The Invention of Lying

7052010

Dans un monde où le mensonge n’existe pas, la vie de Mark Bellison, scénariste au talent incertain, se retrouve totalement chamboulée le jour où il invente le Bobard (avec un grand B). Plus de problèmes d’argent, de boulot ou pour coucher avec des top models.

The Invention of Lying

Mélange d’Idiocracy et d’Un Jour Sans Fin, TIOL propose l’immersion d’un menteur qui de par son invention est devenu invulnérable, aux prises avec un monde totalement candide (qui nous parait benêt au regard de la vie réelle). Les situations qui naissent de ce postulat sont évidemment cocasses, et admettons le tordantes (cf J. Gardner qui explique qu’elle se masturbe en l’attendant). Les 20 premières minutes sont au top, mais un film peut-il se tenir exclusivement à cela ? Le talent de scénariste de Ricky Gervais (créateur de The Office) peut-il réussir là où beaucoup ont échoué ? Ce film viendra-t-il gonfler le cimetière des films concepts ? Si j’étais un personnage du film, obligé de vous dire la vérité, je vous dirais que non, il n’a pas réussi, je sortirais la liste des excuses bidons et faciles et je m’arrêterais là.

Mais puisqu’on est vendredi, que l’alignement des planètes est bon, que je préfère garder précieusement ma liste d’excuses bidons et faciles pour moi  et puisque surtout ce personnage a l’air sympathique (il faut bien qu’elles aident les rondeurs !), cet article prendra honteusement la défense de TIOL.

4 raisons à cela : l’excellent début de métrage, la partie à la fois drôle et intéressante sur l’homme dans le ciel (Dieu), de bons seconds rôles et cette géniale idée de faire rire par le truchement de la vérité qui consiste donc à se moquer de l’hypocrisie ambiante à laquelle nous sommes tous confrontés. Le film satisfait certaines envies régressives, un peu comme un gamin de 5 piges qui entend les mots « bite » ou « chatte » et qui en rigole. Briser un tabou fait rire. Encore fallait-il le comprendre et le mettre en image.

Alors certes la fin part quelque peu en guimauve, il y un manque évident de prise de risque car il y avait matière à partir très loin, mais bon c’est une comédie légère avec certains gags géniaux (l’hôpital rebaptisé A Sad Place For Hopeless Old People) et c’est ce qui restera en tête. Un Menteur, Menteur en mieux (car appliqué à tout le monde).

Valeur en devenir




Mammuth

6052010

Le jour de partir à la retraite, Serge se rend compte qu’il lui manque des trimestres. Il enfourche sa vieille bécane et décide d’aller chercher les papelards manquants.

Mammuth

Road movie vaguement initiatique, Mammuth est le genre de film qui « essaye de ». Essayer de mettre du sens, essayer de se la jouer film d’auteur (pourquoi le jouer et ne pas plutôt l’être ?), essayer de mal cadrer, essayer de faire des mises au point crades, essayer d’incorporer un élément fantastique, essayer, essayer, essayer… Évidemment quand on essaye on prend toujours le risque de se planter. Dans le film Depardieu se met à un moment a conduire sa Mammuth sans les mains, il prend un risque mais ça lui plaît. Kervern et Delépine ont certainement voulu limiter, ils filment sans les mains, malheureusement pour eux au final ils se cassent la gueule.

Ce film n’est pas enthousiasment, c’est le moins que l’on puisse dire. Pourtant le pitch était accrocheur et l’allure de Depardieu se suffit à faire un film, un mélange de Precious et de Mickey Rourke. Mais les auteurs grolandais ont en décidé autrement. Le film sera une succession de vignettes, parfois drôles (et oui tout n’est pas à jeter- spécialement quand Yolande Moreau est là), parfois vaguement onirique, souvent chiant, des fois décalé. Les copains viennent faire une pige devant la caméra, ça fait plaisir et puis ça occupe les spectateurs (« oh tu reconnais c’est Siné », « l’acteur belge, mais si, tu sais Benoit machin », »oh Philippe Nahon »…). ET, il y a Adjani, là on bascule dans le film d’horreur, pas loin entre Hell-Raiser et Freddy, la tête hallucinée de l’actrice apparaît, elle récite son texte façon théâtre de la Grèce antique, un grands moment de n’importe quoi. Inutile, ridicule et hors propos. Les éléments fantastiques dans les films quand ils sont mal utilisés ça ne pardonne pas.

