Young Adult (contre)

23032012

Ce post aurait pu être intitulé: POUR ou CONTRE Jason Reitman

Le réalisateur, Jason Reitman c’est le gars à qui l’on doit les mémorables JUNO et IN THE AIR. Autant vous dire qu’il est difficile après cela d’avoir un avis objectif, et de regarder ses films avec une quelconque sympathie. Mais à cause de la jurisprudence Adrian Lyne (Echelle de Jacob, et oui) on se doit quand même de zieuter ce qui passe du côté des réalisateurs never been avec un peu plus de compassion et de tolérance. Le fait que Charlize Theron participe au film est en revanche totalement étranger à cette décision. Ok elle est pas trop moche, ok elle joue pas trop mal, mais ça s’arrête là.

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YOUNG ADULT, c’est tout Reitman en un seul film. Une idée pas trop con, très dans l’air du temps (donc volontairement accrocheuse), 1 ou 2 acteurs bankables et puis une foule de stéréotypes et de raccourcis qui font qu’on ne peut décemment pas aimer ce qu’il fait. Le personnage joué par Théron est effectivement intéressant mais ceux qui l’entourent ne sont jamais au même niveau. C’est très dommageable car c’est pourtant ce qui donne le relief et évite cette sensation permanente de flou non maitrisé. Le monde de reitman est simple et simpliste et ne se résume au final qu’à cet unique degré de lecture.

La où je rejoindrais la critique précédente c’est que tout se joue dans l’ultime dialogue, ou plutôt ne se joue pas, on peut parler de cynisme, oui, celui de n’apporter ni solution, ni point de vue. A une phrase prêt, le film aurait presque pu marcher (je vous laisse deviner laquelle), à une phrase prêt on évitait le fiasco, le pathos, on excusait les répliques devinées 3 plans avant… Mais il a beau toujours tenter de pointer du doigt, Reitman n’est en fait qu’un donneur de leçon bien traditionnel derrière cette impertinence de façade se cache toujours la plus mièvre des approches qu’il soit. Ce cinéma là est le cinéma du conformisme de l’ouverture des portes ouvertes et de la fermeture des cerveaux.

Comme tout bon commerçant Reitman a parfaitement segmenté sa cible, la clientèle est là, ne reste plus qu’à lui servir la bouillie diarrhéique enveloppée d’une Charlize Theron vêtue de ses plus beaux apparats. Vous avez entre 25 et 35 piges, vous habitez en ville où à la campagne, vous regrettez votre adolescence car elle est révolue ou parce qu’elle vous a blessé, et bien bingo vous êtes dans le coup, le film parle de vous.

Le plus dur d’en l’histoire ? Le film n’est pas amusant. Ne pas amuser, ne pas faire réfléchir, ne pas élever le spectateur mais le contraindre à geindre sur un passé révolu aux fragrances naphtalinées. Faire de sa vision étroite du genre humain un universalisme assez conservateur.




REPO MAN

19032012

Complètement à la dèche, délaissé par des parents shootés et lobotomisés par un évangéliste quelconque, Otto se fait engager par un repo man pour récupérer des bagnoles impayées. Dans le même temps, en plein L.A., une bagnole, avec des corps d’aliens radiocatifs, se ballade en ville et le gouvernement est à sa recherche.

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Faire un film culte et puis disparaitre. Mettre Iggy Pop au générique. Réaliser ce qui pourrait être considéré comme LE film punk. Faire un mélange de film urbain et de SF. Filmer en budget si limité qu’il ferait passer les films de John Waters pour blockbuster… Et dire qu’on pourrait passer à côté de films comme celui-ci.

Los Angeles, une ville où les personnages ne font que commander de l’alcool, dans cet univers punk, sale, où on se bat, où on se drogue, où c’est dangereux mais tellement plus humain que toutes les versions qu’on nous vendra par la suite. En un sens, ne jamais savoir à quoi s’attendre, éviter tous les écueils et finalement se foutre un peu de tout, on a beau dire, mais c’est sacrément rafraîchissant. Ces mecs qui sortent des balisages industriels hollywoodiens, sont aussi salutaires que leur carrière est vouée  à une réussite quasi posthume.

