A dangerous Method

12012012

Carl Jung, disciple et collaborateur de Freud, se lance dans la psychanalyse et tombe amoureux d’une de ses patientes. Il n’aura de cesse de lutter contre ses pulsions, contre cette passion dévorante.

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Cronemberg, Keira, Vigo, Fassbender, Freud, beaucoup, autant de raisons d’aller voir ce Dangerous Method. J’en oubliais Howard Shore qui en 3 notes et 2 accords, vous décoche des flèches dans le coeur et vous sauverait n’importe quel navet. Mais rassurons nous, il ne tourne que pour les plus grands.

Dangerous Method, c’est beau, c’est brillamment interprété, ça sonne bien et c’est intéressant. A moins d’être un expert de la psychanalyse, c’est le catégorie de films qui reste en mémoire et qui vous fait réfléchir tout le long du trajet retour vers votre domicile. Si les premières minutes (à la manière de Chromosome 3), glaçantes, et hautement perturbantes – thank you Miss Keira – vous plongent directement dans le bain (froid, vous aurez compris), le reste traite de l’évolution d’un personnage, mangé de l’intérieur, et face à un choix déterminant (on pense à Dead Zone et le dialogue de C. Walken avec son médecin). De ce cas particulier du départ on finit sur une portée beaucoup plus universelle.

Si bien qu’on en viendrait (quelle ingratitude) à trouver l’histoire trop froide et finalement trop au second plan par rapport à l’ambition du film. La narration se trouve en fait inférieur à la portée du film.

Dans cette psychologie des corps, le film trouve pourtant toute sa place dans la filmographie de Cronemberg, pas très loin de Crash ou de Faux Semblants.

Parmi les autres points à retenir, on mentionnera la relation Freud / Jung, qui n’a de cesse d’évoluer et de nous montrer Freud sous un visage nouveau (Mortensen n’y est peut-être pas étranger).

Au final, on regretterait presque que le film ne dure pas quelques minutes de plus. 1h40 pour développer un tel sujet, c’est véritablement trop court et cela oblige obligatoirement à certains raccourcis. Mais bon un film dont on se plaint de sa trop courte durée, ne peut pas être véritablement un mauvais film, non ?

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Scream 4

5102011

10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman.

Scream 4

Scream ou l’histoire d’une franchise qu’on retrouve avec plaisir (de préférence un dimanche soir après un WE  »chargé »), comme une vielle paire de charentaise dans lesquelles on retrouve assez vite ses repaires. C’est la franchise qui pourrait tourner en rond mais qui n’a de cesse de se nourrir de ces précédents opus en lorgnant toujours un peu plus sur le réel. N’attendez pas de réflexions métaphysiques de hautes volées, juste quelques saillies, ça et là, et parfois assez bien trouvées. Une mise en abyme d’une mise en abyme. Tout un programme.

Avant même de parler du film, il conviendrait de se poser la question du genre même de la franchise. Slasher old school ou film comique déguisé ? Car à y regarder de près, et la séquence introductive en est le meilleur exemple, Craven et Kevin Williamson (le scénariste), prennent un malin plaisir à jouer avec le spectateur. Là où auparavant on se jouait du spectateur. Le parti pris est en ce sens bien différent. Scream 4 est un film de notre époque, et un point de vu sur elle. Sans oublier les références appuyées au cinéma horrifique du XXI siècle. Nous avons donc droit au facebook, webcam, remake, real-TV et autres références au torture porn (et pan dans les dents). Difficile de passer à côté, ni même de ne pas sourire de temps à autre.

Pour le reste, c’est du Scream dans le texte, pas mal de meurtres, une histoire sans queue ni masque (mais cela intéresse vraiment qui ?), de jolies étudiantes, des flics idiots. Cet épisode se rapproche d’ailleurs plus du numéro 2. On sent que Williamson s’est programmé plusieurs fins possibles, on regrettera peut-être qu’il ne choisisse pas celle qui avait le plus de gueule, au lieu de terminer cahin caha dans cette chambre d’hopital.

Ça se regarde et ça prête à sourire. What else ? Pouvait-on légitimement en attendre plus ? Pas sure

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Restless

26092011

L’histoire d’amour d’Annabel et Enoch. L’une est en phase terminale, l’autre est en plein deuil.

Restless

Il est quand même costaud ce Gus Van Sant. Avec une histoire d’amour adolescente et le destin tragique d’une malade en phase terminale, avec 2 des concepts les plus éculés du cinéma, et bien, il arrive à en sortir quelque chose. Quelque chose dont on se dit pas  »j’ai déjà vu ça ailleurs! », non, quelque chose qu’on regarde sans se poser de questions. Plus qu’un Love Story 2, Restless est un film à part entière, le talent de GVS n’y est pas pour rien, la présence de Mia Wasikowska y est pour beaucoup.

