Balada Triste

12072011

Espagne,1937. Pendant que la Guerre Civile espagnole fait rage, un cirque ambulant tente de survivre. Pendant cette période tragique, deux clowns vont s’affronter jusqu’à la mort par amour pour une belle acrobate

Balada Triste

Bon, cela a déjà été dit, mais Alex de la Iglesia est quelqu’un de très apprécié par ici. Alors quand sort son dernier film, et que celui-ci est probablement le plus ambitieux qu’il n’est jamais réalisé (on est aux antipodes du conformisme sympatoch de Crimes à Oxford), pas la peine de vous faire de dessin, on court vers la salle de cinéma la plus proche et puis, puisqu’on en ressort lessivé, on le télécharge pour le revoir une nouvelle fois. Car dans Balada Triste, il y a tout. Je serai bien en peine de vous dire de quel genre il se proclame, car je crois qu’ils sont tous représentés. Film d’amour, film historique, film d’action, film d’horreur, film gore ou film comique ? Il y a un peu de tout ça. Et réussir cela avec le budget d’un épisode de Docteur House c’est possible ? Apparemment oui, mais il faut s’appeler de la Iglesia.

Balada Triste, c’est la rencontre entre 2 de ses précédents films, Mort de Rire et Action Mutante. Rajouter des scènes faisant références à Freaks, Brazil, King Kong, ou un maquillage digne du Joker et vous avez là l’OFNI du moment. Pas la peine de revenir sur le contexte historique du film, la guerre civile, ces 2 clowns qui s’affrontent… Non pas ce que cela n’est pas d’importance, bien au contraire, les images d’archives rajoutent une sévérité à l’ensemble, mais la symbolique est assez évidente. Comme Kusturica avec Underground, ou encore Guillermo Del Toro et certaines de ses oeuvres, histoire et Histoire se nourrissent et se répondent.

L’atmosphère recherchée est tout simplement géniale car unique. Faut-il kiffer ? avoir peur ? ou se marrer ? On ne sait jamais, les personnages sont imprévisibles. De la Iglesia, n’est jamais aussi à son aise qu’avec des personnages hauts en couleurs comme le sont ceux de ce cirque. Personnages à multiples facettes, parfaits représentants d’une Espagne d’une certaine époque.

Parmi les réussites notons ce générique qui vous lance le film en pleine gueule, avec une image de Franco et une autre de Frankenstein, il arrive à vous mettre dans l’ambiance de ce que sera l’heure et demie suivante. Difficile également de ne pas parler de l’actrice principale qui vous ôtera le sommeil pour de nombreuses nuits. On pourrait également disserter sur ces images stylisées, cette ambiance sonore immersive (exception faite – pour le public français – de la reprise de Cabrel) ou encore de la fin parfaite, inquiétante, dérangeante mais pourtant inévitable du film.

Comme tout film trop riche (en contenu) Balada Triste a le défaut de ses qualités. Certaines scènes, principalement celles d’action sur la fin, dénotent quelque peu et font flirter l’ensemble avec le grand guignol. Mais Balada triste, c’est autre chose, ça tient au corps, au coeur et encore. Le film garde cette touche irrévérencieuse et provocatrice de son auteur, et si certaines  »fautes de gout » l’empêchent de ne jamais devenir grand public, et bien tant mieux. De la Iglesia, qu’il reste comme il est, avec ses défauts certes, mais avec cette fureur de filmer. On en a tellement vu se policer, qu’on ne lui souhaite qu’une chose : ne pas suivre le même chemin.

Il est à parier que plus d’un spectateur non averti se trouvera totalement désarçonné. Car si certains plans (plans de grue notamment) sont très typés américains, la narration, l’histoire, l’évolution des personnages suivent-elles, un tout autre chemin. Le film est moins facile car il déroute, on s’interroge sur les réactions des uns et des autres; cela ne va pas dans le sens habituel et, lobotomisé que l’on est, cela nous dérange. Et bien rien que pour ces outrances, Balada Triste vaut le détours.

vraivaleur.bmp







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