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Kingpin

12052011

En 1979, Roy Munson est l’un des meilleurs joueurs de Bowling du monde.
Suite à  une mauvaise rencontre, il perd sa main et se reconvertit bien malgré lui en représentant pour accessoires de bowling. C’est alors qu’il fait la rencontre de Ismael, un jeune amish avec un  » supposé » talent inespéré pour ce sport. Il va le convaincre de le laisser l’entrainer afin de devenir un grand champion. Ils partent ainsi sur les routes, l’un pour gagner des tournois et retrouver une gloire perdue, l’autre pour récolter de l’agent afin de sauver sa ferme.

Kingpin

Je suis heureux de vous dire qu’à la question, quel est le meilleur film des frères Farrelly, ou plutôt, quel est votre Farrelly préféré, j’ai désormais une réponse : KINGPIN. Bizarrement méconnu, ce film est pourtant le meilleur concentré de ce que les 2 frangins sont capables de faire. Mais une fois encore concernant les FF, ce film n’est plus à un paradoxe près. Alors qu’il est d’une vulgarité et d’un mauvais gout assumé, le grand public s’en désintéresse et les médias  »intellos » s’empressent de mettre la main dessus. Le peuple n’aime pas le vulgaire, c’est donc du génie. C’est manichéen mais du côté des Inrocks on doit surement réfléchir ainsi.

Le film ? Et bien voici un enregistrement sonore top secret de Bobby et Peter Farrelly, qui en dit long sur leurs motivations de départ.

Peter : Hey Bob what’s up ?

Bobby : Tu sais Pete, on vient de terminer Dumb and Dumber et ça serait cool qu’on aille encore plus loin dans notre prochain film.

Peter : Genre Bob …

Bobby : Genre des amish, des handicapés, des vieux moches.

Peter : Mais tu es fou Bobby, nous allons avoir plein d’associations au cul.

Bobby : Non Peeet-er car tu oublies que nous sommes en 1994 et pas en 2011, et puis ces gens là nous les aimons, c’est une ode à la tolérance et à la différence.

Peter : Fuck, tu parles trop bien frérot, faisons un film sur ces mother fucker et faisons nous piquer notre fond de commerce par Trey Parker et Matt Stone.

L’enregistrement est sidérant, toute l’oeuvre des FF est résumée dans ces quelques phrases. Leurs films fonctionnent car ils se moquent de personnes qu’ils respectent. Mieux, le respect passe par la moquerie. Maquiller ça avec une success-road-story un peu chiadée, et 1, vous suivrez le film, 2 vous vous marrerez, et de 3, vous éprouverez un semblant de compassion pour cette galerie de personnages.

Niveau acteur, Woody Harrelson confirme, s’il en était besoin, qu’il est excellent dans le registre de la comédie et qu’il rajoute au rôle, contrairement à ce qu’auraient pu produire d’autres acteurs estampillés  »100% comique », une touche plus dramatique. Car la réussite de Kingpin vient de là, teinter la comédie de certains accents dramatiques. Pour Bill Murray, que dire ? Si ce n’est qu’il n’a probablement jamais été aussi bon. La parfaite enflure, celui qui sourit lorsqu’il vous enc…

La toute fin est assez classique, mais c’est une habitude chez les frangins. C’est plus grand public (va falloir arrêter avec cette expression) et ça contredit ou contrebalance toujours un peu la provoc’ du début de film. Ce n’est qu’un détail mais c’est dommage qu’ils n’aient pas leur propre  »touche » la dessus. Peu importe, le film est excellent et il vous est chaudement recommandé.

vraivaleur.bmp




Le Guerrier Silencieux

29062010

Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l’aide d’un enfant, Are, il parvient à tuer son geôlier et ensemble ils s’échappent, s’embarquant pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d’un bateau viking, mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin, qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings affrontent un ennemi invisible et terrifiant, et One-Eye va découvrir ses véritables origines…

