Sur la Route

4112012

Les tribulations de Sal à travers l’Amérique des années 50 et à travers un être qui le fascine autant qu’il l’inspire, l’imprévisible Dean Moriarty.

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Il existe deux façons d’adapter un livre. Faire le copier/coller le plus proche de l’oeuvre pour ne pas insatisfaire les lecteurs adorateurs du bouquin, ou alors tenter de transcender, d’apporter un regard neuf, enfin d’essayer d’en faire quelque chose de moins statique. Mais à y bien réfléchir, parfois, rendre hommage c’est peut-être la pire chose qui puisse être faite.

Sur la Route étant malheureusement un des rares livre que j’ai eu l’occasion de lire, je le redis, mais, malheureusement, cette adaptation de Sur La Route est d’une fadeur qui confine à l’indigence. D’une oeuvre dense et rythmée, Walter Salles en fait un film long et lent. Cette merveilleuse écriture, ces fantastiques tirades sont délaissées au profit d’une succession de scénettes dans lesquelles des acteurs à contre emploi tentent d’exister mais ne font que réciter un texte trop grand pour eux. Les grandes lignes du bouquin et les petits détails sont présents mais ça ne suffit en rien à en faire un bon film.

Car à la subversion, à l’esprit de liberté, à cette ode à la folie furieuse et joyeuse, Walter Salles ne rend clairement pas hommage, pire il trahit l’essence même de son inspiration en en faisant un objet plat, qui suit à la lettre le plan qu’il s’était fixé . Le peu de magie qui restait finit par s’évaporer, Kerouac faisait souvent allusion au « it » des Jazzman, cet instant unique où le temps s’arrête, où mieux que ça d’ailleurs, où le musicien finit par le contrôler. En regardant ce film on se rend bien compte qu’il y un monde entre maîtrise et banale adaptation, Salles n’a pas trouvé son IT.

L’oeuvre a toujours été jugée inadaptable, et malgré le savoir faire du réalisateur, dont pourtant certains films auraient pu se rapprocher de l’esprit BEAT (Central do Brasil, Carnets de Voyage), la prophétie semble s’être réalisée.

Il n’y a malheureusement qu’à regarder la tronche des acteurs pour ce rendre compte que la partie était perdue d’avance. Dean Moriarty, est un personnage solaire, un mythe presque, un voleur de bagnoles de haut niveau, un buveur invétéré, un dragueur infatigable et au lieu de quoi on se retrouve avec Garrett Hedlund. La comparaison photographique ci-contre est d’ailleurs assez édifiante. De deux vagabonds on nous a fait 2 fils à papa BCBG.

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Le pire dans tout cela, c’est que si vous n’avez pas lu le livre, vous ne voudrez probablement jamais le lire.

On The Road, par W.S. n’est q’une publicité mensongère.

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Terra Nova

1112012

En 2149, la vie sur la Planète Terre est menacée d’extinction à cause de la pollution rendant l’air irrespirable. La végétation a presque complètement disparu.

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Etre coincé dans un fauteuil un samedi soir avec pour seule échappatoire M6, je vous raconte pas la galère. Aussi quand on vient vous aguicher chaleureusement pour vous vendre la série EVENEMENT, celle que Steven, le grand Spielberg, celui qui fait des dinosaures, des requins et tintin, cette série qu’il a décidé de produire, et bien on se dit pourquoi pas et on se lève du fauteuil pour aller se décapsuler une bonne canette chaude de red-bull. On n’est jamais complètement naïf, mais bon, la diffusion d’Hollywood Girls 2 n’est que le samedi, il faut bien s’occuper que voulez vous.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une série comme ça, on en a pour son pognon, plus qu’une série, les créateurs réussissent le tour de force d’accumuler plus de références que dans un film de genre français. Car tenez vous bien, avec dans une première partie futuriste qui emprunte grassement les plans de Blade Runner, puis qui suit un déroulement proche de Soleil Vert, « oh une orange ! ça ressemble à ça une orange ? », on ne perd jamais une seconde et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire on se retrouve dans Lost vs Jurassik Park. Il fallait bien justifier l’apport commercial de Steven, et les dinosaures en sont les plus beaux arguments. Il a beau n’être qu’un des 10 producteurs exécutifs, l’ami Spielberg, on aime le citer et même emprunter sa sempiternelle volonté de toujours tourner autour des bonnes vieilles valeurs familiales (votez républicain !).

