A Serious Man

3022010

Larry est un professeur d’université en attente de titularisation. Sa femme le quitte pour un ami. Il part donc dormir à l’hôtel avec son frère. Un étudiant Sud Coréen tente de le soudoyer. Ses enfants n’en font qu’à leur tête…. Devant tout ces problèmes il tente de trouver une solution auprès de rabbins.

A Serious Man

Quand on est célèbre et vénéré, on finit toujours à un moment par se regarder le nombril. On parle de soi, on ne raconte plus grand chose. Le public doit prendre pour acquis tout ce qu’il a précédemment vu et, puisque ce n’est pas tout, aller encore plus loin dans la démarche d’approbation aveugle. Les Coen ont un talent visuel indéniable, leur petit monde de personnages décalés est leur marque de fabrique, mais arrive un jour où l’on tourne en rond et où l’on a plus grand chose à dire. S’il y a un point sur lequel on peut être d’accord c’est sur le fait que ce film ne dise rien. Le film n’est qu’une parabole de l’auto-satisfaction. La vanité de croire que ce que l’on a vécu est digne d’intérêt.

Tout commençait bien pourtant. Un bande annonce simple et amusante. Une scène d’ouverture énigmatique à la tension omniprésente et à l’image fantasmagorique. Pas de têtes d’affiche uniquement là pour « jouer dans un Coen » (cf la prestation cabotine de Brad Pitt dans Burn After Reading). Bref les ingrédients idéaux.

Il a été dit que le film est personnel et retrace des moments de vie des deux réalisateurs, qu’il est caustique, que c’est typique d’un humour juif… Très honnêtement toutes ces considérations tombent à plat, et ne constituent pour moi en aucun cas un alibi. Le film se veut être un The Big Lebowski à la fois plus tourmenté, plus abscons et plus réfléchi. L’histoire du gars qui n’a rien demandé et à qui tous les malheurs du monde semblent s’abattre. Les fans (il y en a toujours de cette espèce) des Coen diront : « vous ne comprenez rien à leur univers, si vous n’aimez pas ce film vous n’aimez pas blablabla…. ». On les entend déjà crier d’ici. Les frères Coen faisaient à leurs débuts des comédies drôles, loufoques, burlesques (Arizona Junior, Le Grand Saut) ou des Polars (Sans pour Sang, Fargo). Des histoires tordues avec des personnages hauts en couleur. Ici l’histoire est triste et trop quelconque, quant aux personnages cette formule imposée a fini par lasser.

Dommage il y avait moyen de faire mieux et jusqu’au milieu du film on y croit encore, cette cascade d’emmerdes qui tombent sur la tête de ce professeur d’université, avait fait la moitié du chemin, nous faire sourire de la situation (cf son divorce). Puis plus rien, quelques scènes pour se la jouer (la bar mitzvah de son fils), une réflexion sur le (non) sens de la vie, c’est beau mais vide.  Une succession de jolie tableaux ayant de vagues liens entre eux. A ceux qui déclare que ce film est le meilleur de ses auteurs, je leur dirai qu’ils ont raison d’employer un superlatif, mais qu’à titre personnel je n’aurai pas employé celui-ci.

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