Animal Kingdom

3032011

Suite au décès par overdose de sa mère, Joshua va vivre chez sa grand mère. Mais plus qu’avec elle, il va devoir cohabiter avec ses oncles, criminels notoires de Melbourne. Quel sera sa place dans cette famille à la hiérarchie déjà bien établie ?

animal kingdom

On salue souvent les performances des acteurs lorsqu’ils prennent 30 kg ou quand ils jouent le bègue ou l’homo de service, mais cela a malheureusement trop tendance à occulter la profondeur de leur personnage et les interactions qu’ils ont avec leur entourage. A l’heure du cinéma en 3D, on a pourtant droit à des interprétations à une seule dimension. La caricature de la performance unique (Gainsbourg, Le Discours d’un Plouc…) et des relations manichéennes. T’es gentil, je t’aime (voire je te fais l’amour sauvagement), t’es méchant, je te tue. Loin de moi l’idée de critiquer les acteurs, ceux-ci ne souvent là que pour débiter le texte insipide qu’on leur a mis sous le nez. Alors naturellement, vous voyez où je veux en venir, Animal Kingdom est un film qui m’a épaté. C’est bien fait, c’est profond, c’est bien joué (acteurs et actrices excellents), super bien écrit, les persos ont enfin une épaisseur, et puis j’ai compris le titre. Ce qui est toujours agréable pour l’ego.

Tout le film est dans le titre. Cette famille de criminelle vit selon ses codes et sa hiérarchisation depuis de nombreuses années, mais l’arrivée d’un nouvel élément (le perturbateur à son insu) et la disparition d’un autre (le stabilisateur), viennent tout chambouler. Comment les cartes vont elles être redistribuer ? Qui tirera profit de la situation ? De quel côté Joshua va-t-il pencher ? Toutes ces questions deviennent passionnante à mesure que l’on découvrent cette hiérarchisation des personnages. Dans cette chaîne alimentaire du royaume animal on est à la fois la proie et le prédateur. Mais un maillon en moins et c’est le bordel. Chaque milieu a ses règles et son équilibre à trouver, le banditisme ne fait donc pas exception. La mère est en ce sens un personnage clef, en dépit des coups du sort elle a sa barque à faire tourner. Les évènements sont ce qu’ils sont, point d’apitoiement là où la nature ne fait que reprendre ses droits, elle ne le sait que trop bien et sa seule tentative sera inévitablement condamné à l’échec.

Côté réalisation, c’est noir, c’est pesant (les grincheux diront que c’est lent), l’image est belle et réussit la prouesse de sublimer (ou d’horrifier, c’est selon) une réalité, de la rendre cinématographique. Nous ne sommes pas dans ce cinéma faux cul de la réalité à tout prix. On reste dans de la fiction, et de la fiction bien faite et assumée (outre le côté artistique) aura toujours une longueur d’avance. Le cinéma est une usine à rêver, à penser, à ressentir, il semble que pour son premier film, David Michod l’ait bien compris. Si on devait comparer son travail à celui d’un réalisateur contemporain, je pencherais vers du Michael Mann. Du cinéma de qualité qui allie finement l’intrigue, la technique et le sens, bref la classe.

vraivaleur.bmp







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