Mais passons, Lost c’est terminé, Jurassic Park c’est de la paléontologie, il fallait quand même coller plus aux réalités du cinéma contemporain, alors on cite donc Avatar, on déambule dans l’écolo branchouille (on vote républicain, mais on roule en prius !). Et pourtant non, ça ne suffit pas et bam, back to the futur ! On repart sur des valeurs sures, du Verhoeven (Total Recall ou Straship Tropers c’est à vous de voir), on lorgne vers la Planète des Singes, on est emporté par cette lancinante musique qui servira un jour pour le prochain Steven Seagal à moins que ce ne soit le American Pie à la maison de retraite, où Jason Briggs subit une ablation des testicules.

Enfin bref, après 4 écrans pubs, 12 incrustes Terra Nova et la disparition des effets du red bull, on va se coucher soulagé, car faute d’avoir assisté grelotant à la sortie de l’I-Phone 5, on en aura au moins fait un des 2 évènements de l’année.

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Chronicle

21052012

Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire…

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Chronicle, c’est le Cloverfield des super héros. Une cam qui bouge et un prétexte en carton pour tout filmer avec, être dans l’ère du temps, et faire économiser pas mal d’argent aux producteurs. Qui s’en plaindrait ? Voir un monstre filmer par un téléphone portable, ça a de la gueule, c’est vrai. Des gens qui ont des super pouvoirs, un peu moins mais bon. On est pas des spectateurs cyniques, on se lance dans l’aventure.

Il n’y a pas grand-chose à dire sur ce film. Il remplit un contrat qui est majoritairement validé par la façon de filmer, comme il est dit plus haut. Ce genre de long métrage a avant tout un intérêt visuel, un peu comme la 3D en fait (on attend un cloverfield like en 3D d’ailleurs – que fait jj abrams ??).

L’histoire de chronicle est faiblarde, il faut le dire. Preuve en est la façon dont les persos récupèrent leur pouvoir, qui est absolument risible. Ensuite, nous avons quelques séquences Youtube qui valent bien ces joueurs de foot américain qui lancent leur ballon dans une poubelle à 200 mètres de distance. Et puis on a un peu de dragon ball Z à la fin, mélangé à la scène final du dernier matrix ; une scène dont il est difficile de ressentir de l’émotion tant les personnages sont lisses.

Le film est moyen mais la caméra bouge alors ça se regarde, on dirait qu’il y a du rythme. Et qui n’a jamais rêvé d’être un super héros ?

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Avengers

20052012

Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l’organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents.

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Avec semble-t-il le plus gros démarrage au box office US de tous les temps, Avengers a fait le pari, additif, de joindre 4/5 super héros  comme autant d’agents multiplicateurs de dollars. Et si cette entreprise au long cours (avec pour préliminaires Thor, Hulk 1 & 2, Iron Man 1 & 2, Captain America) ne devait se résumer qu’à une seule équation ? Quelle serait-elle ? Avengers – Iron Man < ou = 0.

Car malgré les formes généreuses de Scarlett (même si la vrai nana du film est Gwyneth) et les effets visuels sympatoche qui accompagnent Hulk dans ses belles oeuvres (assez jouissif reconnaissons-le) le film ne serait pas grand chose sans Iron Man et son interprète. Acteur évidemment plus charismatique que Chris Evans (Captain America), mais aussi personnage heureusement là pour apporter une touche d’ironie et de cynisme dans cet univers trop simplet pour résister au sérieux. Pour rappel les gentils tentent d’empêcher les méchants de faire péter la belle planète bleue. Ça resterait au ras des pâquerettes si Iron Man n’utilisait pas ses réacteurs pour faire récoler un peu l’ensemble.

Film étonnement encensé, il n’est pourtant clairement pas le film du siècle, clairement pas le meilleur film de super héros , mais un divertissement honnête qui semble plaire tant aux fans qu’aux profanes, la réalisation musclée étant surement son principal atout.

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2 Days in Paris.

3042012

De retour d’Italie, Marion, la française, et Jack, l’américain, s’arrêtent 2 jours à Paris chez les parents de cette dernière.

