Eating Raoul

5042012

Suite à un meurtre accidentel et passé inaperçu, un couple commence à tuer des échangistes, des partouzeurs pour récolter un peu d’argent. La pratique semble fonctionner et leur petit manège commence à prendre de plus en plus d’ampleur.

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Mettons les choses au point tout de suite, Paul Bartel le réalisateur d’Eating Raoul, c’est le mec à qui l’on doit Death Race 2000. Amen. Film culte (pour une fois que le terme n’est pas galvaudé) parmi les cultes. Ceux qui vous classent un homme, quand bien même il ne ferait plus rien après. La postérité en un seul long métrage. Ça le fait.

D’un point de vu stylistique, le style Bartel n’est pas sans rappeler celui de John Waters. Outre le manque de moyen criant de chaque plan, ce film est ultra-vivant, ça part en live, c’est très drôle, très méchant, totalement irrévérencieux et la pastille moins de 16 ou moins de 18 n’est jamais très loin. Ami de la provoc allez-y ce film est pour vous, l’humour noir dans ce qu’il fait de mieux. Comme Waters donc, la frontière entre le bon et le mauvais gout est sans cesse suggérer (que ce soit pour les pratiques sexuelles ou pour cet oenologue qui ne rêve que de vin raffiné) modifiée, déplacée, si bien qu’on jamais certain de comprendre à l’avance le déroulement des opérations. Quand le cinéma peut (pouvait) apporter une part de surprise, il ne faut jamais la refuser, car on ne sait malheureusement jamais quand une telle occasion pourra se représenter.

Le non sens n’est jamais trop loin non plus, les personnages sont bigger than life, leurs réactions exagérées, bref on est complètement dans le cinéma de la perversion et anti-conventionnel par excellence. C’est naturellement ce qui fait le charme du film, et qui en déroutera un grand nombre. Le comparer aux autres le rend pourtant meilleur et lui donne une raison propre d’exister.

La carrière de réalisateur de Bartel déclinera irrémédiablement par la suite. L’anticonformisme ça n’a jamais trop payé pas au pays du billet vert.

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Young Adult (contre)

23032012

Ce post aurait pu être intitulé: POUR ou CONTRE Jason Reitman

Le réalisateur, Jason Reitman c’est le gars à qui l’on doit les mémorables JUNO et IN THE AIR. Autant vous dire qu’il est difficile après cela d’avoir un avis objectif, et de regarder ses films avec une quelconque sympathie. Mais à cause de la jurisprudence Adrian Lyne (Echelle de Jacob, et oui) on se doit quand même de zieuter ce qui passe du côté des réalisateurs never been avec un peu plus de compassion et de tolérance. Le fait que Charlize Theron participe au film est en revanche totalement étranger à cette décision. Ok elle est pas trop moche, ok elle joue pas trop mal, mais ça s’arrête là.

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YOUNG ADULT, c’est tout Reitman en un seul film. Une idée pas trop con, très dans l’air du temps (donc volontairement accrocheuse), 1 ou 2 acteurs bankables et puis une foule de stéréotypes et de raccourcis qui font qu’on ne peut décemment pas aimer ce qu’il fait. Le personnage joué par Théron est effectivement intéressant mais ceux qui l’entourent ne sont jamais au même niveau. C’est très dommageable car c’est pourtant ce qui donne le relief et évite cette sensation permanente de flou non maitrisé. Le monde de reitman est simple et simpliste et ne se résume au final qu’à cet unique degré de lecture.

La où je rejoindrais la critique précédente c’est que tout se joue dans l’ultime dialogue, ou plutôt ne se joue pas, on peut parler de cynisme, oui, celui de n’apporter ni solution, ni point de vue. A une phrase prêt, le film aurait presque pu marcher (je vous laisse deviner laquelle), à une phrase prêt on évitait le fiasco, le pathos, on excusait les répliques devinées 3 plans avant… Mais il a beau toujours tenter de pointer du doigt, Reitman n’est en fait qu’un donneur de leçon bien traditionnel derrière cette impertinence de façade se cache toujours la plus mièvre des approches qu’il soit. Ce cinéma là est le cinéma du conformisme de l’ouverture des portes ouvertes et de la fermeture des cerveaux.