Regarder Repo Man, c’est accepter de s’en prendre un peu plein la gueule, ça part dans tous les sens, ça joue la provoc. et un peu comme du punk dont il est le porte flambeau cinématographique, c’est pas toujours bien gaulé, on voit pas où cela veut aller, mais on aime quand même cela. Quand c’est fait avec des viscères on ne peut qu’aimer cela.

Dire de ce film qu’il est punk, ce n’est pas s’arrêter à la dégaine d’Emilio Estevez et de ses potes, ni même parce que Suicidal Tendencies fait parti de la soundtrack, mais tout simplement parce qu’à la manière du mouvement, il est volontairement irrévérencieux, loufoque, parfois totalement incohérent, irrationnel, à contre courant mais toujours insoumis. Autant dans son propos, que dans cette forme artisanale, un brin bancale mais sincère et donc attachante.

Le fait que son réalisateur Alex Cox, n’ait jamais pu imposer ses films et son style est une raison de plus pour vous convaincre que des films comme cela, s’il ne s’en faisait que trop peu (The Warriors par exemple), il ne s’en fait plus du tout.

Attention danger, à ne SURTOUT SURTOUT pas confondre avec le navet Repo Men dans lequel Jude Law donne la plénitude de son incommensurable talent.

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LIFE

10032012

Alors qu’ils doivent faire équipe, Eddie Murphy et Martin Lawrence, en pleine vente d’alcool, se retrouvent sur les lieux d’un crime. Et quand on est noir, sur la scène de crime, dans le Mississippi et dans les années 30 et bien innocent ou pas, on finit au trou. Ne reste plus qu’à essayer de s’évader.

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Si vous êtes noirs, que vous avez 40 piges, que vous êtes américains, et qu’accessoirement vous êtes riches et basketteur (genre Charles Barkley, Shaq O’Neal ou encore Chris Webber), vous connaissez forcément ce film. Et peut-être même qu’il est sur votre table de chevet. C’est bizarre mais c’est ainsi, quand on demande quel film est le plus marquant de ces dernières années, un mot arrive en tête : Life (Perpète en français). Je parle évidemment pour le public et non pour la critique.

Ne correspondant pas aux critères susmentionnés, je me dis qu’il y a un truc qui m’a échappé, qu’il me faut rattraper ce retard, cette lacune qui pourrait être préjudiciable dans la rédaction de ma future thèse : Apprenons à connaitre les goûts culturels des différentes communautés.

Première remarque, c’est Martin Lawrence et Eddie Murphy qui officient, pas des perdreaux de l’année certes, mais pas des trublions révolutionnaires et underground de la communauté afro-américaine. Mais ceci n’explique toujours pas pourquoi je suis passé au travers du film et de sa sortie (1999). Accessoirement le film est réalisé par Ted Demme, neveu de qui vous savez.

Le film se passe, ni trop gras, ni lourd, ni au contraire trop bidonnant, non, le thème est ailleurs. A l’époque de la prohibition, puis tout au long du XXème siècle, l’amitié de 2 mecs victimes de la ségrégation. Une petite histoire des USA, ni larmoyantes façon M6 à 15h00 car il y a toujours un gag pour tout désamorcer. Juste un film simple sur des valeurs universelles et fédératrices au cinéma : la justice (ou plutôt l’injustice), l’égalité et l’amitié. Les recettes sont toujours un peu les mêmes, encore faut-il se donner les moyens d’aller voir ailleurs de temps en temps.

On connaissait Les Evadés (qui ne connait pas Les Evadés ?), il faudra désormais penser à son petit frère, LIFE. Ni bon, ni mauvais, mais qui a le mérite de cristalliser douleurs et espoirs d’une partie des spectateurs.

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SIX FEET UNDER

2022012

La vie des membres de la famille Fisher bascule lorsque le père meurt dans un accident, laissant ainsi la direction de la société de pompes funèbres qu’il a fondée à ses deux fils. Un rouage s’est cassé

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Comment reconnait-on une série lambda d’une série géniale ? Et bien, à son dernier épisode. Et d’une, si vous arrivez jusqu’au bout (qui pourra se targuer d’avoir vu tous les épisodes de Des jours et des vies ?) c’est déjà un bon signe et de deux, une fois terminée vous vous dites que cela ne pouvait pas s’arrêter autrement et que des fins comme cela, on n’en voit qu’au cinéma.

