Rocky Balboa – Un uppercut de sincérité

19122008

Difficile de faire l’apologie du très moqué Sylvester Stallone et encore moins du dernier opus de la série des Rocky, et pourtant !

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est le cinéma qui y gagne, mais l’oeuvre est sincère et le parallèle entre Rocky et Stallone est trop évident pour ne pas toucher même le moins larmoyant d’entre vous.

sly1.jpg

Alors comment un film où l’on voit moins de 10 minutes de combat (un comble), où les dialogues sont souvent ras des pâquerettes, où l’on essaye de nous faire croire qu’un boxeur de 60 ans se montre l’égal d’un collègue deux fois moins agé, où l’histoire tient sur un timbre poste, où les séances d’entrainement rythmées par la musique de Bill Conti sont si courtes, où, où, où … Comment un tel film peut il avoir un véritable intérêt?

La première raison est l’intérêt jamais démenti par les fans pour la série et plus particulièrement pour ce personnage de fiction bravant l’impossible, qui a bercé bon nombre d’entre nous et dont la musique est indissociable de chaque scène qu’elle accompagne. Le premier opus, classé dans le top 100 de l’American Film Institute, est en cela une merveilleuse rampe de lancement, qui donne à chaque suite (aussi nulle soit-elle) un semblant de charme.

Vient ensuite la similitude évidente entre ces 2 épisodes qui se rapprochent plus qu’aucun autre épisode de la série ne l’avaient fait. Si ce sont les seuls épisodes où Mister Balboa ne gagne pas le combat final, il en ressort pourtant grandit à chaque fois car sa motivation et ses ambitions dépassent la simple volonté de vaincre. Le film de boxe qui va au delà de la boxe. Pas trop loin quand même je vous l’accorde.

Mais les similitudes entre Rocky et son interprète sont véritablement les points forts de cet épisode. Au point qu’on finit par se demander s’il s’agit d’un film de boxe ou d’un documentaire sur un acteur sur le retour.

A l’origine de la série, Rocky est un boxeur de seconde zone qui se voit proposer une chance mondiale et qui la saisira pour se hisser au sommet de la hiérarchie des poids lourds. Sly lui est alors un quasi inconnu dont le succès du film lancera sa carrière dans les proportions que l’on sait. Dans Rocky Balboa, Rocky est emproi aux doutes, les feux de la rampe lui manquent, il souhaite redevenir ce qu’il était, les gens l’apostrophent dans la rue, ils l’aiment, ils aiment Rocky. Sly lui peine à retrouver la carrière qui fût la sienne dans les 80′; après quelques sursauts dans les 90′, le nouveau millénaire semble lui être fatal, il joue même (le pauvre) dans Taxi 3, est-il possible de tomber plus bas? Comment se prouver alors que l’on peut revenir au top? Stallone acteur se décide à ressortir son rôle maître du tiroir, à rechausser les gants. Il est évident qu’il y a dans tout cela une lutte, qui ne peut que nous toucher, de l’homme qui ne veut pas vieillir, toujours à la quête de son faste passé. Il le dit lui même, les anonymes l’appellent Rocky. La mise en chantier d’un sixième épisode devient donc logique et inévitable.

On oublie le numéro 5 aussi soporifique qu’inutile, le numéro 4 et ses accents démagos (pour mémoire « Alors vous voyez, ce que je voulais dire, c’est que si moi j’ai changé, c’est que vous avez changé, tout le monde peut arriver à changer »). Et l’on regarde et l’on est ému par cet acteur et par ce personnage qui souhaite clôturer ce qui l’avait vu triompher. On en oublie l’intrigue assez faible du film, le résultat de l’arbitre à la fin du film n’y changera rien, la boucle est bouclée et de quelle façon!

La séquence finale est d’autant plus émouvante qu’elle s’adresse a tous ceux qui en usant leurs magnétos jusqu’à l’overdose ont fait de Rocky un mythe, Sly les salue et leur rend un vibrant hommage en les filmant en train de monter ces célèbres escaliers de Philadelphie.

On espère qu’il n’aura pas la mauvaise idée comme de nombreux boxeurs (des vrais cette fois-ci) de revenir pour le come-back de trop.

Vraie Valeur

Conseil filmo boxe :

Raging bull – 1980 Martin Scorcese

When we were kings – 1996 Leon Gast

Million dollar baby – 2004 Clint Eastwood







Playboy Communiste |
STREAMINGRATOX |
lemysteredelamaisonblanche |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Fascination
| hsm321
| voyagelook