Le Guerrier Silencieux

Le titre ne mentait pas, Le Guerrier Silencieux, il y a bel et bien un guerrier et il est bien silencieux, un peu trop même. Après Kubrick (dont on retrouvera des traces pendant toute la carrière de Winding Refn), on a droit ici à Werner Herzog, Le Guerrier Silencieux fait immédiatement penser – comment ne pas le voir – à Aguirre ou la Colère de Dieu : des missionnaires, une terre inconnue et hostile, dieu, des acteurs hors normes Kinski / Mikkelsen. Bref tout ce qu’il faut pour rebuter le spectateur de salle.

Et c’est dommage, quel dommage, Nicolas Winding Refn a un sens de la mise en scène qui est (très) au-dessus de la moyenne. Il n’y a qu’à regarder ses plans qui sont tous d’une beauté inouïe (on pourrait lui reprocher d’être trop esthétisant). Cette façon bien à lui, d’utiliser, de s’inspirer du réel pour mieux le transcender. Les mouvements de caméra ne sont jamais gratuits, ils accompagnent toujours un mouvement, un doute. Les couleurs se répondent avec violence. La technique au service du sens.

Mais (c’était inévitable) le niveau d’austérité de certains films de Werner Herzog est ici dépassé et battu à plate couture. Doit-on crier au génie, ou peut-on accepter de dire que l’oeuvre est trop absconse ? Peut-on dire du mal de quelqu’un dont on pense le plus grand bien ? Peut-être faut-il voir le film comme l’on voit Enter The Void, comme un trip cosmique. Le minimalisme (des dialogues, des moyens, de l’histoire) au service de l’ambition artistique. Certaines scènes ne sont d’ailleurs jamais loin de cette agréable fièvre hypnotique qui fait que l’image agit comme une drogue. C’est beau, c’est souvent bien, c’est fort par moment mais on regrette qu’il ait décidé de se limiter seulement à cela. Le refus de la facilité et du tout-commercial est louable. Le bonhomme nous a montré par le passé qu’il était capable de faire du cinéma grand public de qualité. On ne demande que ça, qu’il y retourne !

vraivaleur.bmpSi vous le voyez comme une oeuvre d’art contemporain

valeurdevenir.bmpSi vous êtes un spectateur lambda qui a payé 8 € sa place et / ou si vous croyez au potentiel du réalisateur de Pusher




The Box

10022010

Une étrange boite est posée sur le paillasson d’une maison. Un homme passe voir les propriétaires. S’ils appuient sur le bouton, ils gagnent 1 million de $, en contre partie ils tuent une personne qui leur est inconnue.

The Box

Soyons clair, avec ce film Richard Kelly va encore une fois nous empêcher de dormir, de réfléchir ou de faire quoique ce soit d’autre. The Box est un film qui laisse des traces et dont il est impossible de parler à chaud, ni même à froid, le plus simple est de le voir, et puis très certainement de le revoir. En s’éloignant d’un certain bordélisme (Southland Tales) et usant d’un pitch ravageur, attrayant, voyeuriste, Kelly gagne presque son pari avant de l’avoir véritablement tenté. Cet homme comme beaucoup de sa génération (Aronofsky, Winding Refn) a été influencé par Kubrick il en a gardé le goût du mystère (qui y a-t-il de mieux au cinéma ??), de la provocation, d’un certain sens de l’esthétisme et de la mise en scène, et des belles musiques (la musique est à tomber, spécialement la dernière), et des sujet ambitieux, démesurés et aux interprétations multiples. Le cinéma fonctionne par vague, il y a eu la Nouvelle, il y a eu les De Palma, Scorsese, Cooppola, et il y a désormais celle-ci. Espérons juste qu’elle ne fera pas comme ses prédécesseurs, à se fourvoyer à tout va.