Il m’aura fallu 11 ans pour me convaincre de la regarder. Le coup de la famille de croque mort me paraissait suspect à l’époque. QUELLE ERREUR !

Combien de séries peuvent et arrivent à développer autant de personnages ? Entre les frangins, la sœur, la mère, Brenda, le père, Billy, la mère de Brenda, Rico, sa femme, Keith … il y a plus de 10 personnages qui ont chacun droit à un traitement particulier. Chacun d’entre eux pourrait être le héros de sa propre série. Une qualité d’écriture qui fait qu’en plus de la crédibilité, ils ont une part d’humanité qui n’existe que très peu (de toute façon pas à cette échelle là) chez les concurrents.

Essayer de résumer Six Feet Under, c’est se prendre les pieds dans le tapis à coup sûr. On pourrait croire à de la série vénézuélienne. Je te quitte, tu me trompes, il est dans le coma … Mais le talent d’Allan Ball fait que ça bascule TOUJOURS du bon côté. Quand il était sorti, j’avais tout de suite apprécié American Beauty sans jamais véritablement comprendre comment Sam Mendes pouvait en être le responsable (on lui doit quand même les horribles Away we go ou encore Road to Perdition). Maintenant je sais, Alan Ball était au scénario et avec son talent pour croquer les personnages, il en était ressorti le portrait que l’on connait et que Kevin Spacey a brillamment interprété.

Dans cette auscultation de l’âme humaine, on se demande par quel talent un homme seul a-t-il pu tout cerner ? Que ce soit les relations amicales, fraternelles, maternelles, sociales et même professionnelles, toutes sont traitées avec intelligence et démontre qu’elles ont été réfléchies.  On en viendrait presque à se demander si là il ne s’agit pas plus que d’un simple divertissement.

SFU c’est l’anti-thèse de ce qui se fait maintenant tout en étant, on a l’impression, la source d’inspiration de tout ce qui s’est fait. Pas de cliffhanger dans SFU ou plutôt si, un cliffhanger permanent qui fait que la série n’arrête pas de gagner en qualité et en profondeur tout au long des 5 saisons. Jusqu’à cette 5ième et dernière saison qui confine au génie et qui boucle l’ensemble comme jamais une série ne l’avait été auparavant.

Si l’on devait chercher une paternité, je serais tenté de rapprocher SFU de Twin Peaks. Certains personnages (la famille de Brenda entre autre) n’auraient pas dénoté dans un univers Lynchien. Un TP en plus humain, le côté surnaturel et onirique étant toujours présent mais malgré tout plus accessible, plus réaliste et donc plus fédérateur.

Lister les qualités de la série serait une tache impossible, mais notons parmi les plus marquantes, cette volonté de ne jamais cantonner le passé uniquement à l’épisode d’avant, et de faire se répondre entre eux des épisodes que plusieurs saisons séparent. Chaque évènement a des répercussions qu’on a trop tendance – par facilité – à gommer. Ici ce n’est pas le cas. Car plus que tout autre chose, c’est l’aspect temporel qui différencie SFU du reste du monde. Là où toutes les autres séries s’attachent à dépeindre un présent toujours plus chargé et spectaculaire, SFU jongle en 3T, les temps du présent, du passé et du futur.

Mentions spéciales aux rôles féminins qui tous autant qu’ils sont, ont droit à une interprétation de très haut vol. Qui mieux que Frances Conroy aurait pu retranscrire la complexité du personnage de Ruth Fisher ? On a l’impression que personne.

Bref si vous avez été aussi idiot que moi pour attendre, dépêchez vous de rattraper le retard, 60h vous attendent, et vous ne les regretterez pas.

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Tucker and Dale vs Evil

30012012

Tucker et Dale, 2 redneck américains, profitent de leur temps libre pour aller dans la nouvelle maison (façon Evil Dead ou Cabin fever) qu’ils viennent de s’offrir au fin fond d’une forêt. Aussi inoffensifs que leur apparence ne voudrait bien laisser croire le contraire, ils tombent nez à nez avec des étudiants venus se saouler la gueule. Les embrouilles et les quiproquos ne vont faire que commencer. Les décès aussi.