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2 Days in Paris, c’est super frais, super rythmé (on croirait du Bref en bien et avant l’heure) et surtout super bien écrit, il n’y a qu’à voir les dialogues aux petits oignons pour le comprendre. La réalisatrice, scénariste, productrice, compositrice et actrice, Julie Delpy, est décidément très talentueuse, difficile de dire d’elle que ce n’est pas une artiste accomplie (contrairement à d’autres acteurs ayant des velléités de réalisation). La Comtesse en était pourtant une preuve magistrale, 2 Days in Paris ne fait que le confirmer.

Dès le départ, et cela peut effrayer (j’ai attendu 5 ans avant de voir le film), 2 Days in Paris est confronté à un problème de taille, comment traiter le sujet le plus commun du cinéma, une histoire d’amour, dans la ville la plus clichée qui soit ? La réponse est simple, avec humour, détachement et originalité. Le film puise sa force dans son énergie, sa modernité, le film est fait dans l’urgence, les plans sont sur le vifs. On est dedans et pourtant il y a une totale maitrise. Fraîcheur, vitalité et maîtrise, 3 termes pas souvent faciles à orchestrer. Mais avec cet humour corrosif que rien, ni aucun sujet ne semblent pouvoir arrêter, et bien on surmonte les pires écueils.

Et puis Delpy sait raconter une histoire, passer sur l’essentiel pour s’arrêter sur des détails qui n’en sont jamais vraiment. Comment juger quelqu’un autrement que sur sa gestion du détail ? La gestion est ici excellente et témoigne d’une compréhension et d’une restitution de l’humain supérieure à la moyenne. Une chose ne trompe pas, et cela prouve l’intelligence de JD, c’est la facillité avec laquelle elle arrive à faire coexister 2 langues, 2 pays et plusieurs nationnalité. Il n’y a en général rien de plus casse gueule (en général casting international = foirage en règle) et elle sort avec les honneurs (on passera sur quelques seconds rôles assez moyens).

Au final, regarder 2 Days in Paris c’est comme regarder un Woody Allen dans lequel le couple serait joué par Woody (génial Goldberg en amerloc hypocondriaque) et Larry David (JD pour cette prestation haute en engueulades en tout genre). A se demander si JD n’est pas la réalisatrice la plus intéressante en France, à se demander si je vais pas aller voir 2 Days in NY au cinéma ?

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John Q

20032012

Le jour où son fils est emmené d’urgence à l’hôpital suite à un malaise, le monde de John Q. s’écroule. Pour avoir une chance qu’il survive, l’enfant doit subir une transplantation cardiaque. La famille n’a malheureusement pas l’argent pour couvrir les frais de l’opération. John décide alors de prendre l’hôpital en otage.

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John Q pose une question fondamentale du cinéma, le talent est-il héréditaire ? Me viennent à l’esprit 2 exemples bien précis n’allant pas dans ce sens là. Le premier, et c’est probablement le meilleur, c’est le cinéma français, plus consanguin que lui tu meurs et pour quel résultat ? Je vous laisse apprécier par vous même. Le second exemple est celui de la famille Cassavetes et du rejeton de John et Gina Rowland, Nick Cassavetes. Son père magnifiait les acteurs, privilégiait l’improvisation et rendait à la nature humaine tout son intérêt. Son fils est en ce point assez éloigné du padre.

Il n’y a qu’à regarder John Q pour se rendre compte que malgré toute les meilleurs intentions du monde (dénoncer le système de santé US et son président du moment G.W. Bush) et malgré l’acteur black américain le plus cool (Denzel Washington) on évite pas certains clichés pour finir le nez dans le pathos, et finalement être dans la contre productivité absolue.

John Q c’est l’histoire donc du bon gentil gars, qui acculé par les dettes et la maladie de son gentil fils n’a d’autre solution que de prendre les armes et de se faire justice lui même, prenant en otage un hôpital public. Autour de lui, tout le monde est mauvais (on image les descriptions scénaristiques : méchant, gentil, méchant …), les médias, les flics, le système de santé… Bref c’est tellement caricatural et manichéen qu’on viendrait presque à regretter ce mauvais choix de torrent.

Le film ne fait que tirer le spectateur vers le bas en espérant lui tirer quelques larmes au passage, c’est donc assez bête et très simpliste. Heureusement que les acteurs ne sont pas aussi mauvais, Denzel et Anne Heche en tête. Probablement l’ancêtre des Maçons du Coeur.

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