La Proie

18092011

Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

La Proie

Eric Valette, c’est le gars qu’on a envie d’aimer, celui qui a de solides références, un amour du genre et une certaine intégrité dans la réalisation. On l’avait laissé avec un excellent thriller politique (Une Affaire d’état), il nous revient avec cette chasse à l’homme musclée avec dans le rôle titre, le toujours sympathique, Albert Dupontel.

Ce qui est appréciable dans son cinéma, c’est qu’il est (attention expression galvaudée) sans concessions, le personnage de Dupontel n’a rien d’un enfant de coeur, ce n’est pas le sempiternel accusé à tort. Non, c’est juste un braqueur, à la différence des personnages habituels, celui-ci a un code moral. On dépasse les codes de justice ou d’injustice, c’est d’ailleurs ce qui semble marquer ses films, plus que la loi, c’est un certain sens des valeurs que Valette semble toujours prêt à mettre en exergue. Il n’y a pas de bons ou de mauvais camps, il y a juste quelques gens intègres (flics ou ripoux) dans un monde peuplé de sinistres individus. Dans un sens, et plus encore que sa manière dynamique de filmer (un vrai bon point du film), il y a là un point commun évident, ou une référence naturelle avec le cinéma de Michael Mann. On n’en est certes pas au même niveau, mais Valette est surement celui qui s’en rapproche le plus sur le sol hexagonal.

Chose récurrente, son besoin évident de mélanger fiction et réalité. Il filmait précédemment les dérives des ventes d’armes en Afrique, il s’appuie cette fois-ci, un peu plus en filigrane, sur l’affaire Fourniret. Valette est un cinéaste de notre temps qui ne cesse de rendre hommage aux genres et aux cinéastes qu’il apprécie.

Il arriverait presque à nous décomplexer du film d’action. C’est dire. Prendre du plaisir, de façon intelligente, qui pourrait être contre ? Alors naturellement, tout n’est pas parfait, les dialogues sont un peu faiblards, la direction d’acteur ne semble pas non plus être sa qualité première, autant de défauts qu’on excusera par cette la générosité qui transpire de chaque plan. C’est assez difficile à expliquer pourquoi, mais on ne peut être qu’indulgent face à la sincérité. Se pose aussi la question de la durée. Certains personnages méritant un peu plus d’intérêt, le film n’aurait-il pas pu s’étirer sur quelques minutes supplémentaires ? A moins que le rythme s’en soit trouvé plombé ?

Peu importe, s’il n’est peut-être pas le plus doué de tous, c’est à n’en pas douter celui qui donne le plus. Et rien que pour ça, le film vaut le coup d’oeil.

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