Comme tout bon commerçant Reitman a parfaitement segmenté sa cible, la clientèle est là, ne reste plus qu’à lui servir la bouillie diarrhéique enveloppée d’une Charlize Theron vêtue de ses plus beaux apparats. Vous avez entre 25 et 35 piges, vous habitez en ville où à la campagne, vous regrettez votre adolescence car elle est révolue ou parce qu’elle vous a blessé, et bien bingo vous êtes dans le coup, le film parle de vous.

Le plus dur d’en l’histoire ? Le film n’est pas amusant. Ne pas amuser, ne pas faire réfléchir, ne pas élever le spectateur mais le contraindre à geindre sur un passé révolu aux fragrances naphtalinées. Faire de sa vision étroite du genre humain un universalisme assez conservateur.




Balada Triste

12072011

Espagne,1937. Pendant que la Guerre Civile espagnole fait rage, un cirque ambulant tente de survivre. Pendant cette période tragique, deux clowns vont s’affronter jusqu’à la mort par amour pour une belle acrobate

Balada Triste

Bon, cela a déjà été dit, mais Alex de la Iglesia est quelqu’un de très apprécié par ici. Alors quand sort son dernier film, et que celui-ci est probablement le plus ambitieux qu’il n’est jamais réalisé (on est aux antipodes du conformisme sympatoch de Crimes à Oxford), pas la peine de vous faire de dessin, on court vers la salle de cinéma la plus proche et puis, puisqu’on en ressort lessivé, on le télécharge pour le revoir une nouvelle fois. Car dans Balada Triste, il y a tout. Je serai bien en peine de vous dire de quel genre il se proclame, car je crois qu’ils sont tous représentés. Film d’amour, film historique, film d’action, film d’horreur, film gore ou film comique ? Il y a un peu de tout ça. Et réussir cela avec le budget d’un épisode de Docteur House c’est possible ? Apparemment oui, mais il faut s’appeler de la Iglesia.

Balada Triste, c’est la rencontre entre 2 de ses précédents films, Mort de Rire et Action Mutante. Rajouter des scènes faisant références à Freaks, Brazil, King Kong, ou un maquillage digne du Joker et vous avez là l’OFNI du moment. Pas la peine de revenir sur le contexte historique du film, la guerre civile, ces 2 clowns qui s’affrontent… Non pas ce que cela n’est pas d’importance, bien au contraire, les images d’archives rajoutent une sévérité à l’ensemble, mais la symbolique est assez évidente. Comme Kusturica avec Underground, ou encore Guillermo Del Toro et certaines de ses oeuvres, histoire et Histoire se nourrissent et se répondent.

L’atmosphère recherchée est tout simplement géniale car unique. Faut-il kiffer ? avoir peur ? ou se marrer ? On ne sait jamais, les personnages sont imprévisibles. De la Iglesia, n’est jamais aussi à son aise qu’avec des personnages hauts en couleurs comme le sont ceux de ce cirque. Personnages à multiples facettes, parfaits représentants d’une Espagne d’une certaine époque.

Parmi les réussites notons ce générique qui vous lance le film en pleine gueule, avec une image de Franco et une autre de Frankenstein, il arrive à vous mettre dans l’ambiance de ce que sera l’heure et demie suivante. Difficile également de ne pas parler de l’actrice principale qui vous ôtera le sommeil pour de nombreuses nuits. On pourrait également disserter sur ces images stylisées, cette ambiance sonore immersive (exception faite – pour le public français – de la reprise de Cabrel) ou encore de la fin parfaite, inquiétante, dérangeante mais pourtant inévitable du film.

