Joshua

22012010

Brad et Abby Cairn célèbrent la naissance de leur deuxième enfant, Lily. Joshua, le grand frère, ne voit pas l’arrivée de sa soeur d’un bon oeil

Joshua

Il y a des films qui parviennent difficilement à traiter convenablement un genre. Joshua, dans sa première moitié, réussit le tour de force d’en traiter deux que tout oppose à la perfection: le film de famille et le thriller. Le film de famille (Tendres Passions, Little Miss Sunshine…) se dénoue autour d’un drame passé, s’ouvre en développant ses personnages et aboutit à un nouvel équilibre. Le thriller quant à lui se noue autour d’un drame à venir, élimine ses personnages et s’acharne à détruire l’équilibre. Ce mélange improbable et parfaitement réussi est rendu possible par une habileté scénaristique rare: le long métrage s’articule autour ET d’un drame familiale passé ET d’un drame à venir. De plus, ces deux drames vers lesquels le film converge sont parfaitement incernables, de même que son ou ses ancien(s) et futur(s) auteur(s). Plusieurs personnages présentent une folie potentielle: la mère, le fils, et l’appartement. La responsabilité d’un des drames, ou même des deux, passe donc d’une entité à l’autre. Se faisant, elle se refuse à resserrer le récit autour de l’un d’entre eux. Elle l’ouvre même en creusant de nouvelles facettes aux personnages après les avoir quitté, et mieux encore, multiplient des possibilités en terme de « crimes » et de « criminels ». Les possibilités sont immenses. Le film de ce point de vue est d’une extraordinaire richesse ; Les personnages secondaires sont si travaillés que toutes les pistes restent ouvertes en réalité.

La réalisation, l’écriture, la direction d’acteur et leurs performances sont réussis et la tension grandit. Etant parfaitement incernable à tous ses bouts (le passé et le futur, le « crime » et le « criminel »), ainsi qu’en son coeur (la nature des deux  »crimes ») elle se transforme en atmosphère. A ce stade, la tension devrait donc s’illustrer par les décors, la lumière, et la musique -symboles de l’atmosphère- comme c’est le cas d’Angel Heart. Cela dit, comme dans Shining et Rosemary’s Baby, le lieu où se déroule l’action a déjà été présenté comme un lieu maudit. Joshua va même plus loin: après avoir imbriqué la folie de l’environnement à celle des personnages (joshua voit peut être des fantômes, la mère entend des travaux au dessus), elle l’en affranchit en isolant à plusieurs reprises le facteur folie à un des persos indépendamment du dit environnement (joshua a juste une mauvaise nature, la mère a peut être de graves problèmes psychologiques). Il en résulte que la tension, quand elle n’est pas sublimée par le seul facteur qui peut donc la véhiculer: l’ambiance musicale, superbe, glaçante (dans une moindre mesure la direction d’acteurs), n’a de refuge que dans son concept même. Libéré de toute pression, Le tableau du quotidien, d’une vie de famille désunie par la naissance d’un bébé, réunie par un père-enfant qui fait office de garde fou, prend vie et s’étire dans sa toute sa complexité en dévoilant tour à tour des morceaux de son passé et de son futur, tandis qu’une épée de Damoclès imperceptible mais bien palpable grossit partout autour d’eux. Le rythme est soutenu et chapitré à la Shining encore. Le tout est très, très bien foutu. Le réalisateur connaît ses classiques et les inspirations sont nombreuses.

Et puis une heure après il y a la scène du cache cache, brillante de simplicité et d’efficacité, qui isole les trois coupables les plus probables: l’appartement, la mère et le fils, tandis que la future victime la plus probable: le bébé, dort dans son berceau sans surveillance. Là, le réalisateur fait une erreur: à la suite de cette scène, deux des trois coupables présumés sont écartés… mais le seul restant garde son masque. Le film fait un choix mais pas le réalisateur, qui décide de maintenir la tension après son pic. S’ouvre alors un duel psychologique entre les deux persos restants et une histoire plus classique de machination qui n’a de sens réellement que dans la multitude des personnages. Le film continue de nous nourrir en faisant évoluer ses persos et en respectant parfaitement son nouveau genre, malgré un cadre qui lui est hostile, mais il souffre de la maestria de sa première heure et devient long. Dommage.  Un film qui ne prend pas les spectateurs pour des idiots, fait par un type (George Ratliff) qui ne l’est pas du tout. Le titre en revanche l’est complètement.

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