Middle men

19112011

Les début de l’industrie de la pornographie sur internet ne sont pas ce que l’on pourrait croire. L’histoire folle de 2 paumés qui eurent l’idée du siècle. Jack Harris, un de leur partenaire, après avoir amasser quelques millions finit par regretter l’association.

Middle men

Après Matt Dillon et son charisme de hareng frais, place à Luke Wilson et sa crédibilité toute relative à endosser un rôle plus sérieux et plus musclé, d’un mec du milieu. Imaginer Magloire jouer Terminator, c’est à peu près aussi crédible. Ceux qui ne connaissent pas Magloire rateront une bonne vanne mais éviteront le déshonneur de la comprendre. Bref, le choix de Luke est tellement dur à valider, que c’est un peu tout le film qui en pâtit. Est-ce une comédie ? Il suffirait pourtant de voir l’intro pour s’en convaincre. Un cool movie façon Get Shorty ? Un polar américain façon 70′s sur fond de scandal et complots politico-mafieux ? … Désolé mais tout ça est trop vague pour moi, et donne la désagréable impression qu’il n’y a pas de capitaine à la barre du bateau.

L’autre gros problème du film (qui découle du premier malgré tout) c’est de se prendre trop au sérieux. Je vous le donne en mille, il commence par l’attrape gogos classique :  »based on a true story ». Le truc qui vous fait croire qu’une heure de film rattrape quinze ans d’instructions; le truc qui veut vous faire croire que le cinéma rend intelligent (mais si, on vous apprend des choses…), le truc qui se veut le substitut au documentaire qui comme chacun sait, est toujours vrai et réservé à un public d’intellectuel. Rappelez-vous Super Size Me, Farenheit 9/11…

Middle Men est juste un film fait pour ne pas réfléchir, qui aurait pu être  »cool » (le milieu s’y prêtait : pute, X, drogue, mafia…) mais qui s’avère pompeux, mal interprêté et dont les ficelles sont, comment dire, de la taille d’un cable d’amarrage. Ah oui, j’oubliais ! Le réalisateur scénariste n’est autre que le scénariste de Bad Boys 1 et 2. Je dis ça, je dis rien (version française du What else ?).

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P.S. En y réfléchissant (ça arrive), je viens de comprendre. Le gars, enfin le réalisateur, a voulu faire son Casino à lui. Mais attention mec (en voila de l’apostrophe), déjà que ton film ne part pas de très haut alors si tu suis la même pente que Scorcese après son film, ça risque d’envoyer du lourd …




The Murderer

6092011

Parti en Corée du Sud à la recherche de sa femme disparue, mais également en charge d’un meurtre pour le compte d’un mafieux local, Gu-Nam se voit coincé de toute part. Du tueur chasseur, il passe au rôle de chassé qui ne veut pas être tué. Bref, ça s’annonce moyennement cool pour lui.

The murderer

The Chaser, son premier, film avait fait sensation, et il y avait de quoi. C’est donc avec un intérêt tout particulier que le second film de Hong-Jin Na était attendu. Petit avertissement, attention à ne pas le confondre avec son homonyme Hong-Kongais, film assez mauvais, nul même, qui en 2 heures de durée réussirait à vous faire détester le cinéma asiatique et à remettre vos choix en question. Ce n’est qu’un avertissement mais pour avoir perdu 2 heures dans cette périlleuse aventure, je tenais à le préciser.

D’une facture par moment assez proche d’un I Saw The Devil (surtout Myun, le boss Joseon-Jok indestructible) il reste malgré tout impossible de ne pas faire la parenté, la filiation avec The Chaser. Car il s’agit là presque d’une suite inavouée. Les titres (ok c’est probablement le fait des distributeurs), les affiches, les milieux rencontrés, les armes blanches (ou plutôt rouges), il y a trop de similarité pour ne pas, dans un premier temps du moins, y prêter attention. Chaque film ayant même une course poursuite en colonne vertébrale. Là où The Murderer évolue, et peut-être déconcertera, c’est qu’il prend le parti (dans la deuxième moitié du film) de la surenchère, voire de l’outrance au détriment de la vraisemblance. Comme pour mieux perdre un spectateur qui aura de plus du mal à savoir qui  »supporter ». Car dans le genre tous pourris, ce film s’impose. Des flics incompétents (et scénaristiquement sous exploités), à la mafia coréenne lâche et embourgeoisée, en passant par le clan, la brutale meute de Joseon-Jok, mais aussi ce  »héros », Gu-Nam, à la moralité douteuse ( »tu vas tuer un type ? »,  »ok »), tout le monde en prend pour son grade. Les dernières minutes laissant même sous-entendre qu’ils ne sont pas les seuls coupables. Choisissez votre camp mais sachez que cela sera un choix par défaut.