Comme tout film trop riche (en contenu) Balada Triste a le défaut de ses qualités. Certaines scènes, principalement celles d’action sur la fin, dénotent quelque peu et font flirter l’ensemble avec le grand guignol. Mais Balada triste, c’est autre chose, ça tient au corps, au coeur et encore. Le film garde cette touche irrévérencieuse et provocatrice de son auteur, et si certaines  »fautes de gout » l’empêchent de ne jamais devenir grand public, et bien tant mieux. De la Iglesia, qu’il reste comme il est, avec ses défauts certes, mais avec cette fureur de filmer. On en a tellement vu se policer, qu’on ne lui souhaite qu’une chose : ne pas suivre le même chemin.

Il est à parier que plus d’un spectateur non averti se trouvera totalement désarçonné. Car si certains plans (plans de grue notamment) sont très typés américains, la narration, l’histoire, l’évolution des personnages suivent-elles, un tout autre chemin. Le film est moins facile car il déroute, on s’interroge sur les réactions des uns et des autres; cela ne va pas dans le sens habituel et, lobotomisé que l’on est, cela nous dérange. Et bien rien que pour ces outrances, Balada Triste vaut le détours.

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L’agence

4072011

David Norris est un jeune homme politique de talent. Précoce et impulsif, il est promis à un brillant avenir politique. Sa rencontre (fortuite ?) avec une jeune et jolie jeune femme va le bouleverser. Il est alors prêt à tout, même à tout quitter. De curieux hommes avec des chapeaux (lol ?) ne l’entendent pourtant pas de cette oreille là.

L'agence

Une bonne idée, du potentiel et … du conventionnel. Voila toute la trame du film, et toute la déception qu’il crée également.

De cette histoire que l’on devine trop facilement, à cette morale à très forte teneur en guimauve (l’amour a raison de tout et même du destin… c’est beau, non ?) en passant par quelques ratages visuels majeurs, il y a trop de détails tuent le film. Comment croire et se sentir captivés par ces chapeaux qui vous font voyager ? Par ses livres aux arborescences évolutives ? Sans oublier les gars de l’agence qui sont tout autant des agents Smith que des Men In Black. Trop d’éléments qui plongent cette SF dans le ridicule. On est loin de Blade Runner, mais bon le problème est plus une question de réalisateur et de choix visuels, qu’autre chose. Une trouvaille c’est bien, mais quand on y croit pas, c’est pire que tout.

Adapter K Dick ça ne suffit pas toujours. Engager Maaat Daaaaamoooon (de plus en plus cruisien) ça ne marche pas plus. Le film aurait gagné à être plus mystérieux, à s’intéresser plus à la politique, à s’axer véritablement sur la SF. Au lieu de ça, on a une bluette. C’est tout à fait regardable, mais l’ambition n’est pas là. Le film ne fera pas date, c’est de toute façon une certitude.

Dommage, cette bataille pour le libre arbitre méritait mieux. On pourra toujours arguer (les fans de complot en premier) qu’il y a là une métaphore évidente sur notre vie de tous les jours. Une invitation à sortir des sentiers battus etc… Mais les sentiers battus, à un moment c’est au réalisateur de nous montrer la voie. Chose qu’il ne fait pas. Quand on est  »que » vaguement engagé, le message qu’on souhaite passer, il faut l’enrober d’un peu de chocolat. Car sans  »fun » et sans divertissement, le sérieux rappelle toujours à l’ordre, et la décrédibilisation n’est jamais très loin.

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X-Men : le Commencement

30062011

Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon.

Dans le genre préquelle, X-Men le commencement est ce qui se fait, peut-être pas de mieux, mais au moins de plus regardable. Forcément dans ce genre d’exercice, et à l’image d’un Star Wars 3, on attend de comprendre, et même mieux, de voir, pourquoi tel (Vador) ou tel (magnéto) personnage a basculé du côté obscur. Déjà , et rien que pour cela, à la condition naturellement d’avoir jeté un oeil aux précédents épisodes, cette préquelle est tout à fait digne d’intérêt. Chaque évènement, aussi insignifiant soit-il, peut être à l’origine de quelque chose qui le dépasse. C’est le commencement, et un commencement c’est toujours intéressant.