Le cinéma de Kelly est tout en provocation, en contre pied, on aurait tendance à croire l’ambiance supérieure au sens, il n’en est rien. Le thème de The Box est probablement de ce qu’il se fait de plus profond et intéressant. Le sujet traité le plus sérieux depuis longtemps, loin des modes, des postures ou des convenances. Le film s’adresse à tout le monde, il nous questionne autant qu’il nous intrigue. On ne comprend pas toujours tout et pourtant on sait exactement de quoi il parle. Plus qu’une simple question d’altruisme, on nous parle de nos modes de vie teinté de mysticisme. C’est flippant mais bigrement captivant.

Je conçois que cette litanie puisse paraître excessive, mais il faut bien reconnaître qu’il y a tout dans ce film. De la peur, de la réflexion, du suspens, de la SF qui apparaît au milieu du film (référence aux monolithes Kubrickiens) qui désarçonne puis disparaît juste avant qu’on puisse le lui reprocher. Ce qui fonctionne autant qui ennuie c’est que Kelly sait où il va. Une sorte de guide touristique qui vous montre les plus beaux endroits du monde, vous prenez des risques, vous ne captez pas toujours la beauté de l’endroit et pourtant vous savez que vous devez le suivre.

Si le fond est profond, la forme n’est pas à délaisser. Dès le début lors de la première incrustation, Kelly déflore la moitié de l’histoire. Ces informations seront tout de suite oubliées par le spectateurs, mais l’atmosphère de complot et de machination, lui reste bien ancrée dans nos mémoires. Idem pour le visage de Franck Langela, qui à lui tout seul justifie le film, apporte le mystère. Son personnage le dit lui même «   Ne laissez pas mon apparence vous effrayer, je ne suis qu’un homme qui a une tâche à accomplir », la moindre ligne de dialogue résonne évidemment sur plusieurs degrés. On parle de 2001, mais ce film n’est il pas le cousin de Eyes Wide Shut ? Arrêtons de nous éterniser, The Box fourmille de détails qu’il serait illusoire de lister, Kelly est un génie de l’art ou de l’escroquerie mais allez voir ce film, aimez le, détestez le, mais voyez le !

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Traitre sur Commande – The Molly Maguires

28012010

Des mineurs tentent de mettre au point un syndicat. Mais devant le refus des autorités, ils deviennent plus violents et sont sans cesse infiltrés par des mouchards.

Einstein : « les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation. »

Traître sur commande

40 ans après sa sortie, le film a évidemment vieilli, plus par le désintérêt d’une corporation (le monde du spectacle) envers un cinéma vrai, engagé et militant (sans tomber dans le manichéisme primaire), que par un propos désuet. Le film est vieux car plus à la mode. Et d’ailleurs s’il se trouve dans cette catégorie « films oubliés », ce n’est pas « plus » mais « pas à la mode ». Il est vrai que faire un film qui se veut grand public en traitant du monde ouvrier, on a un peu oublié comment faire (même si des contres exemples existent).

A l’occasion de sa (re)-sortie en salle, on se demande comment ce film a pu passer inaperçu. Avec une histoire d’amour, des explosions, un acteur qui a joué James Bond, des bagarres et des grands espaces … Mais à y regarder de plus près, l’histoire d’amour n’apporte pas de sexe, les explosions sont des explosions par dépit et non de la pyrotechnie salvatrice, l’acteur qui joue James Bond à une moustache et est couvert de suie … Bref Martin Ritt a tout fait à l’envers, un vrai communiste !

Soyons un peu plus sérieux, le début du film est magistral (mention spéciale à la photo), pas un mot lors des 14 premières minutes et pourtant on ne s’ennuie pas, il se passe quelque chose, quelque chose dont le spectateur est le témoin ignorant. Dans le royaume du tout explicatif, le générique explosif frappe l’imaginaire, évoque certaines pistes, mais on ne peut que souhaiter en savoir plus. Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Le reste vaudra le coup d’être vu pour cette confrontation d’idées, entre fatalisme, idéalisme ou poussée révolutionnaire. Chacun choisira son camp, sans avoir l’assurance d’avoir fait le moins mauvais choix. La fin étant d’un cynisme absolu.