Bref un film qui sent la TV complexée (canal plus en gros), tant qu’il s’agit de faire une scénettes, ils savent faire (scène d’intro), mais le bout à bout de plans fixes ça ne fait pas un film, quand bien même on rajouterait Poelvoorde, Adjani ou Depardieu. Film décevant qui remet en cause la vision qu’on a pu avoir des précédentes « oeuvres »(Aaltra, Louise Michel), voire même de la sincérité du projet. Dans un genre similaire (quoique) on préfèrera leur copain Albert Dupontel.

valeurdchue.bmp




Les Chèvres du Pentagone

22032010

En plein désespoir amoureux Bob décide de partir en Irak. Là bas il fait la connaissance de Lyn Cassidy un gentil illuminé qui en son temps appartenait à un groupe de soldat beatnik consommateurs de drogues.

Chevres du Pentagone

C’est avant tout une comédie très légère à laquelle on assiste. Pas de grands sermons. Ni même une histoire recherchée et bien huilée, tout fonctionne ici dans un seul but, aller dans l’absurde. Dans un monde de plus en plus sérieux, l’absurde est devenu une valeur refuge. Ainsi les flash-back (entre autres) n’ont souvent d’intérêt que de lancer des situations grotesques qui n’ont d’autre but que d’être ce qu’elles sont (grotesques), le tout au détriment de l’histoire dont le réalisateur se désintéresse (si quelqu’un comprend cette phrase merci de m’en avertir). On navigue entre un film des Coen et Las Vegas Parano. Pour rappel, « naviguer entre » c’est n’être ni l’un ni l’autre.

On est donc en présence d’une successions de sketchs. Jeff Bridges et Clooney en bons acteurs qu’ils sont (et en gentils clowns) assurent leur part du job. La bonne idée du film est d’essayer de lutter contre l’inévitable tarissement comique en faisant apparaître les principaux protagonistes (Mc Gregor, Clooney, Bridges et Spacey) à intervalles réguliers. Sans être extraordinaire ça redynamise toujours un peu le film et réveille un public qui dans l’ensemble est conquis d’avance.

En jouant sur une culture geek et en abusant de termes comme Jedi, (qui constitue semble-t-il le principal espoir comique du film) la segmentation du film est toute trouvée.

Bref film très léger pour humeur (très) badine.

valeurdevenir.bmp




Gerry

11032010

Gerry et Geery se perdent dans un désert. Ils marchent et parlent le moins possible.

gerry

N’ayant jamais été un grand (attention mot vulgaire) « fan » de Gus Van Sant, peut-être un problème à bien l’appréhender, c’est toujours avec circonspection que je regarde ses films. Entre un Prêt à Tout sympa mais tout sauf génial, un Psycho qui laisse perplexe, et sa trilogie hommage à la lenteur (Gerry, Elephant, Last Days), à chaque film on se demande quelle facette va t-il nous révéler. Notez que je dis ça comme un compliment, avec lui le cinéma est ce qu’il devrait toujours être, une zone d’expérimentation. On tente et il se passe des choses…

… sur le papier. Car sur la pellicule, on a beau avoir de magnifiques paysages (quoique le passage des US à l’Argentine est un peu douteux), des acteurs charismatiques (Damon, Casey Affleck), de la musique soigneusement choisie, mais quand il n’y a rien, et qu’on filme le désert, c’est DUR. L’histoire du cinéma évolue et malheureusement ça passe par regarder des films comme celui-ci.

Pourtant du fait de sa stature et devant l’étrangeté du projet, le spectateur ne peut-être qu’étonné et attentif comme jamais au moindre signe d’explication ou de refus d’explication. Rarement on aura regardé un écran vide avec autant d’attention. C’est comme partir à la pèche sans hameçon dans l’étang le plus poissonneux. On attend, on espère mais rien ne se passe. Rien, j’exagère, du fait de ce dépouillement total, certaines scènes (pourquoi emploie-je le pluriel ?), une scène, la scène du rocher, où Casey planté en haut de son caillou hésite à sauter, mérite le détour. A la fois comique et symbolique, ce plan séquence redonne de l’énergie au film, crée une tension « va-t-il sauter ? ». Mais, c’est tout.

