Stuck

7062011

En rentrant de soirée, une infirmière un peu défoncée percute un SDF. Problème, il est encastré dans le pare brise et n’est pas décidé à mourir. Ne sachant que faire, elle décide de l’enfermer dans son garage. Car c’est bien connu, un problème qu’on ne voit plus, c’est un problème qui disparaît.

Stuck

Regarder une série B faite par un vrai réalisateur de série B, c’est se tourner vers l’artisanat, vous savez, la plus grande entreprise de France. C’est pas toujours chez l’artisan que c’est le plus propre ou le moins cher, mais au moins on sait qu’en général il y a un savoir faire, une démarche qui le singularise de la masse de gélatine visqueuse qui s’affiche sur nos écrans. Pour peu qu’il ait quelque chose à dire, et on passe de l’artiste à l’artisan. Stuart Gordon est un de ceux-ci. Il faut être honnête, le mec n’a pas fait que des chefs-oeuvre mais depuis Ré-Animator (qui en est un) en 1985 (déjà !), il ne semble pas avoir changé son fusil d’épaule et c’est tout à son honneur. On en viendrait même à trouver une veine Carpenterienne dans son film. C’est dire.

Car certes du sang il y en a, mais il y aussi cette façon de dépeindre le monde. Il y a la violence de la fiction mais celle du quotidien n’est jamais très loin. Le sang est la partie fun d’une histoire qui l’est beaucoup moins, la vie. Il agit plus comme la catharsis d’un sale gosse qu’autre chose. On est tous à la merci et/ou sous l’emprise de quelqu’un ou de quelque chose. C’est la vision 3D du monde. Pourquoi et comment une gentille et compétente infirmière peut-elle se comporter comme cela ? Pourquoi le dealer n’est-il pas si dur que cela ? Quid du SDF rencontré dans le parc qui est finalement le plus cool ? De la famille d’immigrés clandestins… Le personnage du mec encastré est donc bloqué (stuck) dans un pare brise, tout comme chaque personnage l’est de sa propre situation personnelle ou professionnelle. Chacun joue un rôle dans ce monde de dupe semble nous dire Gordon. Je sais pas si le propos est très profond mais il a le mérite d’exister, d’autant plus quand il s’agit d’un film qui sera vu au premier degré par des ados éméchés un soir de débauche devant M6 (on est tous passé par là).

Enfin et donc, le film ne serait rien sans les pointes d’humour qui émaillent l’ensemble. Quel plaisir sadique a donc piqué Gordon ? Il est difficile de ne pas sourire devant certaines scènes volontairement destinées à satisfaire le public. Une sorte de distribution gratuite de pim’s à l’orange en plein film. Du bonheur ! Les acteurs font le job, leurs rôles sont intéressants. Un conte de la crypte en mieux.

Définitivement conseillé.

Valeur en devenir

 

Comme dirait Herbert Léonard, Pour le plaisir :

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