Prestations d’exceptions, ou si vous ne deviez voir un film que pour un acteur

16122008

Le cinéma a cet avantage, sur d’autres arts mineurs, de ne pas se limiter pas au « bon » ou au « mauvais » mais à une somme de petits accessits tous susceptibles de justifier l’achat à prix coûtant de votre place de cinéma (car évidemment le téléchargement c’est mal !). Qu’on trouve le film ridicule, il devient un Nanar prêt à décrasser vos zygomatiques, le film est ennuyeux mais sa musique est délicieuse vous foncez sur IMDb et vous découvrez Howard Shore, vous avez le vice chevillé au corps, un plan pernicieux réveille vos ardeurs honteuses. Et parfois c’est le choc, la découverte, un acteur inconnu de vous (mais rassurez-vous, vous lui êtes aussi inconnu) crève l’écran plat de votre salon, et pourtant vous ne lui en voulez pas, vous l’aimiez bien votre écran plat et pourtant là c’est le coup de foudre, le coup de poudre aux yeux. Vos sens ne répondent plus et vous ne souhaitez plus qu’une chose c’est entendre encore une fois la moindre parole du briseur d’écran.

 

Voici une liste, qui sera amenée a être rallongée, de quelques acteurs, actrices, qui plus à travers un rôle qu’à travers une carrière ont réussi le tour de force de laisser une empreinte sur votre rétine et d’aller même jusqu’au néocortex.

Vous êtes donc vivement invités à courir les voir si vous n’en n’avez pas encore eu l’occasion.

Stefano Cassetti

Roberto Succo – Acteur est-ce un métier? Après avoir vu ce film, on se pose très franchement la question; les acteurs sont-ils des usurpateurs ou au contraire ce n’est qu’une question de vocation. Car pour ce rôle Stefano Cassetti fait ses grands débuts devant la caméra, et quels débuts d’acteur ! Oui c’est vrai, pour être acteur, c’est assez ingrat, il faut avoir une gueule et Stefano en a une sacrée! Peut être n’était ce que le rôle d »une vie, qu’importe ! Son visage en dit déjà long, à la fois charmeur et dangereux, des yeux si bleus que l’on sent le piège (Le village des damnés à côté c’est de la rigolade). Mais le meilleur reste sa voix, tremblante et tyrannique, vous pouvez être certain que s’il vous annonce qu’au premier mouvement il vous abat, vous n’avez pas intérêt à bouger le moindre cil. Le fait que cet italien parle en français apporte encore une touche plus « borderline » au personnage. A noter qu’il fût sélectionné pour les césars mais vous vous imaginez bien, « un non professionnel sélectionné pour les césars! », le Graal lui échappa (voir mon sentiment sur ce genre de compétition).

 

George C. Scott

Dr StrangeloveGeorge C. Scott n’est pas à proprement parlé un inconnu, son rôle oscarisé de Patton n’y étant pas étranger. Mais la mémoire est ainsi faite que son rôle mémorable dans le non-moins mémorable Docteur Folamour s’est fait éclipsé par la performance (multiple) de Peter Sellers. Comme si 2 acteurs géniaux ne pouvaient jouer ensemble sans que l’on n’en oublie un. Comme si Le Limier de Mankiewicz n’existait pas. La prochaine fois que vous aurez l’occasion de revoir Dr Strangelove j’espère que vous pourrez mesurer à quel point la performance (au sens français) de Monsieur Scott est actuelle et combien elle dénote de ce qui se faisait à l’époque (1964). Cela reste un ravissement de le voir s’exciter autour du bureau ovale. Encore un acteur qui ‘sait’ bouger.

 

Jodelle Ferland

Tideland - Comment une actrice de 11 ans peut-elle envisager une carrière après avoir atteint la perfection? Cette question Jodelle Ferland, va se la poser un jour. Son rôle dans Tideland frôle l’impertinence. Vous aurez peur avec elle, vous sourirez avec elle, vous avez honte, ce n’est qu’un film mais vous y croyez . Un constat s’impose malgré tout, cette jeune fille est brillante, mais elle n’a pas 10 ans, c’est une machination des studios, on a dématérialisé Meryl Streep pour la réincarner dans ce petit corps. Comment posséderait elle une palette d’émotions aussi large? Dans son cas et contrairement aux autres enfants acteurs, on comprend vite que cela dépasse la notion de palette, il n’y pas de calcul, elle ne récite pas son texte, elle le joue comme elle l’a compris. On sort de ce film, certes un peu bancal, mais conquis.

 

Vanessa Shaw

Eyes wide shut (mais aussi Two lovers) – Sous ses faux airs d’Hilary Swank se cache une actrice rare,Vinessa Shaw. Son jeu subtil ne devrait pas tarder à percer au grand jour, ceux qui sorte de Two Lovers comprendront. Ses petits regards fuyants, ses lèvres hésitantes, de LA FINESSE on vous dit. Accessoirement elle est très jolie.

 

Song Kang-Ho

Memories of murderSong Kang-Ho,les fans de ciné asiatiques protesteront en disant que cet acteur est excellent dans la majorité des films dans lesquels il est passé, qu’il n’est pas inconnu et ils auront raison ! Mais bon ça méritait quand même un petit hommage. Capable en l’espace d’une seconde de passer de l’hébétude absolue, à la rage, pour finir dans le burlesque, Song Khan-Ho est incontournable, indispensable ! Nos acteurs sur-botoxés et sur-créatéinés n’arriveront jamais à la hauteur d’un acteur qui irradie chaque morceau de pellicule. La parfaite définition d’un acteur : un corps dans un espace.

Ernesto mahieux

L’étrange Monsieur PépinoErnesto Mahieux, ce film tient sur ses maigres épaules et quelle réussite ! La fascination-répulsion qu’on est amené à ressentir à l’égard personnage est en parfaite adéquation avec l’idée du métrage. Tantôt touchant, tantôt effrayant, il finit par tomber dans la folie et l’on en vient à le plaindre. Une performance qu’on n’oublie pas avant plusieurs jours.

 Sailor et lula dern

Sailor et Lula - Laura Dern campe l’ingénue Lula dans ce monument de film. Rarement une performance aura été si théâtrale et pourtant si juste. Il n’y a qu’à voir sa façon de bouger, de dandiner son corps, de pencher la tête en fermant les yeux, à deux doigts de l’extase. Elle incarne parfaitement cette dose de folie et de marginalité qu’imposait le film. Où commence son talent ? Où se termine celui de Lynch ? Un ange passe …

Van Gogh Dutronc

Van Gogh – Avant dernier film de Maurice Pialat (le dernier grand réalisateur Français), le métrage vaut évidemment pour la performance hallucinante de Jacques Dutronc, qui campe un Van Gogh comme peu d’acteurs auraient pu le faire. On est stupéfait par tant de talent, d’autant que plus que malheureusement, et c’est presque courant en France, le reste de la distribution ne suit pas vraiment (Zylberstein exceptée).

 

Jeff Bridges

Iron Man - Bien connu des cinéphiles pour son rôle mémorable de The Duke dans The Big Lebowski, Jeff Bridges est un acteur atypique qui traîne sa grande carcasse depuis près de 40 ans. Pas forcément un adepte du starsystem, c’est pourtant sa prestation dans Iron Man qui retient ici l’attention. Rarement un film de super héros n’aura au une interprétation de ce calibre. Un méchant comme on aime en voir au cinéma, charismatique, la voix puissante et d’une apparence physique indestructible. Une prestation de premier ordre.







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