Room in Rome

28072011

Deux jeunes femmes, l’une russe et l’autre espagnole, se rencontrent à Rome. Les deux viennent de s’échapper d’une séance photo pour FHM intitulé ‘’fake me i’m famous’’. La suite ? Une romance à 2 lires et 3 roubles.

Room in Rome

Il fut un temps ou les mots ‘’films d’auteurs’’ résonnaient comme un juron capable de vous écorcher les oreilles et vous les faire saigner toute la nuit. Ce temps est révolu, tout film est devenu film d’auteur, ça en est même devenu le meilleur alibi de nombre de supercheries.

Après un plan séquence inaugural, 2/3 plans silencieux, une unité de lieu cloisonnée et une musique sirupeuse, on serait prêt à tout vendre, même un vulgaire film érotique pour public masculin. Car ce film n’est prétexte qu’à cela, faire du voyeurisme pour le voyeurisme. 2 nanas jeunes, à poil, qui s’embrassent et se touchent pendant tout le film, forcément ça va en émoustiller plus d’un. Que les 2 tassepé (difficile de penser à autre chose en les voyant) soient aussi fraiches et naturelles que du thon reconstitué en boite, peu importe. Il y a un public pour tout, c’est ce qu’il faut retenir. Si c’est un public lubrique je veux bien essayer de comprendre.

Non, le pire finalement, c’est de se dire que ce film vulgaire et cliché, va être vendu comme sensuel et portant haut et fort la beauté de l’homosexualité féminine. Il ne manquerait plus qu’on en parle comme une œuvre tolérante et je ne sais quelle connerie (et pourtant, ce site en est la preuve, j’en connais et j’en dis des conneries) Ou comment être contre-productif dans la valorisation d’une cause. Surfer sur un fantasme pour en travestir la réalité. Est-ce une volonté du réalisateur, est-il sérieux ? (pour sa santé mentale et par charité judéo-chrétienne envers sa famille, nous espérerons que non). Le public peut-il tomber dedans ?

Se faire passer pour ce que l’on n’est pas, c’est bien la plus grande arnaque de cet art qui ment 24 fois par secondes (De Palma). Clairement pas le délire qui m’excite, s’il y a un public pour cela, qu’il m’explique au plus vite ce qu’il a aimé. Comme dirait l’ami Brel : ‘’c’est à vous faire des armées d’impuissants’’.

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Le bruit des glaçons

6012011

Un écrivain alcoolique voit un jour débarquer chez lui son cancer.

Le bruit des glacons

Le personnage de Dujardin l’explique bien dans le film, il ne boit – à de rares exceptions près – que du vin blanc. Les mélanges c’est pas son truc. En alcool comme au cinéma, s’il y a bien un point commun c’est que les mélanges ne font pas bon ménage. Dans le cas présent cet humour noir vaguement corrosif et ce fantastique bâtard ne vont pas ensemble. Cette navigation entre sérieux, humour et invraisemblance n’est pas aisée, c’est un euphémisme de le dire quand on voit le résultat à l’écran.

Et puis bon, il y a ces acteurs et cette mise en scène. Si du côté de l’interprétation Dupontel est complètement dans son élément, Dujardin est lui dans l’imitation. On imagine qu’il aime le cinéma de Blier, mais imiter Depardieu, Dewaere ou Blier père, ce n’est pas jouer. Mais pire que de ne pas jouer, il récite. Alors aussi bons soient les dialogues (encore qu’ici cela reste à démontrer) la récitation ça annihile tout; couplez cela à une réalisation pas heureuse et on se trouve tout droit dans du théâtre filmé. Je devrais préciser, du théâtre filmé bavard et chiant. Ce qui fonctionnait si bien avec Tenue de Soirée ou Buffet Froid, sent ici le réchauffé. On pense au hasard à cette scène de lit avec Dujardin et Dupontel qui rappelle étrangement, mais en beaucoup moins bien, Depardieu et Michel Blanc.

Les acteurs secondaires sont tous en roue libre et c’est une catastrophe (cf le docteur, le photographe…).
La musique (pourtant unitairement de qualité, Brel, Nina Simone…) est utilisée avec un manque d’a-propos frisant le suicide artistique. A se demander si l’ensemble n’est pas une provocation géante, une énorme supercherie. Je vois bien Blier dire :  »Je vais faire un film chiant et nul et vous, les gogos, allez l’adorer ». Il n’y a bien que sous cet angle que l’on y trouve un intérêt.

