Harry Potter 7

30112010

Le pouvoir de Voldemort s’étend. Celui-ci contrôle maintenant le Ministère de la Magie et Poudlard. Harry, Ron et Hermione décident de terminer le travail commencé par Dumbledore, et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais il reste bien peu d’espoir aux trois sorciers, qui doivent réussir à tout prix.

Harry Potter 7

Une fois n’est pas coutume, le film est mieux que le livre. Il faut dire que l’histoire ne s’articule plus à la manière des policiers : avec son lot d’indices et de fausses pistes habilement parsemés menant vers un nouveau dénouement, comme un nouvel épisode de Sherlock Holmes. Il est une quête, une errance ; c’est beaucoup plus facile à mettre en images. il s’agit plus de transposer une atmosphère que de choisir, parmi le milliard de détails que peut contenir une énigme de sept cent pages, ceux qui résumeront le mieux l’histoire, ou décevront le moins de fans. Cinématographiquement, ça a plus de sens.

Le fait que HP7 soit coupé en deux parties met parfaitement en valeur cet effet d’errance sans but, ce qu’il est plus ou moins : les héros, privés de leurs repères, de leur château chéri où aux détours de chaque couloir on tombe sur un conciliabule secret qui fait avancer le récit, galèrent et n’ont pas beaucoup d’idées pour trouver les Horcruxes. Alors ils s’interrogent, ils s’engueulent aussi, ils sont renvoyés à eux mêmes, et le tout n’a pas de fin véritable. Exit l’entonnoir, le toboggan qui propulse à vitesse effrénée nos héros adorés d’un bout à l’autre de Poudlard ; place au libre arbitre et à la douleur des choix importants dans des forêts enneigées et des landes humides toutes anglaises, après un rapide détour par Londres ; place aux questions sans réponses ! Dumbledore, le père, a été tué un peu plus tôt. « Maintenant nous sommes seuls » dit très justement Hermione après que son fantôme ait disparu. Fondu au noir. C’est la fin de la licence Harry Potter telle qu’on l’a connue. Bienvenue dans l’âge adulte.

Le film est axé majoritairement, comme la première partie du roman, sur la psychologie des personnages, sur leurs façons de se positionner les uns les autres, et les uns par rapport aux autres, sur l’imminence d’un combat final à l’issue plus qu’incertaine – d’où l’ambiance glauque qui ravira beaucoup plus les adultes angoissés que les enfants avides de fantaisies colorées. Et c’est tant mieux car le réalisateur est beaucoup plus enclin et à l’aise par nature à filmer ce genre de récit. On se souvient notamment que dans le six il avait délibérément, de son propre avoeu, axé le film sur les histoires d’amour, sur les relations des personnages, plutôt que sur la terrible question que nous nous posions tous à la lecture du roman – qui lui pour le coup est chargé d’un suspense intense dès les premières pages – : MAIS PUTAIN, QUI EST LE PRINCE DE SANG MéLé ???? Ici, dépouillé d’une obligation de résultat, de dénouement – partie un oblige – il a comme qui dirait carte blanche, il est sur son terrain, et là où la liberté d’actions emprisonne les héros dans leur tente et dans leurs solitudes, le réalisateur, lui, s’épanouit, fait les bons choix, prend des risques, et filme avec plaisir et virtuosité, mais sans beaucoup de suspense encore une fois soyons honnêtes, des scènes d’actions réalistes où la magie, les jeux de lumière, les sons fabuleux viennent transcender le tout plutôt que de revêtir des allures d’effets imposés. La caméra bouge bien et ces scènes d’actions s’étirent plutôt qu’elles ne s’écourtent, par opposition au deux opus précédents. Elles apportent un rythme bien pensé au récit en parsemant les longues errances de nos héros, à intervalles réguliers, de shoots de punch jouissifs et souvent très drôles. Le mélange des genres fonctionne très bien. La scène dans le ministère de la magie, ministère on ne peut plus Orwellien, est l’incarnation même de ce mélange vraiment abouti

Il est rendu possible avant tout par la qualité de toutes les prestations d’acteurs qui sont au top, avec un prix du jury global pour nous trois héros qui ont bien grandi, et que leurs vies trépidantes, un travail régulier, et une maturité nouvelle ont formidablement enrichi. Une mention spéciale est attribuée à Peter Mullan, un des nouveaux du casting, qui réussit à rendre les baguettes des sorciers aussi dangereuses que des flingues à la façon dont il tire ses sorts, le visage crispé, les mouvements secs et brutaux chargés d’une intensité violente. Dommage qu’on le voit si peu ! Et le razzy, malheureusement, revient quant à lui à Rhys Ifans qui joue le rôle xénophilius Lovegood. On peut le dire, il est vraiment passé à côté du personnage : il réussit l’exploit de rendre terne le personnage le plus coloré du roman. La scène dans sa maison est ratée d’ailleurs, très en dessous de celle écrite par JK Rowling, seul véritable point noir de HP7 – encore faut il bien connaître la saga pour s’en rendre compte – avec la musique peut être, dont des thèmes plus variés, plus inspirés, et plus nombreux auraient pu accompagner nos héros et surligner leurs émotions. Mais ce ne sont que des détails, Le film est vraiment réussi et parvient, comme les romans, malgré l’autoritarisme dont il est question, ses couleurs sombres, sa maturité, son désespoir assumé, son rythme plus lent – mais plus juste – à nous sortir de la réalité pour nous faire pénétrer dans un monde magique et somme toute joyeux : la possible victoire de Lord Voldemort reste encore moins effrayante que la chute de l’Europe, et Hermione est devenue vraiment pas mal (Ron, pour les filles, ou les hommes qui aiment les hommes, s’est quant à lui pas mal musclé). Courrez dans les salles sans crainte ! C’est canon ! Vivement le prochain pour qu’on puisse les regarder d’affilées en blue ray sur nos écrans lcd !

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