Source Code

24062011

Colter se réveille dans un caisson étrange et découvre qu’il participe à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d’une personne et de revivre les 8 dernières minutes de sa vie. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant un attentat afin d’en identifier les auteurs.

Source Code

Scène de restaurant (car à FV on a les moyens – du moins pour les cafets du genre Alfredo).
– Un gars (d’allure et au premier abord sympathique) : quelqu’un a vu Source Code ?
– Moi (se la racontant dans une cafet’) : tu parles du film du fils Bowie ?
– Le gars : oui.
– Moi (le coupant) : il est adapté de K Dick, c’est ça ?
– Le gars : euh, oui et il est vachement bien. T’avais vu Moon ?
– Moi : oui et il est vachement bien.

Je m’arrête là car s’ensuit une énumération sans fin et un brin prétentieuse de films vachement biens.

Voila donc comment, de nos jours, on peut faire la première approche d’un film comme Source Code. Un film de SF, fait par un réalisateur qui semble aimer le genre et basé sur un écrivain parait-il connu dans le milieu. Forcément c’est tentant. Sera-t-il le prochain Blade Runner, Total Recall, Planète Hurlante, Minority Report … ? Et bien la réponse est sans appel, c’est un NON catégorique. Et ce pour une très bonne raison, et aussi étrange que cela puisse paraître, ce film n’est absolument pas basé (du moins officiellement) sur une oeuvre de l’écrivain américain. Ou comment mettre une critique en l’air en 2 secondes.

On s’arrangera en disant que le film baigne dans un univers K. Dickien (ce qui est déjà pas mal) et que s’il peut ressembler sur certains aspects au Next avec Nicolas Cage (berk), il n’est pas aussi mauvais bien heureusement.

Nous attendrons également le prochain film de Duncan Jones avant de s’atteler à décortiquer son oeuvre naissante. Certains thèmes déjà présents dans Moon, et propre au genre, semblent en être parties intégrantes. Le complot, l’exploitation de l’homme, qu’est ce que la réalité…. (spoiler – il y a d’ailleurs un plan très réussi lorsqu’on découvre que Colter n’est plus qu’une ligne de texte sur un ordinateur).

Le film est maîtrisé, bien maîtrisé même, trop peut-être tant il peut paraître froid par moment. Ces 8 minutes qui servent à la fois de terrain de jeu pour le spectateur (difficile de ne pas penser au Jour sans fin), deviennent vite un cercueil dans lequel le film se trouve et dont on attend juste de connaitre l’identité de celui qui le refermera. Ce qui donnera d’ailleurs quelques minutes un peu plus punchy.

Un film grand public, meilleur que la moyenne, au pitch simple et vendeur, à l’historie simple et au contenu efficace. Manque plus qu’un peu d’audace pour faire vraiment vivre ce train. Sur le bulletin scolaire on marquerait : élève appliqué et imaginatif, mais pas assez fougueux.

Valeur en devenir




Blue Valentine

25052011

Le couple formé par Dean et Cindy bat de l’aile. Pourtant tout avait si bien commencé. Entre passé et présent, l’évolution des sentiments d’un couple qui va tout faire pour éviter la rupture.

Blue Valentine

Just another love story. Que les hommes qui lisent ce blog, et d’après un dernier sondage ils sont 4, ne fuient pas. Malgré le pitch merdique, le film n’est pas un énième prout-prout à l’eau de rose movie. Non ce film n’est pas réservé qu’aux lectrices de Gala et aux aficionados de Sex in The City, non faire un film sentimental peut-être réussi. Non tous les films d’auteurs ne sont pas destinés aux bobos. Oui la parité des sentiments existe. Oui, il va vite falloir que je me défoule au plus vite sur un film belge.