A l’image de son affiche, Restless arrive à une certaine légèreté là où on est trop habitué au pathos. La pureté de leur amour ne cesse de flotter et c’est tout naturellement qu’on se laisse porter par cette histoire à mesure que nos yeux rougissent. Mais jamais trop rouges malgré tout. GVS échappe au larmoyant en y mettant une touche poétique, vagabonde. Les allergiques à ce cinéma d’auteur commercial (il n’est pas loin d’en être la tête de fil) n’auront pas tort de reprocher une presque indigestion des clichés du genre (vas-y que l’on court dans les champs, qu’on fasse du canoe…). Le talent n’excuse pas toujours tout. On ne passe pas loin de la correctionnelle et d’une guimauve publicitaire, mais j’ai l’impression que ça penche quand même du bon côté.

Qu’à cela ne tienne, Mia Wasikowska (si ce n’est pas une épreuve d’écrire 2 fois son nom) remporte la palme d’or de la sympathie, et accessoirement une place dans mon coeur. En évitant de filmer la maladie, ou en la limitant le plus possible, le personnage de Mia n’en parait que plus fort, plus courageux. Ces Roméo et Juliette des temps modernes s’aiment d’un amour, le plus pur qu’il soit. Le fils de Dennis Hopper, tient lui un rôle tout à fait Gus Van Santien, le prolongement logique des précédents Last Days, Elephant et autres Gerry.

On regrettera juste la présence d’Iroshi, présence confuse, trop lourdement métaphorique (GVS :  »tu vois où je veux en venir kid ? ») et finalement unique pretexte à terminer le film (d’assez belle manière quand même).

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Bridesmaids

16092011

La vie professionnelle et privée d’Annie Walker n’est pas au beau fixe, tout le contraire de sa meilleure amie, Lillian, qui va prochainement se marier avec un riche banquier. Lorsqu’elle lui demande d’être sa demoiselle d’honneur, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à ce rôle, mais c’est sans compter les autres amies de Lillian…

Bridesmaids

On l’a souvent dit, ou écrit, Judd Apatow, a ce talent là, de transformer en or des productions banales qui seraient jusque là passées inaperçues. Il est devenu, l’espace de quelques années, le big boss de la comédie américaine post adolescente mais suffisamment  »trash » ou proche du niveau de la ceinture pour ne pas trop se prendre au sérieux, et accessoirement nous faire marrer. Le mélange improbable, du film sentimental, d’American Pie et du dialogue ciselé. Seul petit hic, ce cinéma, avouons le, était très nettement connoté mâle. Comme si l’humour gras était réservé au sexe fort. Il était donc normal, et prévisible, qu’une nana se lance dans l’aventure (Kristen Wiig du Saturday Night Live au scénario), et tant qu’à faire, produite par J.A. C’est désormais chose faite, Bridesmaids est passée sur les écrans.

En dehors donc de cet humour potache et réjouissant, il y a cette jeune femme en pleine crise d’identité, avec ce refus, ou cette difficulté, de quitter une période de la vie chère à J.A. On n’est donc pas loin d’un copier / coller des masculines décrites ci-dessus. La qualité du film dépendant grandement de l’énergie de son interprète, qui de ce côté-ci, n’est pas avare en effort. Bref, une histoire à laquelle on accroche et on sourit…du moins au début.

Dommage quand même, et à y réfléchir, que la femme se limite toujours à être caricaturée comme un négatif masculin avec 3 trains de retard. C’est une façon de voir les choses certes mais on ne doit quand même pas être très loin de la vérité. Autre reproche, mais ce sont ces productions qui le veulent, c’est la difficulté que le film a, à se terminer. Cette sorte de happy end naïf et fictif. En plus de ne pas dénoter avec le cinéma qui nous est vendu depuis la nuit des temps, c’est assez mou et trop gentil. Le genre de film qui débute fort et original pour s’essouffler petit à petit pour devenir commun et gentillet. Dommage, car il y avait de l’idée, et une sacrée performance d’actrice (Wiig, pas l’horripilante Maya Rudolph).

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The Ward

7092011

L’expérience perturbante d’une jeune femme, enfermée dans un asile, et terrorisée par un fantôme.

The Ward

Vous savez comment reconnait-on quelqu’un qui vieillit au cinéma ? Et bien c’est lorsque qu’il commence à faire comme les autres, quand son film ressemble à un produit télévisuel. Quand du statut de maître de l’horreur vous dégringolez à celui de de réalisateurs de masters of horror. Le concept n’est pas mauvais, c’est juste que quand on l’applique sur grand écran, et donc qu’on l’a étiré sur 30 min de plus et bien c’est pas très classe, et c’est même un peu triste si l’on prends en compte la frustration et la déception générées. Voila c’est dit, The Ward ne m’a pas convaincu. Il faut parfois un peu de temps pour accepter une oeuvre de John Carpenter, il en avait été ainsi pour Ghost of Mars, peut être (mais par quel miracle ?) sera-ce la même chose. On n’est certes pas dans du Sucker Punch, mais on n’est pas non plus dans du Rob Zombi. Le bon John n’aurait-il pas raté le train en marche ?

