Thirst, ceci est mon sang.

21012010

L’histoire d’amour contrariée d’un prêtre vampire et d’une femme rejetée par sa famille et en quête de sensations.

Thirst

Avoir à faire avec Park Chan wook, c’est se préparer à un déluge visuel, une caméra toujours mouvante, des plans magnifiques, d’autres un peu moins, mais avec toujours en tête le besoin d’innover et de sortir des schémas classiques. Le génial auteur de Old Boy ne déroge pas à la règle avec Thirst, qui d’un simple point de vu technique mérite amplement le prix du jury gagné à Cannes. La magie au cinéma c’est lorsque l’on perd toute notion de temps et d’espace, quand de maigres bout de pellicules arrivent à vous captiver et à vous sortir de votre réalité. J’en prends pour preuve la scène avec la belle mère qui clouée dans son fauteuil essaye de livrer le nom des assassins de son fils. On en reste sans voix.

On l’a dit et redit, la plastique d’un film ne suffit pas à lui donner du crédit, encore faut-il qu’il y ait une histoire, des acteurs, une musique …. Bref tout un corps de métiers. En s’attachant les services du désormais légendaire Song Khang-Ho (Memories of Murder alias le meilleur film des années 2000, The Host, Le Bon la Brute et le Cinglé) il ne prend aucun risque à cet endroit. Mais la bonne surprise étant sa partenaire féminine, Kim Ok-vin, qui campe une maîtresse pour le moins aussi belle qu’inquiétante. Qui par son regard donne tout son sens au film.

On pourra reprocher une histoire par moment confuse (le début), une ligne directrice qui tarde à se dégager, ou de thèmes trop nombreux finissant par s’entremêler. Il faut voir cela comme un trop plein de talent et d’ambition pour un réalisateur qui ne se refuse rien (ni le sexe, ni le gore, ni l’humour). L’histoire est en fait d’une incroyable ironie, un prêtre qui souhaite faire le bien et sauver des vies se voit transformer en vampire fornicateur obligé de tuer. Tout le désarroi de l’être humain qui doté de bonnes intentions ne peut s’empêcher de ne pas les appliquer.

Un film à voir et très certainement même à revoir pour encore mieux le juger. Park Chan wook fait désormais parti de cette rare frange de réalisateurs dont on attend avec une certaine impatience chaque nouveau film.

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