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C’est ainsi, les films d’horreurs (ou assimilés) n’ont jamais été aussi présents. Il n’y a pas eu autant de zombis, de vampires et de maisons hantées sur nos écrans depuis 30 ans et pourtant, tout semble avoir été dit, tout les artifices semblent avoir été utilisés. Rien de bien étonnant à voir débarquer, des hordes de films seconds degrés, plutôt originaux, toujours référencés et finalement assez proches de l’esprit de leurs ainés : divertir. Si ce n’est plus par la peur, cela se fera par le rire. Après Defendor, Super, Shaun of the dead ou encore Zombieland, voici Tucker and Dale vs evil (sympathiquement intitule Tucker & Dale fightent le mal, en VF).

Tucker and Dale, c’est donc la parodie d’un genre. Celui du survival. On est dans du Délivrance fun, si tant est que ces 2 thermes ne soient pas antinomiques. L’idée génialement simple est de se demander si un redneck est forcément un potentiel tueur sanguinolent psychopathe ? Et bien non, et vous savez quoi ? Pour une fois ça suffit à faire un faire un film.

L’inversement des rôles fait que l’on s’attarde plus sur les rednecks que sur les étudiants et qu’on finit par les prendre en sympathie tout en explosant de rire dès les premières victimes. Le sang devient amusant, ya pu d’saison ma brave dame ! Car la réussite du film tient avant tout d’une bonne idée, rendre absurde et délirant quelque chose de flippant à l’origine. L’ensemble est suffisamment absurde donc pour que cela se suive jusqu’à la fin, le spectateur étant toujours curieux de connaitre la façon dont l’histoire pourra bien se terminer. Car à ce jeu de fou, on comprend vite que tout sera possible.

Ne désamorçant malgré tout pas le profil anxiogène du bon gars du midwest (si on rit c’est avant tout parce que cela nous semble aberrant qu’ils puissent être les victimes), le film joue intelligemment sur les clichés véhiculés par les films d’horreur, et que les spectateurs ont en général adoptés. T&D est donc plutôt une réussite dans le genre, tant on est plus dans de la comédie parodique que l’inverse (la parodie comique).

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L’irlandais.

24122011

Boyle est un flic irlandais, flegmatique et solitaire, amateur de Guinness, de poésie et de prostituées à ses heures perdues. En poste dans un petit village de la côte irlandaise où il ne se passe jamais rien, il passe ses journées à faire respecter la loi… au pub local.

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Je ne sais pas si ça vous arrive à vous, simples mortels lecteurs, mais parfois en écoutant une musique de film, on se surprend à en comprendre le film. L’interprétation qu’on en a ne se limite pas à quelques mots sur un blog pour visiteurs vénézueliens, mais il s’agit d’un ressenti pur jus. La bonne harmonie entre les musique et images. La classe quoi. Pour moi, la dernière fois c’était avec Brazil et son génial générique final. Donc voila un peu ce qui m’est tombé sur le coin de la gueule, à une moindre mesure, cette semaine en regardant l’Anglais.

Pas forcément attiré à la base, croyant qu’il était réalisé par le gars de Bon Baiser de Bruges (c’est en fait le fréro), il faut croire que l’air du pays réussit mieux à la famille, car le film est bigrement captivant et autrement plus drôle que son collègue tourné en Belgique (ceci explique peut-être cela…).

La réussite du film repose à la fois sur ce Gérard Depardieu irlandais de Brendon Geeson et sur la maitrise et ce jeu finement proposés par le réalisateur, John Michael Mc Donaugh. Comme le dit Don Cheaddle (excellent lui aussi), « on a du mal à savoir si [le sergent Boyle] est extrêmement intelligent ou complètement con ». Cette ambigüité, n’a de cesse de nous poursuivre tout au long du film. A l’heure des personnages unidimentionnelement écrits, le sergent Boyle constitue une petite bulle d’air.

C’est donc là que je voulais en venir avec cette chanson finale, sirupeuse, mais avec un zest de provoc et juste ce qu’il faut de second degré (dans son utilisation dans le film tout du moins) pour coller donc, c’est le mot du film, avec l’ambiguité de l’ensemble.

A la manière du personnage du sergent Boyle, tout ne tient parfois pas à grand-chose, prêt à basculer d’un côté ou de l’autre, pour notre plus grand plaisir sadique (qui est peut-être celui d’avoir compris).

L’Irlandais, c’est drôle et c’est bien.

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