Alors peut-être que je me trompe. Peut-être qu’un jour, la prestation d’Amber Heard sera saluée comme révolutionnaire, peut-être que les films d’horreurs post-Ring paraîtront mieux que l’original, peut-être que les twist à base de schizophrénie seront un genre à part entière et fédérateur des plus grands réalisateurs du moment, peut-être que les fantômes cheap en latex seront tendances, peut-être se moquera-t-on de l’absence de la moindre vraisemblances, de l’absence d’humour, d’histoire … Peut-être que John Carpenter n’est pas fini…

Il arrive que des pitchs simples s’avèrent truculents, ici ce n’est pas le cas, le pitch simple est trop simple. On est totalement dans dans de la série TV, John C. est devenu un produit de consommation courante qui s’avale et se digère aussi vite qu’il s’oublie. Les plans ne sont pas trop laids, mais le discours est vide, il n’y à rien à dire et vu qu’on ne frissonne pas une seule seconde, et bien on s’emmerde, et on a la dent d’autant plus dure qu’on a apprécié le réalisateur par le passé (je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler sa filmographie). Ultime poignard planté dans cette plaie béante qu’est notre désolation, Carpenter ne compose même plus la musique. Tout un symbole.

On se consolera en pensant, le soir, en s’endormant, à Amber Heard, qui est à peu près aussi belle qu’elle est mauvaise actrice.

Si tout n’est pas à jeter heureusement, entre nous, il ne serait pas de JC (des initiales qui claquent) c’est un film dont on n’aurait jamais parlé.

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Votre Majesté

17082011

Thadeous est un prince arrogant, paresseux et fumeur de joints. Mais un jour son frère doit effectuer une quête pour récupérer sa belle, Thadeous ne pourra pas échapper à sa première quête.

Your Highness

Il y a quelque temps, sortait Le Monde (presque) Perdu. Film sous estimé, aux Fx parfois cheap, mais qui par bonheur réunissait Will Ferrell et Danny McBride au générique. Depuis, il y a eu Eastbound and Down, et D. McBride a pris son envol. Kenny Powers est né, un nouvel héros comique est arrivé pour nous décrocher les zygomatiques. Ce héros ? L’archétype même du beauf ultime. Lache, faible, idiot, obsédé, vulgaire, j’en passe et des meilleurs. Quand vous rajoutez à cela un physique de buveur de budweiser, vous avez là l’anti Jude Law de base. Et dans ce dur monde cruel et sauvage dans lequel nous vivons, dans cet univers pasteurisé, un gars qui sort du moule, qui plus est, en anti Jude Law, et bien ça fait du bien et on en redemande. Mais ne vous trompez pas, on n’est pas en présence d’un nouveau rebelle, mais bel et bien d’un héros raté. Un anti héros qui s’ignore ou plutôt qui feint de ne pas s’en rendre compte, et c’est là le point important, il en deviendrait presque touchant tant il est conscient (d’une part seulement) de ses limites. Entre l’ode à la beauferie et comédie régressive, il y a Danny McBride. A-t-il un avenir ? ce n’est pas certain, mais force est de constater que jusqu’à présent, il fait mouche à presque chaque fois (Le Monde presque Perdu, Kenny Powers, The Foot Fist Way…).

Construit comme un buddy movie, Your Highness, joue sur la contradiction permanente entre ces deux frères. Le laid et lâche contre le beau et courageux chevalier toujours en quête d’une quête (à ne pas lire trop vite). Plus que le buddy movie, c’est le film d’aventure qui est parodié, gentiment moqué. Au contraire d’autres productions récentes, les très  »hype » Portman, Franco, Deschanel, ne sont là que pour jouer les faire-valoir, ils sont à contre emploi, et reconnaissons leur ce mérite d’avoir jouer le jeu. Danny McBride est LA vedette, il a écrit le scénar et on sent qu’il est à l’aise.  »on vous a vendu le cinéma des bisounours pendant des années, laissez moi vous présentez ma version des choses motherfucker » semble-t-il nous dire.

Bourré d’anachronismes et de références contemporaines (ok ça fait très jeunesse américaine), Votre Majesté est un film réjouissant, pastiche d’heroic fantasy aux relents de Judd Appatow (tient ça faisait longtemps qu’on l’avait pas mentionné celui là). Pas trop mal réalisé et pas trop cheap il serait vraiment dommage de s’en priver. L’humour est gras et gratuit, et comme on me l’a toujours appris dans les bidonvilles de Rio, quand c’est gratuit, et bien tu prends. Bref, de toute façon, si vous avez aimé Pineapple Express, ce film ne devrait pas vous laisser de marbre. Pour les autres, les allergiques aux vulgarités, les fans de Danny Boon, ou les frustrés de la dérision, passez votre chemin, vous ne vous en porterez que mieux. Conscient que ce film ne plaira à personne, je modérerai en disant que je reste persuadé qu’on peut ne pas aimer le film et rester quelqu’un de très bien. Enfin, à peu près bien…

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