Bref un film qui crée une tension palpable sans la libérer, ça a tendance à agacer. Le refus d’un certain conformisme (d’autant plus qu’ici il est jusqu’au boutiste) est louable mais c’est chiant. Accessoirement Casey Affleck est impeccable.

valeurmoyenne.bmp




Deux en Un

5012010

Bob et Walt sont frères siamois. Ayant toujours vécu ainsi ils refusent de se faire séparer. Ils font tout ensemble, et quand on dit tout c’est TOUT ! Mais Walt décide un jour de partir vivre sa passion à LA : l’acting.

Deux en Un

Un sujet potache, ou du moins au potentiel potache presque illimité. Les frères terribles d’hollywood aux manettes (Dumb and Dumber, Mary à Tout Prix, Fou d’Irene…). Mais une fois encore, un concept ne fait pas un film, tout au mieux, quand c’est bien fait il comble le premier tiers du métrage. Arrive donc le moment fatidique du passage du premier tiers (que certains gangs de réalisateurs ont surnommé les portes de l’enfer), le moment de faire un choix. Soit l’on pousse le gag jusqu’au bout, soit on bifurque dans une autre direction (une romance, une réflexion philosophique…).

Dans 2 en 1 les frérots ne font pourtant ni l’un ni l’autre, et avec cela c’est plutôt réussi. Comprenons nous, l’histoire est sympathique, un peu loufoque (pas assez), pleine de clins d’oeil (cf Malcolm et Cher, sur le monde du cinéma), où encore la symbolique entre Bob et Walt et les frères Farrelly se fait de plus en plus insistante.

Les blagues font mouche et pourtant difficile d’être totalement convaincu. Malgré ce concept Larger than Life, le film fait plus mature (oh le gros mot !!) soit exactement le contre-pied de ce pourquoi on aimait leurs précédents film. Peut-être est-il tout simplement trop long ? En voyant ce film on se dit que l’idéal eut été de confier le projet aux créateurs de South Park, Trey Parker et Matt Stone (auteurs du génial Team America).

Valeur en devenir




Vinyan

16072009

Devant l’incapacité de Jeanne, sa femme, à faire le deuil de leur fils disparu lors du tsunami de 2005, Paul et elle décident de partir en Birmanie à sa recherche. Recherche forcément désespérée.

Vinyan

Sur un sujet finalement assez proche de celui du dernier Lars Von Trier (le deuil après la perte d’un enfant), Fabrice Du Welz, le réalisateur, compose lui aussi un film essentiellement picturale, une succession de longues séquences qui s’enchevêtrent tant bien que mal, travaillées mais pas toujours cohérentes. Là où le film du Danois optait pour une beauté plastique à la simplicité terriblement efficace, le belge use d’une image par moment brouillonne, qui si elle gagne en « atmosphère », perd en lisibilité. Il délaisse le crédible pour faire place au fantasmagorique. C’est un parti pris à accepter sous peine de détester le film quand bien même certaines scènes frôlent (ne font elles pas un peu plus ?) le ridicule.

Il est toujours facile de critiquer un film en en faisant une suite d’analogies cinématographiques. Analyser un film en le comparant à un autre c’est par bien des égards s’éviter quelques lignes. C’est pourtant deux films qui viennent en tête lorsqu’on voit Vinyan. Si le début du film rappelle Gaspar Noé et à la scène de la boite de nuit de Irréversible, la seconde partie fait instinctivement référence à Apocalypse Now. Si la première n’est probablement pas volontaire les ressemblances avec Apocalypse Now sont trop évidentes pour être fortuites. Car le thème est le même, une plongée tumultueuses et de plus en plus sombre dans l’âme humaine. La jungle et la moiteur du sud-est asiatique jouant un rôle à part entière.

Là où le bat blesse c’est avec l’interprétation de Béart (expressive comme un poisson Lune), la version française (le film est tourné en anglais) elle aussi assez mauvaise, et ces 1/2 plans qui font basculer par moment le film dans un grand n’importe quoi. Au final de bonnes intentions et certaines qualités, qui à l’image du premier film du réalisateur (Calvaire) laissent entrevoir de futurs films prometteurs.

valeurdevenir.bmp

 

 







Playboy Communiste |
STREAMINGRATOX |
lemysteredelamaisonblanche |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Fascination
| hsm321
| voyagelook