Bref, ce film ne vaut absolument pas les louanges qui ont été faites. Tout au mieux, et avec énormément de mansuétude, on verra là un film moyen, avec une idée cocasse et un Dupontel inspiré. Il n’empêche que cela reste bavard et étrangement mis en scène.

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The Walking Dead

22122010

The Walking Dead se déroule dans un monde envahi par les morts-vivants. L’origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, le héros, tente tant bien que mal de faire survivre son groupe de rescapés dans ce monde hostile et effrayant, cherchant le refuge idéal, l’endroit qu’ils pourront appeler foyer.

The Walking Dead

Pour schématiser The Walking Dead, c’est Lost avec des zombies. Une structure finalement assez ressemblante. Une énigme, un leiu hostile, un groupe stéréotypé (le black, l’asiat, le méchant, le vieux, les deux mâles dominants qui tourne autour de la même nana…) et un habillage télévisuel pas trop mal fichu. L’emmerdant, c’est qu’on se demande si le genre a encore des choses à nous apprendre. Probablement que oui, mais il va falloir attendre une vingtaine d’années qu’une nouvelle génération se réapproprie tout ça. Ainsi va le processus de création de nos jours (de tout temps ?).

TWD c’est tout ce qu’on aime (zombies, sang, apocalypse…) mais sans les surprises. Ok j’ai le ‘on’ facile. Suivre le quotidien de pillards ça ça aurait plus de gueules ! Un film expérimental à la première personne ou le spectateur est à la place du zombie, ça, ça serait couillu. Mais TV oblige (je ne connais pas le comic books qui parait-il est excellent), et malgré des efforts certains sur de très bons FX crados, ça reste assez consensuel. On a le droit aux leçons de moral et aux gestes de bravoures, on se contente un peu trop de bons sentiments, comme pour contre balancer l’horreur qui risque d’effrayer les âmes les plus sensibles (cf : l’épisode de la maison de retraite, ou encore la découpe d’un gars dont on retrace la biographie  »il s’appelle Jason … il allait avoir 30 ans… oh ! une photo de sa petite amie … je t’aime Jason…il a sa carte de donneur d’organes ». Rien de grave dans l’ensemble, mais loin de moi l’idée de crier au génie. Il est vrai qu’il n’y a eu que 6 épisodes donc soyons clément, mais ne nous faisons pas d’illusions. Cela restera bavard, le héros restera un flic blanc, au faciès standardisé, qui aime femme et enfant …

Bref, une série bien faite, qui, on l’espère, aura peut-être le mérite d’en lancer d’autres plus originales. Attendra-t-on la saison 2 avec impatience ? Rien n’est moins sur vu la mollesse et l’absence de vrai cliffhanger de l’épisode 6.

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L’homme qui voulait vivre sa vie

12112010

Paul travaille beaucoup (un classique chez les Paul). Sarah, sa femme, ne l’aime plus. Paul a toujours eu une passion pour la photo. Malheureusement il n’a jamais eu l’occasion de s’y adonner pleinement. Heureusement le meurtre de Grégoire, l’amant de sa femme, va tout changer.

L'homme qui voulait vivre sa vie

Ça commence (mal) comme un film français. Un couple de quadra traverse une crise. L’une (Marina Fois) quitte l’autre (Romain Duris). Il y a de la tromperie dans l’air et le cocu, le dindon de la farce, le vit mal. Cette partie française (le premier tiers/quart du film) est assurément la plus chiante. On n’est pas loin de se demander ou est passé le sceau  »vu à la TV ».

Puis RD s’installe en Croatie, démarre une nouvelle vie sous une nouvelle identité. C’est un peu un nouveau film qui commence et cela devient déjà (l’inverse aurait été inquiétant) plus intéressant. Il se met à la photo donc; du jour au lendemain son talent est reconnu et ses clichés sont exposés. Ça parait un peu facile et caricatural et pourtant ce succès n’est là que pour causer un peu plus sa perte et accélérer sa fuite. L’idée a donc finalement du sens et on se met à espérer du thriller ou du drame phsychologique virant à la schizophrénie, Non, ce ne sera pas le cas.

Car arrive alors l’épisode (intrigant) du bateau. RD sauve une vie et rééquilibre sa balance et l’on ne sait plus vraiment ce que la première partie du film venait faire la dedans. Les américains auraient surement fait de cette histoire une série. Un homme qui fuit, change d’identité et de pays à chaque épisode. Je me demande si cela serait mieux. The Fugitive, with Romaiiiiiiin Douuuurisssss. Ça claque en effet.