Soyons clair, le film est réussi. Peut-être même que la principale réussite du film (avec son écriture me semble-t-il assez fine de ses personnages) c’est son architecture. Entrecouper le présent de flashback n’a rien de novateur vous en conviendrez et pourtant. Et pourtant ce n’est plus une histoire entrecoupée du passé que l’on nous raconte, mais bel et bien 2 histoires. Une gaie, cette légère histoire d’amour et une histoire de rupture avec tout ce que cela comporte de cris et de larmes. De l’une à l’autre les personnages ont évolué, et on a de cesse de faire le lien entre les deux pour comprendre comment ils en sont arrivés là. Pourquoi ne l’aime-t-elle plus, alors qu’il semble sincère et amoureux ? Est-ce possible qu’à un moment cela ne suffise plus ? On comprend vite où Derek Cianfrance, le réalisateur veut en venir, les sentiments ne sont pas immuables, ils évoluent, pour le meilleur ET pour le pire. On aurait envie de rajouter une phrase des RitaMitsuko, mais la police du cliché ne tarderait pas à nous tomber dessus. On va éviter.

Et puis il y a Michelle Williams (femme de feu Heath Ledger). C’est toujours agréable de regarder un film pour aspect précis et de finalement être attiré par quelque chose d’autre, une actrice en l’occurrence, Michelle Williams. Si pour les histoires d’amour il vaut mieux en général être deux, et bien on peut dire que Ryan Gosling a une sacrée chance. Car c’est fou comme elle joue bien la petite (31 ans quand même). Là où le personnage de Gosling est assez classique car il se contente d’une métamorphose physique et d’une ou deux scènes à gueuler. Car un bon acteur doit savoir gueuler, c’est un peu un passage obligé. Vous imaginez Pacino sans ses colères ? Bref, revenons au film du jour. Le personnage de Cindy évolue et offre à son interprète une palette d’émotions qu’elle s’empresse de sublimer. Au rugby (auquel je ne connais rien) je crois qu’on appel ça un essai transformé, et bien Michelle Williams doit être sacrément forte au rugby.

Rajoutez à cela 2/3 scènes marquantes comme celle du youkoulélé et vous en faites un super film de festival, un super film d’amour et un super film de cinéma tout court.

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Kill Me Please

9052011

Le docteur Kruger rêve de faire entrer « le suicide dans la modernité ». Il offre à ses patients le service d’une clinique où l’on peut mourir en toute tranquillité, un verre de champagne à la main. Mais dans la clinique de la « mort idéale », rien ne se passe comme prévu.

Kill Me Please

Il y a des gens qui aiment les films coréens, pour d’autres c’est Scorsese ou encore le cinéma belge. Mais comme pouvait le dire le prophétique générique d’Arnold et Willy :

C’est vrai, faut de tout tu sais
Faut de tout c’est vrai
Faut de tout pour faire un monde.

Alors, pourquoi pas. Le thème coréen c’est la vengeance, Scorsese, la rédemption, le belge c’est la déprime ironique avec Poolevoerde dans le rôle titre (j’exagère, il n’apparaît que quelques minutes dans KMP). Bref, on craint toujours de tomber un peu dans la caricature, et l’affiche qui nous rappelle que les producteurs sont les mêmes que ceux de C’est arrivé près de chez-vous, n’est pas là pour nous rassurer. L’esprit de C’est arrivé, c’est justement un peu l’opposé de tout ça. Mais bon, ce ne sont que des considérations dérisoires, revenons au film.

Son point fort, c’est son pitch. C’est simple, c’est vendeur, et plutôt dans l’air du temps. Il a un avantage commercial dirons-nous. Son point faible : sa tendance, que dis-je, sa volonté à rechercher cet humour noir, ce semblant d’anti-conformisme conformé. L’association est involontairement étonnante, mais KMP c’est un peu ça malgré tout. Une tentative de provocation… mais pour plaire. Drôle de paradoxe me direz-vous. Pour la technique, à l’ouest rien de nouveau. Du plan-plan avec un noir et blanc au gros grain. Ni bon, ni mauvais, c’est une marque de fabrique établie.

Au milieu, des acteurs qui ont chacun leur petit sketch, ils s’en sortent plutôt pas mal (Bouli Lanners entre autre), à l’exception de la télévisuelle Virginie Efira qui, si concentrée qu’elle est, à deux doigts de la récitation, semble tout droit sortie des bancs de l’école. Appliquée à défaut d’être talentueuse. Pa grave, c’est toujours ça qu’on peut afficher.

Enfin voila, c’est balisé, c’est convenu, et on sourit gentiment (et c’est peut-être déjà pas mal). La fin s’excite heureusement un peu plus pour apporter une timide brise de folie.