Et pourtant ces outrances trouvent leur justification dans cette description romancée. On a ici affaire à du réel métaphoré qui permet de s’éloigner du sacro-saint polar et de se rapprocher du film d’action jouissif, métaphorique et suggestif.

Une description exagérée qui tranche avec la première partie, plus réaliste, qui contextualise les conditions dans lesquelles vivent ces Joseon-Jok (des sino-coréens qui pourraient rappeler la position des gypsys en Europe). On pourrait revenir sur ce sujet du film, sur l’immigration, le commerce qui en découle, les conditions d’accueil, le racisme ambiant… mais je crois que le fait de scinder le film en deux, fait qu’on n’a plus besoin de s’y appesantir. Les outrances de la deuxième partie homologuent finalement cette misère sociale. Le film n’est pas politique, ou d’une morale bien pensante, non, il se contente de décrire et c’est au moins aussi fort. Seule peut-être la comparaison de Myun et de son clan à des animaux (loups ? chiens enragés ?) peut prêter à discussion.

Bref, un film devant lequel on ne s’ennuit pas, d’une très bonne facture technique et scénaristique. De bonnes trouvailles naratives comme ces flashback et flashforward qui ne se contentent plus de traiter du  »vrai » mais englobent tous les champs du possible. Procédé laissant planer encore un peu plus le doute. Et une fin tout ce qu’il y a de plus parfait et noir. C’est quand son prochain film ?

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PS

L’affiche de The Chaser :

The chaser




L’an 1 des débuts difficiles

15102009

Chassés de leur tribus parce qu’ils l’ont faite brûler, Zed et Oh se voient obliger de courir le monde et d’emmener la poisse avec eux.

l an 1 des debuts difficiles

Harold Ramis, à l’exception des conceptuels Un jour Sans Fin et Mafia Blues, n’a jamais véritablement brillé par des comédies mémorables, n’en déplaise à ses fans (ça doit exister). C’est donc sans attente particulière que l’on regarde son dernier projet.

L’attrait majeur du film c’est évidemment ce touche à tout de boule de nerfs de Jack Black, secondé par la jeune génération de comique, Michael Cera, Christopher Mintz-Plasse, David Cross (pas si jeune que ça ce dernier je l’accorde). Car du côté scénar (en attendait-on véritablement quelque chose ?) c’est l’encéphalogramme plat, une suite de situations dans diverses époques, plus ou moins drôles et assez mal mis en scène. Et pour ceux qui diront « mais qui es-tu pour dire que c’est mal fait ? », je dirai que si ce n’est pas mal mis en scène c’est au moins très mal mis en valeur. Un bonne vanne, on la travaille et on la bichonne.

Du côté du style de comédie, le vieux Harold n’arrive pas à rivaliser avec les productions du moments dont il tente pourtant de s’inspirer. Il s’essaye bien par moment à un humour plus osé que celui dont on le connaît en avoir l’habitude, mais tout ça ne fait pas très à l’aise. Un peu comme des vêtements de mode, ça parait joli mais ça ne va pas à tout le monde.

Au final, un film (et ils sont nombreux dans ce cas de figure) qui malgré un bon départ ne fait que s’essouffler, pour finir tout aplati, comme ses décors.

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Smokin’ Aces – Mise à prix

31082009

Buddy Israel est un magicien qui flirte dangereusement avec la mafia, à tel point qu’il se prend au jeu et se voit pousser des ailes. A l’heure où son business s’effondre et que la mafia souhaitent le dézinguer, le FBI veut lui mettre la main dessus avant une armée de tueurs à gages alléchés par une mise à prix de 1 million de dollars.

Smokin' aces

Film dans la mouvance gangsta cool (Ocean’s 11 – Get Shorty) par le réalisateur de Narc. Le réalisateur d’un bon polar réaliste peut-il réussir dans l’invraisemblable, le tout action tout divertissement, ou va-t-il tenter de marier les deux et faire sa propre soupe ?

On le sait dans ce genre de film, les points forts sont dans l’accumulation excessives de ce qui serait un point faible dans n’importe quel autre métrage. Personnages stéréotypés et inintéressants, histoire rocambolesque, dialogues bas de gamme… Mais souvent on pardonne, la donne est connue dès le début, il n’y a pas tromperie sur la marchandise, on est là pour un gros film qui fait du boum boum pan pan. Et sur ce point là on est servi.