Restons sérieux. Les personnages ? RD joue un coup le bourgeois, un coup le bohème. A la fois sauvage (il boit), marrant (il se baigne habillé), sérieux (avocat le jeune homme) et artiste. RD est un modèle, la tête de proue d’une génération (rire). Le rôle de MF (rien à voir avec sa prestation) aurait été gommé, le film ne se serait contenté que d’un  »banal » meurtre, que cela aurait été plus cohérent. Bref tout ça est très inégal. A chacun de piocher.

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Traitre sur Commande – The Molly Maguires

28012010

Des mineurs tentent de mettre au point un syndicat. Mais devant le refus des autorités, ils deviennent plus violents et sont sans cesse infiltrés par des mouchards.

Einstein : « les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation. »

Traître sur commande

40 ans après sa sortie, le film a évidemment vieilli, plus par le désintérêt d’une corporation (le monde du spectacle) envers un cinéma vrai, engagé et militant (sans tomber dans le manichéisme primaire), que par un propos désuet. Le film est vieux car plus à la mode. Et d’ailleurs s’il se trouve dans cette catégorie « films oubliés », ce n’est pas « plus » mais « pas à la mode ». Il est vrai que faire un film qui se veut grand public en traitant du monde ouvrier, on a un peu oublié comment faire (même si des contres exemples existent).

A l’occasion de sa (re)-sortie en salle, on se demande comment ce film a pu passer inaperçu. Avec une histoire d’amour, des explosions, un acteur qui a joué James Bond, des bagarres et des grands espaces … Mais à y regarder de plus près, l’histoire d’amour n’apporte pas de sexe, les explosions sont des explosions par dépit et non de la pyrotechnie salvatrice, l’acteur qui joue James Bond à une moustache et est couvert de suie … Bref Martin Ritt a tout fait à l’envers, un vrai communiste !

Soyons un peu plus sérieux, le début du film est magistral (mention spéciale à la photo), pas un mot lors des 14 premières minutes et pourtant on ne s’ennuie pas, il se passe quelque chose, quelque chose dont le spectateur est le témoin ignorant. Dans le royaume du tout explicatif, le générique explosif frappe l’imaginaire, évoque certaines pistes, mais on ne peut que souhaiter en savoir plus. Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Le reste vaudra le coup d’être vu pour cette confrontation d’idées, entre fatalisme, idéalisme ou poussée révolutionnaire. Chacun choisira son camp, sans avoir l’assurance d’avoir fait le moins mauvais choix. La fin étant d’un cynisme absolu.

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PS. Cela vient peut-être de moi mais le seul bémol que je mets au film c’est cette musique traditionnelle, qui si elle colle bien au thème est pesante et redondante à la fin.




Le Ruban Blanc

16112009

A la veille de la grande guerre, une série d’accidents et de petits larcins viennent troubler la quiétude d’un tranquille et austère petit village allemand. Les enfants du village sont très vite soupçonnés. Mais sont-ils les seuls coupables ?

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L’avantage de ce genre de film c’est qu’il limite notre travail  à « nous » critiques émérites de cinéma. Le film, du strict point de vu de la technique et du savoir faire, transpire l’excellence. Excellence de la photo (elle est à tomber par terre), du cadre, ou de la direction d’acteur. A-t-on déjà vu des enfants à ce niveau là ? Excellence tout court et à tous les niveaux.

Sur le fond, cela a été dit par la presse et le narrateur pose les bases en l’expliquant dès le début, cette série d’évènements peut expliquer ce qu’il s’est passé par la suite – comprendre historiquement parlant. Cette thèse se superpose à l’enquête que chaque spectateur mène, et rajoute un intérêt : COMPRENDRE pourquoi et comment ? Haneke n’est pas connu pour son manichéisme, n’attendez donc pas une explication claire et explicite de la chose.

On pourra y voir une critique acerbe de cette (ces) société (s) puritaine (s) toujours encline (s) à chercher un coupable, à en fabriquer un, à punir et à châtier dans l’esquisse d’une société plus pure (double sens) et innocente. La pureté et l’innocence les deux vertus ostentatoires de ces rubans blancs.

Un film pas assez didactique et avec une carence en explosions mais qui malgré ces deux défauts de tailles est peut-être le film de l’année.

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