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Michou d’Auber

26042011

En 1960, la guerre d’Algérie bat son plein. Le jeune Messaoud, 9 ans, est confié par son père, à une famille d’accueil établie dans le Berry, constitué de Gisèle et de Georges. Ce dernier, facteur de son état, ancien combattant de la guerre d’Indochine, un brin raciste, ne sait rien de l’origine du garçon que l’on a rebaptisé « Michel » (ou « Michou »). Celui-ci découvre alors la France profonde.

Michou d'Auber

Avis aux amateurs, je vous offre sur un plateau (et libre de droits) le pitch du film d’horreur ultime. Le lieu : un hôpital. Le jour : Un dimanche de pâques. Le pitch : Tous les médecins ont déserté le navire. L’hôpital (façon Halloween 2 de Rob Zombi) est désert, les internes trahissent leur age par des visages trop marqués par une acné encore récente, la TV fait 36 cm (36 bordel !), et 2 chaînes se battent en duel : TF1 et FR2. Le héros a beau chercher, triturer les programmes dans tous les sens, pas d’Arte. Le choix (pas de livres, ni même de VSD, sous la main) va donc se porter entre les Experts et Michou d’Auber. Les séries policières américaines n’étant pas (à ce moment là de l’histoire) la cup of starbucks du héros, il choisit Michou d’Auber.

Michou d’Auber, pour ceux qui ne connaîtraient pas, ou qui auraient une vie, c’est réalisé par le prodige français Thomas Gilou, à qui l’on doit les inoubliables (rapide recherche sur Wikipédia) Victor et la trilogie La vérité si je mens ! Ok ce sont des films de merdes, mais reconnaissant lui le mérite d’avoir un nom marrant. Gi-lou, c’est marrant comme nom. Pour finir, le film est une production EuropaCorp (la Cie de M. Besson) et TF1, il passe sur Fr2 et vous trouvez dedans Depardieu, Baye ou encore Amalric. Bref, plus cinéma français tu peux pas faire. Plus nul non plus.

Passons sur le jeu des acteurs, car le seul jeu est de deviner qui cachetonne (Matthieu), qui cabotine (Gérard), qui est perdu (Philippe), qui est nul (Samy)… Quand le ratage est si énorme, il faut souvent se poser la question de celui qui les dirige. Bon rappelez-vous, Gi-lou, le nom est marrant. En me relisant (si si, ça m’arrive) je me rends compte que je suis dur, le film n’est pas fait pour moi, la cible c’est la grand mère un peu raciste qui a peut être un bon fond. Cette sorte de Grand Chemin bis, surfe sur cette vague nostalgique, avec tant de talent que Nolwen Leroy passe pour une débutante à côté. Vas-y que je te mette bien profond une couche de consensualisme mou, vas-y que je te fasse la morale, vas-y que l’ensemble est gerbant (et dans un hôpital c’est pas cool) de médiocrité, d’amalgame et de fausses valeurs.

Pour ne rien arranger, le film est long, prévisible (of course), l’humour est pataud, moralisateur, et je suis prêt à mettre ma main à couper, que la cible va en ressortir plus raciste qu’elle ne l’était au départ. De la soupe populiste et contre-productive. Bravo FR2, vive le service public et vive la redevance à 123 €. Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour mais je commence maintenant à comprendre pourquoi certains regardent TF1. Un scénario pour un film d’horreur je vous dis.

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Troll Hunter

11032011

Alors qu’ils font des recherches sur le braconnage d’ours, une groupe d’étudiants se décide à suivre Hans, un chasseur un peu particulier. Son gibier : le troll !

Troll Hunter

Bon ça faisait un petit moment qu’il n’y avait pas eu une chronique sur un film B-Z. Il était donc temps de se rattraper. Le film en question vient cette fois du pays du rôti de renne, la Norvège (à qui l’on doit aussi dernièrement Manhunt).