L’intérêt de ce film en particulier est cette confrontation inévitable entre ses personnalités hautes en couleur (les tueurs à gages nazis, blacks, le solitaire bien bourrin…), la mise en scène est faite pour que l’on ne sache pas qui va réussir la mission, quand et comment sont deux autres questions dont on laisse le soin aux scénaristes de nous étonner.

Mais cette confrontation arrive malheureusement trop tôt, d’autant plus qu’elle est trop courte et nous laisse terminer ce film sur des délires scénaristiques pompeusement mis en scènes, où l’on tente de faire croire aux plus naïfs d’entre nous, que trois rebondissements et deux révélations tardives font un bon scénario. Un film qui tente de péter plus haut que son cul, ça marche une trentaine de minutes mais sans acteurs, sans scénario et sans mise en scène ce n’est pas facile. Le changement de genre a été fatal à  Joe Carnahan.

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Gomorra

14012009

Jean Paul Sartre disait « L’enfer c’est les autres », et on serait tenté à la vision de Gomorra de préciser, l’enfer c’est les autres surtout s’ils habitent à Naples. Gomorra fait référence à la genèse où la ville de Gomorrhe fût détruite par dieu en raison des péchés des hommes. Dans le film « l’histoire » se reproduit, mais désormais les hommes ont remplacé dieu, et Naples, Gomorrhe. 

Gomorra

Disons le tout de suite, la vision est crépusculaire, les personnages saisissants, les décors surréalistes, c’est une plongée saisissante comme on en voit peu au cinéma. Tout cela est-il réaliste? Quand bien même cette vision ne serait que fiction, on sent l’auteur derrière chaque plan, Matteo Garrone aime ses personnages, il les filme en gros plan, la caméra à l’épaule, ici rien de gratuit, le style est épuré, pas de longs discours, 2 balles de M16 vallent mieux que cela.

On assiste à l’entrée dans la mafia, une famille où l’on n’arrive pas sans avoir verser de la sueur, des larmes et du sang; la sortie se fait de la même manière, avec des larmes, des armes et du sang. Tous coupables et tous innocents à la foi, vous lirez de-ci de-là qu’il y a un trop plein de personnages, que cela nuit à l’action, à la narration. Je crois au contraire que ces personnages sont indispensables les uns aux autres. Une vison plus lisse en atténuerait le propos. Le discours est pessimiste et l’inculpation de trois acteurs du film n’est là que pour le confirmer.

Un grand film.Vraie Valeur

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2008 

Filmo du même auteur :

- L’étrange Monsieur Peppino – 2002 – La belle et la bête aux relents de soufre.

Filmo similaire conseillée :

- La cité de dieu- Fernando Meirelles, Katia Lund – L’adage : nous ne sommes que le produit des gens et des lieux fréquentés, n’a jamais été aussi vrai. A VOIR !

Filmo faussement similaire :

- La haine – La misère version papier glacé ça fait toujours mieux vendre forcément. Rien d’étonnant pour un réalisateur qui n’hésite pas à aller se parapapetitienner pour du parfum 




Il divo – Filmer n’est pas jouer

13012009

L’histoire de Giulio Andreotti alias Il divo que l’on suit quelques années des 50 qu’il passera proche du pouvoir. Entre cynisme, magouilles politiciennes et mafia.

Il divo

Que dire du film? Les liens supposés avec la Mafia ne sont, à l’image de la réalité, que trop peux développés et pour être honnête on se désintéresse vite de l’histoire.

Ce biopic qui aurait pu, aurait du, se transformer en portrait à charge finit même par la talent de son acteur principal à se transformer en une quasi-hagiographie. Où comment un acteur investit, un sujet potentiellement brûlant et un mise en scène alerte, ne suffisent pas toujours, quand il n’arrive pas qu’ils se parasitent.

On finirait presque par souhaiter que le réalisateur Paolo Sorrentino, délaisse un peu sa mise en scène talentueuse mais tapageuse – la présentation du clan Andreotti au début du film est en cela symptomatique, on se croirait dans un clip MTV, l’ironie est évidemment de mise mais la crédibilité du film en pâtit.

Le film obtiendra le Prix du Jury au Festival de Canne 2008, récompensant plus finalement, un cinéma Italien qui depuis 10 ans essaye de renouer avec ses illustres prédécesseurs néo-réalistes. Les films se font plus engagé, le public semble suivre, alors certes tous les films ne sont pas du même niveau, mais la qualité des réalisateurs est évidente (Nani Moretti, Paolo Sorrentino, Matteo Garrone…). On en espérerait presque une contamination du cinéma français.

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