Michou d’Auber

26042011

En 1960, la guerre d’Algérie bat son plein. Le jeune Messaoud, 9 ans, est confié par son père, à une famille d’accueil établie dans le Berry, constitué de Gisèle et de Georges. Ce dernier, facteur de son état, ancien combattant de la guerre d’Indochine, un brin raciste, ne sait rien de l’origine du garçon que l’on a rebaptisé « Michel » (ou « Michou »). Celui-ci découvre alors la France profonde.

Michou d'Auber

Avis aux amateurs, je vous offre sur un plateau (et libre de droits) le pitch du film d’horreur ultime. Le lieu : un hôpital. Le jour : Un dimanche de pâques. Le pitch : Tous les médecins ont déserté le navire. L’hôpital (façon Halloween 2 de Rob Zombi) est désert, les internes trahissent leur age par des visages trop marqués par une acné encore récente, la TV fait 36 cm (36 bordel !), et 2 chaînes se battent en duel : TF1 et FR2. Le héros a beau chercher, triturer les programmes dans tous les sens, pas d’Arte. Le choix (pas de livres, ni même de VSD, sous la main) va donc se porter entre les Experts et Michou d’Auber. Les séries policières américaines n’étant pas (à ce moment là de l’histoire) la cup of starbucks du héros, il choisit Michou d’Auber.

Michou d’Auber, pour ceux qui ne connaîtraient pas, ou qui auraient une vie, c’est réalisé par le prodige français Thomas Gilou, à qui l’on doit les inoubliables (rapide recherche sur Wikipédia) Victor et la trilogie La vérité si je mens ! Ok ce sont des films de merdes, mais reconnaissant lui le mérite d’avoir un nom marrant. Gi-lou, c’est marrant comme nom. Pour finir, le film est une production EuropaCorp (la Cie de M. Besson) et TF1, il passe sur Fr2 et vous trouvez dedans Depardieu, Baye ou encore Amalric. Bref, plus cinéma français tu peux pas faire. Plus nul non plus.

Passons sur le jeu des acteurs, car le seul jeu est de deviner qui cachetonne (Matthieu), qui cabotine (Gérard), qui est perdu (Philippe), qui est nul (Samy)… Quand le ratage est si énorme, il faut souvent se poser la question de celui qui les dirige. Bon rappelez-vous, Gi-lou, le nom est marrant. En me relisant (si si, ça m’arrive) je me rends compte que je suis dur, le film n’est pas fait pour moi, la cible c’est la grand mère un peu raciste qui a peut être un bon fond. Cette sorte de Grand Chemin bis, surfe sur cette vague nostalgique, avec tant de talent que Nolwen Leroy passe pour une débutante à côté. Vas-y que je te mette bien profond une couche de consensualisme mou, vas-y que je te fasse la morale, vas-y que l’ensemble est gerbant (et dans un hôpital c’est pas cool) de médiocrité, d’amalgame et de fausses valeurs.

Pour ne rien arranger, le film est long, prévisible (of course), l’humour est pataud, moralisateur, et je suis prêt à mettre ma main à couper, que la cible va en ressortir plus raciste qu’elle ne l’était au départ. De la soupe populiste et contre-productive. Bravo FR2, vive le service public et vive la redevance à 123 €. Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour mais je commence maintenant à comprendre pourquoi certains regardent TF1. Un scénario pour un film d’horreur je vous dis.

faussesvaleurs.bmp







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