Invictus

3062010

Dans un pays divisé et en pleine préparation du mondial de Rugby en Afrique du Sud, Nelson Mandela comprend tout l’intérêt politique qu’auraient les Springboks à gagner.

Invictus

Réaliser une hagiographie d’un personnage encore vivant soulève toujours plusieurs problèmes. Le manque de recul, une certaine complaisance face au personnage (qui tourne souvent au manichéisme) et la difficulté, c’est con mais c’est tellement vrai (cf Ali de Michael Mann), de se trouver avec un acteur ne ressemblant pas au personnage qu’il incarne (même si l’on a connu des différences plus marquées que celles entre Morgan Freeman et Mandela). Quand il s’agit de Mozart, Jeanne d’Arc ou Christophe Colomb cela pose, à part pour certains érudits, moins de problèmes, tous ceux-ci n’ayant jamais été photographiés et filmés de telle sorte que leur image est inconnue de tous. Mandela n’entre évidemment pas dans cette catégorie.

Pour toutes ces raisons, j’ai toujours préféré un traitement plus « romancé » (ou à l’opposé un traitement documentaire) à cette exactitude clinique forcément fausse car naturellement subjective. D’une part cela laisse un espace de création à l’auteur et de l’autre, on n’enferme pas le spectateur dans une vérité historique toujours sujette à discussions et donc à polémiques (qui ne font qu’éloigner et passer au second plan, un film, une oeuvre artistique). Je pense que ce sont ces raisons qui font que des films comme Citizen Kane (ok c’est un peu facile la comparaison), Last Days ou Le Caiman sont plus réussis que leurs petits copains.  Peut-être n’est-ce finalement le propre que des grands réalisateurs que de transcender ce genre de sujets ? Étant donné la filmographie de qualité d’Eastwood, on n’ira peut-être pas jusque là, mais la vérité ne doit malgré tout pas en être si éloignée.

Le film, lui (il faut bien en parler, faute de tomber dans les polémiques dénoncées ci-dessus) c’est un peu Le Super Gentil Nelson Mandela contre les méchants et les racistes. Tellement il est gentil et intelligent qu’il arrive même à ne pas être contre eux. Bref, ça transpire le bon sentiment, les dialogues sont indignes de ce que l’on pourrait attendre de Clint. Sur un sujet et une action politique probablement et difficilement attaquable (sur le fond) le film arrive à faire le contraire de ce qu’il s’était semble-t-il fixé. Le rugby car le film en est question, n’en ressort pas grandi (outre pour le coup certaines largesses historiques), mal filmé au possible, on nous refait même le coup du ballon qui s’élève au ralenti, les différents acteurs le suivant du regard. Le genre de plan qu’on croyait définitivement abandonné aux films comiques tellement il est éculé (cf Semi-Pro). On pourrait également lister la porte ouverte à tous les poncifs (une main noir et une blanche sur la coupe du monde, le gamin de Soweto avec les flics, les gardes du corps qui font ami-ami …), il y en a trop et ce déluge devient très vite écoeurant et contre-productif.

Dommage. Invictus ou Les Bisournours 2 (Oups, je viens devoir que l’expression avait été reprise par un confrère)

valeurdchue.bmp







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