C’est désormais devenu une certitude, quand on ne dispose que de peu de moyens, la meilleur chose à faire c’est de partir sur l’idée du faux reportage. Ça justifie le cadrage, la lumière et tous les défauts qu’on ne serait pas forcément à l’aise de traiter. Troll Hunter est donc dans la veine des Blair Witch, REC, Cloverfield, Paranormal Shit et autre Catfish. Evidemment l’originalité d’un tel procédé est éculé mais il s’agit peut être bien là de la naissance d’un genre, ou plutôt de sa démocratisation : le documenteur. Il y a des signes qui ne trompent pas, la TV s’y est mise, et avec talent. The Office et la série qui devait être son spin off, Parks and Recreation (dont il va devenir urgent de faire un article), en sont les parfaits exemples. Vous avez des idées et peu d’argent, ce genre est fait pour vous. Le réalisateur ne signe pas le Dogme 95, mais genre naissant oblige, il s’ingénie à respecter ces nouveaux codes (équipe de tournage, la fausse piste du début, les off qui rendent l’ensemble plus  »vivant »…).

Quid du film ? Et bien ne souhaitant pas se cantonner au doc. horrifique, il part dans une direction qui plait tout autant, l’humour et le second degré. Il n’y a qu’à voir la tête des trolls pour en être convaincu. Cette chasse est propice à la rigolade entre potes, point de monstres cachés et invisibles jusqu’au dernier quart du film, ici vous voulez des trolls, vous allez en avoir pour votre argent (ou votre connexion internet). Le titre, l’affiche (excellente) ou le pitch ne dupent personnes, ce B-movie accompagnera agréablement votre seconde partie de soirée.

On retrouvera également avec plaisir le côté pince-sans-rire nordique (si ça c’est pas du stéréotype), où sous couvert du grand guignol on arrive toujours à placer une petite pique acerbe à l’encontre d’untel ou d’untel, ici le gouvernement Norvégien et sa farouche volonté de tout cacher.

A voir donc pour les amateurs du genre.

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Taken

17072009

La fille de Bryan (Liam Neeson) est tout ce qui compte pour lui. Rien, ni son ex-femme, ni ses amis, ni son ex-job d’agent secret aux super pouvoirs ne comptent plus pour lui qu’un quart d’heure avec Kim. Tout va basculer le jour où, à Paris, elle l’appelle pour lui faire part en direct de son kidnapping. Résultat, 60 morts et un happy-end.

Taken

(Cet article est écrit sous l’emprise de stéréotype, une puissante drogue qui altère les facultés du spectateur, pour lui faire croire qu’un produit Besson est forcément de mauvaise qualité).

Pierre Morel à la caméra (Banlieue 13), Luc Besson au stylo, tout est réuni pour obtenir ce que l’on souhaite : un film à la facilité accablante, au scénario poussé au paroxysme de l’irrationnel, à la profondeur de personnage proche du zéro absolu, au (super)-héros à la Besson, un type lambda ou presque, qui s’avère être tout puissant et super malin, le personnage omnipotent avec une seule faille, car il faut bien créer l’empathie, véritable force crapuleuse de son auteur. Bref tout est too much.

On reconnaîtra, en battant notre coulpe que le début du film, nerveux et efficace laisse entrevoir un produit final plus intéressant. Mais non. D’où vient le succès du film alors (2/3 des personnes de votre entourage l’aura aimé à coup sur) ? D’une part de cette empathie qui permet à Luc, film après film de tisser sa toile emphatique du larmoyant, mais je me souviens aussi qu’à un plus jeune âge, j’avais aimé le Dernier Samaritain (vous vous souvenez le film avec Bruce Willis), l’absence de nuance et le manichéisme ambiant sont des choses que l’on ne voit pas à cet âge.

On pourrait encore s’attarder sur ce mythe de la force, de la self-justice ou d’une justice punitive, des thèmes qui ont toujours permis de manipuler les masses, mais ça en est déjà trop pour ce film. Certains réalisateurs tirent leurs spectateurs vers le haut, ce que l’on aime pas avec les productions Besson, c’est cette propension à faire l’inverse, et pour être honnête à nous engrosser un simulacre de plaisir.

Au choix, un film d’action moyen un peu bébête (un Jason Bourne en moins bien), ou un film fascisant racoleur. Vu que le bonhomme n’a pas l’air si méchant que ça on penchera à taton vers la première solution. Un gros succès au Box Office.

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