Bedevilled

12032011

De retour dans son village d’enfance, Hae-won jeune citadine coréenne aux dents longues, découvre un univers qu’elle s’était efforcée d’oublier, celui de son ami d’enfance Bok-nam.

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Primé au récent festival de Gérardmer, Bedevilled va demander un coeur bien accroché aux spectateurs qui le verront. Heureusement c’est un film coréen, donc il est génial, et heureusement (bis) vu qu’il est coréen, qu’il est génial et qu’il a été primé à Gérardmer, il ne sera vu par personne.

Ça commence assez étrangement (clin d’oeil ?) par une scène presque similaire à celle du dernier Raimi (Drag me to Hell) et on se prend assez rapidement à détester cette petite arriviste péteuse de Hae-won. De ce point de vu là c’est gagné, on comprend que le réalisateur sait créer l’antipathie (on ne sera pas déçu par la suite). Puis la protagoniste arrive sur cette île reculée, qui semble vivre au rythme de la haine et de la misogynie. Les hommes sont violents et cruels, les femmes âgées, fanées et finalement jalouses de l’attrait des plus jeunes, sont lâches et se muent en complices. C’est sur cette île de malheur que Bok-nam essaye de vivre, un peu pour elle et beaucoup pour sa fille. Aussi, quand son amie d’enfance revient la voir, c’est un rayon de soleil qui illumine sa triste existence. En Hae-won elle voit ce qu’elle ne connait pas et ce qui lui semble un monde meilleur, un monde où une femme peut être éduquée et indépendante. Le film est construit sur cette séparation entre ses 2 filles, sur ces injustices. L’amour immodérée de l’une et l’amnésie égoïste de l’autre. Leurs relations ne peuvent être simples et pures qu’entre elles deux, sitôt le monde réel intercalé entre elles deux, les positions redeviennent ce qu’elles ont toujours été. La résignation face à l’injustice, en voila un thème de cinéma !

Mais l’arrivée de Hae-won coïncide aussi avec la vision insoutenable des sévices et humiliations subies par Bok-nam, on en vient à espérer que tout cela se termine au plus vite. Les scènes sont dures, la violence est extrêmes, et les silences ne sont là que pour tout amplifier. Vous êtes spectateurs dans ce que cela a de pire, vous ne pouvez rien faire, vous êtes totalement démunis. Si le cinéma coréen a pris ces dernières années la physionomie d’un cinéma axée sur la vengeance, on n’est peut être pas totalement surpris par la tournure des évènements, mais par la violence de ceux-ci, oui. La seconde partie est honteusement jouissive, les rôles s’inversent jusqu’à cette fin de film qui sonne tellement juste et qui montre que Jang Cheol-soo (il fallait bien mentionner son nom) sait exactement ou il voulait en venir, tout est contrôlé, cela en devient beau et triste de fatalité à la fois.

Korea 1 point, Word 0.

vraivaleur.bmp







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