Les noces rebelles

14022009

Franck et April Wheeler, un beau couple qui fait l’admiration des voisins, sont jeunes, plein d’entrain et d’ambitions, persuadés qu’ils sont de leur unicité. Leur avenir est devant eux, avec l’objectif de « ressentir les choses et les vivre vraiment », « de sentir son coeur battre ». Malheureusement entre les paroles et les actes, la vie les rattrapera.

Après American Beauty, Sam Mendes continue son introspection du American Way of Life, avec les désillusions qu’il comporte.

Noces rebelles

Ce film magnifique (avec au passage un titre français totalement idiot), peut se résumer en 4 scènes phares, toutes aussi magnifiques :

  • Le décor est posé dès le début lorsqu’on voit Franck descendre du train pour se fondre dans la marée des chapeaux, et n’être plus qu’un cravaté dans la masse, lui qui se voulait unique.

  • April qui sort les poubelles, pour les aligner exactement comme celles des voisins. Dans un intelligent flash-back, on les revoit choisir cette maison, une maison vendue comme un rêve, comme un but en soi, ils la voient unique, alors qu’elle est – et April s’en rend compte a posteriori – IDENTIQUE aux autres.

  • La scène crucial et magistrale du petit déjeuner, où April totalement résignée fait le deuil de ses illusions. Lors de ce petit déjeuner glacial, à l’atmosphère pesante, ils n’ont plus rien à se dire. Franck tente de meubler, de parler de son nouvel emploi, mais l’étincelle n’est plus là. Elle est résignée et lui se contente égoistement, de ne pas le voir.

  • Lors d’une scène finale, qui voit le voisin des Wheeler éteindre son sonotone pour ne plus écouter les médisances de sa femme. Comme un avertissement au spectateur, de continuer à être lui même en essayant d’éviter la perversion de son entourage, qui tentera, frustré, jaloux, de le réprouver.

Le message est clair : l’aliénation de l’individu par la masse. Où lorsque pour vivre SA vie, il faut accepter de « passer pour un dégénéré ». Le seul personnage sensé du film (le « fou »), le dit lui-même à sa façon : « pour jouer au papa et à la maman dans une si jolie maison, il faut faire un boulot que l’on déteste ». La seule échappatoire passera par la transgression, celle de l’adultère et du sex.

Au final, encore une réussite pour Sam Mendes, un film dont le rythme se ralentit à mesure que les rêves disparaissent; un film que Kate Winslet (qui aura l’oscar) irradie de sa présence; un film dont la thèse ne peut malheureusement qu’être défendue par un scénariste, un réalisateur et des acteurs multi-millionnaires sans tomber dans la schizophrénie, à la manière d’un Tyler Durden dans Fight Club. Une grande réussite malgré tout.

vraivaleur.bmp 

Filmo conseillée :

- American Beauty – du même réalisateur, 1999.







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