d’où le très judicieux titre !), arrivera-t-il a vaincre ce vieux démon ?

Le Discours d'un Roi

C’est le film du moment. Tout le monde en parle, Paris Match adore et accessoirement il est parmi les favoris des Oscars. Il fallait bien à ce titre y jeter un oeil et lui consacrer un article, histoire de … vous prévenir.

Sans présager de quoique ce soit concernant l’attribution des statuettes, dont on se moque d’ailleurs éperdument, on peut dire à la vision de ce Discours d’un Roi, qu’il entre, qu’il est le prototype même du film à Oscars. Le film prêt à faire succomber la ménagère et à faire pleurer les détraqués des glandes lacrymales. Tous les ingrédients du film de gogos sont bel et bien là : Le pauvre gars qu’on va prendre en empathie car il souffre et qu’il est une victime innocente de ce trouble de la santé. Mais il y a aussi le coup de  »c’est une histoire vraie », celui de l’amitié à 2 shillings entre 2 êtres que tout oppose mais qui finiront quand même par devenir ami (mais pas avant la toute fin du film), l’absence de réalisation et d’audace. Bref un film qui ne mérite aucune réputation si ce n’est celle d’un film fait par des professionnels, mais pas par des artistes.

Les acteurs font le métier, mais leurs personnages sont ennuyeux au possible. Le dénouement est cousu de fil blanc… Un téléfilm de qualité voila ce à quoi nous avons droit. Mais rassurons nous, chaque année et dans le même veine nous avons droit à ses cousins germains, FROST NIXON, INVICTUS, RAY, HARVEY MILK … Ou comment faire du consensualisme mou et bien pensant sur le dos du bégaiement, de l’apartheid, de la cécité ou de l’homosexualité (Harvey Milk n’est pas le plus mauvais de la liste je le concède). En allant voir ce film vous pouvez être sur que vous ne serez pas dans du J’irai cracher sur vos tombes de B. Vian. C’est peu de le dire. Mais après tout le film aura son public.

Un film gnangnan qui n’exploite pas les pistes intéressantes qui lui étaient offertes (les relations fraternelles). Le seul intérêt est donc la performance qu’accomplira son acteur principal, mais là ce n’est plus du cinéma, c’est du cirque.

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Knight and Day

11022011

Lorsque June rencontre Roy, elle croit que le destin lui sourit enfin (elle est si malheureuse en amour) et qu’elle a trouvé l’homme de ses rêves (il a de jolies dents blanches et un si joli brin d’humour). Pourtant, très vite, elle le suspecte d’être un espion et le cauchemar commence (le notre).
Elle se retrouve traquée avec lui dans une course poursuite à travers la planète qui ne leur laisse aucun répit (à nous non plus). Leur vie ne tient qu’à un fil et le danger est partout (un peu bateau je conçois). Pour avoir une chance de s’en sortir, June et Roy doivent se faire confiance au point de se confier leurs vies (tiens j’avais pas compris ça comme ça). Mais est-ce bien raisonnable ? (à vous de m’le dire)

Knight and day

Auteur des acceptables Copland, Walk the Line ou encore 3h10 pour Yuma, James Mangold n’est pourtant pas des réalisateurs qui marquent. Ces films laissent une trace, mais lui non. Parlez de James Mangold à votre grand mère vous verrez bien ce qu’elle vous répondra. Knicht and Day a surtout attiré mon attention lorsque je l’ai vu figuré dans le top 20 2010 de Quentin Tarantino. Etant donné qu’on trouve un nombre certain de points de concordance avec ce qui a été écrit ici (cf Amer, Enter the Void, Social Network, Greenberg) on se dit pourquoi pas. Peut-être que les vieux préjugés s’envoleront des le film lancé. Alors certes, loin de lever un enthousiasme fou, on n’est pas t out à fait dupe de la marchandise refourguée. Mais bon on regarde et on espère. Parait-il que l’espérance fait vivre, on aura finalement pas tout perdu.

On image ce qui a pu plaire à Quentin dans ce projet, le côté délicieusement old school plus de 20 ans que je roule. Je dis délicieusement mais c’est évidemment ironique. Avec un peu moins de tolérance et un peu plus de mauvaise foi, on se rend compte que le film n’est pas old school mais ringard. Ringard comme ses 2 têtes d’affiche, qui font peine à voir et qui malgré des trémoussements compulsifs, ne peuvent cacher les effets désastreux du jeunisme sur la star hollywoodienne à la quarantaine. Des acteurs dépassés et pas crédibles, la dérision (balourde et tellement prévisible) n’excuse pas tout. Mention spéciale à Cameron Diaz qui continue à cultiver son personnage de Mary à tout prix, celui de la nana en maillot de bain qui pèse 40 kg, qui boit de la bière, rote et aime les voitures… Le stéréotype du mec avec des nichons. C’est dire la condition de la femme ! Ah si j’étais féministe !

Bref, ce ne sont que des considérations accessoires, le plus important est que vous n’alliez pas voir ce film, car il est ennuyeux et convenu, que son humour est préhistorique et que de suspens il n’y en a pas. Il a beau aller à 200 à l’heure, le film ne raconte rien (le vide de propos c’est surement ce qui a du plaire à Quentin d’ailleurs), à trop en faire et à se croire plus malin que tout le monde, et bien on oublie d’en faire un film. De la comédie d’action à éviter. C’est Tom et Cameron qui doivent être contents, car en plus de leurs gros chèques, ont pu se balader aux 4 coins du globe.

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Traqué

7102009

L.T. Bonham est un ancien formateur de forces spéciales. Un jour on se décide à faire de nouveau appel à lui, son meilleur élève est en liberté et ses intentions sont pour le moins belliqueuses.

Traqué

Qu’est ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais réalisateur ? C’est simple, avec un bon, même une histoire banale devient intéressante, un Traqué qui n’a pas grand chose pour lui se laisse pourtant suivre. Il y a d’abord un sens du rythme qui fait la différence et puis Friedkin évite l’écueil des clichés du genre, et arrive à surprendre là où cela semblait impossible. Un dialogue en moins par ici, un personnage secondaire plus creusé par là. On pensera par moments à Predator, Le Fugitif ou Rambo.

Tout n’est pas parfait non plus, ne tombons pas dans l’angélisme, les scènes du début supposées se dérouler en Yougoslavie font « studio » au possible, l’épisode « je construit mes armes moi même » est mal amené voir inutile.

Mais comme cela a été dit, ce film marque le retour en forme de Friedkin, retour qui se concrétisera par l’excellent Bug. Un grand réalisateur se doit de toujours surprendre son public, et on en croit le bonhomme encore capable.

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