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L’autre point positif, c’est son contexte vaguement uchronique. Je dis vaguement car la trâme historique est connue (la guerre froide) et bien calquée sur ce qui s’est passé. L’action des mutants exceptée. Cette contextualisation prend sa source lors de la seconde guerre mondiale et dans l’horreur des camps. Soit des thèmes que Bryan Singer (réalisateur des 2 premiers épisodes) n’aurait pas renié.s Il est de toute façon crédité au scénario, autant dire que son ombre plane tout le long du film.

Enfin, pour terminer sur les louanges, il faut mentionner un casting qui bien que composé de (plus ou moins) nouvelles têtes, ne devrait pas tarder à faire parler de lui. Et pour longtemps. Avec les Fassbender, McAvoy, Lawrence, Jones ou Byrne, c’est tout le futur Hollywood qui vous sourit. Kevin Bacon (excellent médecin nazi) étant le parfait passeur de témoin.

Sur le fond, les questions posées par les précédents opus sont toujours là, la génétique, l’acceptation de soi, des autres, le communautarisme, la peur, ces instincts primaires toujours guerriers… Autant de thèmes riches et passionnant à exploiter. On vous rassure ce n’est pas non plus un cours magistral de philosophie et de géopolitique. Matthew Vaughn que l’on avait quitté avec Kick Ass, nous revient donc assagi. Soit que les critiques (justifiées) sur son précédent film ont porté leur fruit, soit que le poids d’une franchise ait eu raison de sa fougue et de ses tics visuels.

Bref, entre son réalisateur nouvelle vague (façon Snyder), ses thématiques ou encore son implication dans le réel, la comparaison avec Watchmen est plus qu’évidente. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que ces deux films fassent partie des meilleurs films de super-héros grand public sortis récemment.

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Black Death

4102010

Un moine et un prêtre mercenaire sont à la recherche d’un nécrologiste dans un village où, parait-il, les morts reviennent à la vie.

black death

Cinéaste new generation, plus habitué aux séries B et autres productions horrifiques, Cristopher Smith pour se nouveau projet tente l’aventure moyenâgeuse avec ce film épique d’époque. Apporter du modernisme de part ses goûts et sa réalisation à un film en costume (Le Parfum de Tom Tykwer est dans la même catégorie) surprend toujours, ce n’est pas le cocktail le plus aisé et le spectateur n’est que peu indulgent face à certaines fautes de gout. Pour faire simple les thrillers moyenâgeux, c’est un pari risqué. Moins risqué qu’un Doomsday mais risqué quand même.

Ça s’était pour les préjugés d’avant visionnage, qui, comme souvent, s’avèrent assez rapidement faux. Car s’il faut reconnaître une qualité au film, d’autant plus quand on connaît les précédentes  »oeuvres » de  »l’auteur » (Creep, Severance et Triangle - la qualité va crescendo), c’est cette quasi sobriété. La caméra est bien un poil trop branlante, mais ça reste du cinéma presque conventionnel. C’est correctement joué, ce n’est pas verbeux et on ne sait jamais de quel côté cela va pencher. S’il est moins hermétique et moins ambitieux (artistiquement) qu’un Vahalla Rising (avec lequel on pourrait trouver certaines similitudes : des mercenaires/missionnaires, une terre inconnue, une quête …), il est par contre plus accès large public.

Malgré cela, il reste toujours cette patte C. Smith, avec cet univers pessimiste peuplé de mondes sans échappatoires. La question des religions et des différentes croyances n’étant par ailleurs pas si mal traitée que cela.

Une bonne surprise. Le cinéma de genre dans une évolution qu’on apprécie.

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