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PS. Cela vient peut-être de moi mais le seul bémol que je mets au film c’est cette musique traditionnelle, qui si elle colle bien au thème est pesante et redondante à la fin.




The Club

22092009

Danny, jeune homme lâche, faible, pauvre et divorcé tente de retrouver confiance en lui par la boxe, son nouvel emploi de videur et ses nouveaux amis. Tout un programme !

The Club

Tout ce qui suit sera à relativiser par le fait qu’il s’agisse ici d’un premier film, qui n’annonce rien de bien grand certes, mais bon on lui pardonne pour cette fois-ci.

The Club se veut (ou sera comparé à) un film British à la veine sociale, une sorte de pâle copie d’un (mauvais) Ken Loach par certains points. D’un autre côté on pense aussi à un Trainspotting, pour un goût prononcé, mélange de sex, drug and rock and roll. Malheureusement, n’est pas Loach ou Boyle qui veut. Le film est en effet plombé par de lourds poncifs, frôlant et dépassant le ridicule. Des dialogues bidons, des personnages caricaturaux et pseudos cools (on attire la jeune clientèle comme on peut) à en hurler de rire, un videur philosophe crédible comme l’Abbé Pierre en catcheur, une voix off emmerdante, des acteurs de troisièmes zones, un scénar fait par des accumulations de coïncidences ou d’ellipses bien heureuses… Bref la vision du film est pour le moins éreintante.

Le plus dur est peut être ce ton vaguement moraliste qui ferait passer Walt Disney pour de la métaphysique, à moins que cela ne soit cette apologie à peine voilée du dépassement de soi par la force et la violence. Seul le twist final est bien amené, ce qui témoigne plus d’un talent de scénariste qu’autre chose. L’affiche n’annonçait rien de bon, c’est maintenant une certitude. Pour le même prix on regardera Pusher 1, 2 et 3.

faussesvaleurs.bmp

 




Bleeder

4082009

La vie de Léo bascule le jour où il apprend qu’il va être père. Les vies de sa femme, de son beau frère ou même de son meilleur ami ne tardent pas également à s’en trouver modifiées.

Bleeder

Cinéaste du mouvement, Nicolas Winding Refn, commence Bleeder, son deuxième film, par une succession de travelings, dont on comprend vite qu’ils ne peuvent que se télescoper. La difficulté de vivre ensemble, ou plutôt quand le milieu rend la vie ensemble impossible. Refn aime jouer avec sa caméra, à varier les angles et les focales, ses plans sont (quasi) toujours propres, nets et disons le, ils sont beaux.

Tout semble d’un même tenant, la caméra est au plus près des personnages et de l’action, tout le monde appartient à la même histoire, on se tutoie, on fréquente les mêmes lieux exiguës. Cette recherche de véracité, de réalité, que voulait tant Mann pour son Public Enemies, Refn la trouve en en fabriquant une; le secret est là, ne pas imiter (la vie) mais toujours la créer. Les transitions sont du même acabit, il y a une véritable maîtrise de la rupture de rythme et de ton, de l’utilisation des silences. Les personnages sont des écorchés vifs, les transitions se feront donc au couteau. A noter l’excellente prestation du trop rare Kim Bodnia.

On est loin ici des films de fils à papa français, ce genre bourgeois qui ne sait parler qu’à sa caste, cet instrument grégaire ségrégationniste qui tire tout le monde vers le bas. Si Bleeder par certains côtés et par son scénario fait penser à un film mineur, il a déjà (presque) tout d’un grand.

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Filmo INDISPENSABLE  :

- La trilogie Pusher (1996, 2004, 2005)







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