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Breaking Bad

19052010

Walt est un prof de chimie comme un autre, il a sa petite vie pépère, quelques tracasseries par ci par là, mais rien de bien grave. Tout change pour lui le jour où un cancer du poumon lui est diagnostiqué. Comment faire pour mettre sa famille à l’abri le jour où l’inévitable arrivera ? Il se décide à fabriquer de la méthamphétamine, au diable la morale, seul compte sa femme et son fils.

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Assez peu enclin à regarder des séries Tv, et encore moins à les chroniquer, il faut avouer que cette dernière est d’un niveau supérieur à bon nombre de films actuels. Sur un pitch qui fait penser à la très-très moyenne série Weeds, Breakind Bad s’émancipe de tout cela pour décoller lors de la seconde saison (la première ne comporte que 7 épisodes). Car l’on ne se contente pas de rentrer dans le milieu de la drogue, mais aussi au coeur d’une famille, où l’excellent Bryan Cranston (mais si vous savez le père de la série Malcolm) multiplie les facettes pour finir par se perdre lui même. Breaking Bad ou comme aimeraient dire nos amis d’NTM « ou quand tout part en couille ». Car là est bien l’intérêt de cette série, creuser une descente aux enfers qui n’épargne rien ni personne. Avec son langage cru, ses scènes chocs,  et un propos licencieux, les amoureux de la bonne morale et du formatage habituel s’en trouveront heurtés.  Les plans savent durer, les silences existent, les non dits sont importantissimes. On comprend rapidement qu’on n’est pas en face d’une série lambda. Passez le milieu de la seconde saison et vous toucherez au sublime. La drogue (sa fabrication et tutti quanti) que l’on penserait pivot de la série, laisse place à cette passionnante relation entre Walt et sa femme. On se trouve alors à des années lumières du « fumer des pétards c’est cool » de Weeds.

La série et ses créateurs (Vince Gilligan, co-producteur et scénariste d’X-Files) n’épargnent pas non plus le système de santé, le message est clair : T’ES PAUVRE ALORS TU CREVES. On appréciera (et cela parait tellement vrai de toute façon) les pétages de plomb de Walt face aux institutions (au lycée lors d’un cérémonie d’hommage à des victimes, face à un flic qui l’interpelle et avec qui tout dialogue est impossible). L’honnêteté ne paye pas, elle vous force à vous écraser, à vous frustrer chaque jour un peu plus. Walt comprend cela le jour où il n’a plus rien à perdre, où la mort frappe à son casier. S’ensuivent des passages répétés entre obscurité et clarté qui tellement incompatibles qu’elles sont, ne feront qu’enfoncer un peu plus le personnage. Pas la peine d’en faire des tonnes, vous l’aurez compris, Walt est un des personnages le plus intéressants vu dernièrement. Un homme amoureux, fier, menteur, et de toute une panoplie de sentiments dans toutes leurs complexités.

Le message est donc pour le moins sombre et comme il faut bien égayer l’ensemble, la série est ponctuée de personnages secondaires et de situations tout droit sorties de GTA, on pensera à l’avocat véreux ou aux associés dealers de came. Ce n’est peut-être pas la plus grande des réussites mais ça à le mérite d’éviter de tomber dans le glauque. L’article touche à sa fin (ne me demandez pas comment peu-on prévoir qu’un article touche à sa fin, si ce n’est quand on a plus rien à dire ! – ce qui n’est naturellement pas le cas) et je n’ai pas même évoqué les introductions d’épisodes qui constituent en elles même des petits instants artistiques à la fois novateurs et énigmatiques.

Un homme désabusé dans une Amérique en pleine crise, Breaking Bad une série à découvrir.

vraivaleur.bmp

PS. Existe-il un acteur ayant joué plus de fois en slip que Bryan Cranston ?







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