Agora

16 12 2009

« cette histoire m’est venu quand j’étais sur un bateau avec des amis en vacances. Nous avons regardé les étoiles et parlé des extraterrestres, de la façon dont il pouvait percevoir la terre de leur planète, et cela m’a donné envie de faire un film qui se passe sur la terre » annonce Alejandro Amenabar, présent lors de l’avant première française de son prochain film: Agora. 

Agora

Le film est à l’image du speech d’intro du réalisateur: nul et confus.
Il est tout d’abord impossible de résumer le long métrage. Le tout se situe en l’an 400 après JC. Le personnage central semble être celui d’une jeune philosophe à l’esprit libre, incarnée par Rachel Weisz, qui tente de comprendre la place de la terre dans l’univers et la rotation des astres et du soleil – elle est paraît il une figure historique niveau astronomie. Autour d’elle gravite plusieurs personnages: son père et trois élèves à qui elle enseigne, en ces temps troublés, les vertus d’une fraternité puérile énoncée à coup de clichés. Et puis il y a aussi un monsieur qui essaie de convaincre tout le monde que le Christianisme, c’est LA religion. En toile de fond, on peut voir la percée violente du dit Christianisme. Puis le film se coupe. Quelques années plus tard, le Christianisme est installé. Après avoir écrasé le polythéisme à la romaine, il fait face au Judaïsme. Le père est mort et les trois élèves sont devenus des gens importants, ou accomplis. Il y en a deux qui aiment – à défaut d’un mot plus juste - la philosophe et cela cause des problèmes. La philosophe, elle, n’aime personne.  »Ma religion, c’est la philosophie » dit elle, ce qui pose aussi un problème. Le tout est agrémenté de plans de la Terre vu de l’espace quand les gens crient et pleurent au moment des massacres religieux. Une chance qu’Amenabar nous ait donné un semblant de grille de lecture au début du film.

Il est tout aussi impossible de dégager le thème central du long métrage, ni même le genre. Globalement, on pourrait dire que le film est une mauvaise pièce de théâtre doublé d’un peplum cheap, un soap opéra historique sans opéra et sans histoire, un anti film qui met en lumière la stupidité des hommes. La religion y est montrée clairement comme une chose absolument affreuse, sans aucun contrepoint. Les chrétiens, les juifs et les « païens » sont tous des pourris. Les plans de la terre vu de l’espace sont une énigme, doublé d’un mauvais goût transcendant. Il pourrait s’agir de la vision d’un dieu absent, d’une mise en abîme maladroite de… on ne sait pas de quoi. Ou bien alors il faut comprendre que la vie des hommes est futile et n’a pas plus de sens que l’oeuvre cinématographique d’Amenabar. Il est possible que le personnage de Rachel Weisz serve à mettre en lumière le fait que la science et la philosophie, elles, sont des choses bien, mais son personnage est si naïf et si peu emphatique derrière ses phrases chamalows du type « nous sommes tous frères » qu’il annule, comme tout le film, toute thèse possible.

La réalisation moderne et réaliste n’est jamais en adéquation avec le contexte historique et « épique » du film, l’éclairage est affreux, les décors ressemblent à du carton pâte, les figurants sont si mal dirigés qu’on en rit parfois – de désespoir – et les dialogues sont caricaturaux et d’un in-intérêt insultant. Le tout est fake et d’une immense inutilité. Il y a bien des drames mais aucune intensité dramatique. Les personnages sont pauvres et ne s’aiment pas. La mayonnaise finit tout de même par prendre dans le dernier quart d’heure, par opposition à la nullité du reste, quand quelques gouttelettes d’émotions parviennent à filtrer de la petitesse des personnages.

Un film extraordinairement raté. Un non sens total de 2h06. Les spectateurs ont applaudi une seconde chrono après la séance et sont tous partis sans un mot de la salle de projection dès le premier nom au générique. Amenabar n’aura jamais la chance de s’expliquer. Personne ne semble même avoir eu l’idée ni l’envie de l’écouter.

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14 réponses à “Agora”

  1. 16 12 2009
    un parfait inconnu (19:37:20) :

    quelle excellente critique! J’ai passé un moment merveilleux à la lire… Mais il y a une faute: « de plans vus de la Terre vus du ciel »… C’est « de plans de la Terre vus du ciel » plutôt non?
    Et il y a des doublons dans un paragraphe, mais la répétition s’applique au mot « doublé » ce qui, on va dire, doit être fait exprès.
    LVAFV (longue vie à fausses valeurs)

  2. 16 12 2009
    Norbert (20:18:16) :

    Très mauvaise critique.
    Partiale et assez risible tant ce qu’elle démontre une profonde méconnaissance des enjeux de cette époque. Vous n’avez absolument rien compris au tenants et aboutissants quand on lit les points critiques, car ils ne sont justement pas là. On remarque votre propre méconnaissance, et ce à plusieurs niveaux : Quand on écrit, le personnage principal « semble », non monsieur, ce n’est pas « sembler », c’est simplement une femme du nom de Hypatie, un personnage historique. Les dates sont connues et vérifiées, et seules des erreurs historiques temporelles quant à sa mort et celle d’un autre personnage ont été modifiées, pour coller au récit résumé en film de 2h en autres.

    Les propos caricaturaux des personnages sont une éloges magnifiques au film tant cela est totalement contradictoire à ce qui est représenté.

    Je vous recommande de mieux vous renseigner sur l’époque, de mettre en exergue vos propres lacunes sur les différentes religions notamment polythéistes et des implications de cet imbroglio de ce temps. Je ne désespère pas de vous voir réussir une bonne critique nuancée et constructive, il faut parfois de longues années, ça a l’air d’être votre cas. Et dans cette optique : bon courage.

  3. 16 12 2009
    Ako (20:54:17) :

    Est ce que quelqu’un pourrait m’éclairer sur la « critique de critique » de Norbert? Non parce que je ne sais si c’est moins qui comprends mal ou si effectivement ça ne veux absolument rien dire. « Je vous recommande [...] de mettre en exergue vos propres lacunes » : personnellement je vous recommande, Norbert, de revoir la définition de « mettre en exergue ». Pour ta gouverne Norbert une critique est un avis argumenté donc évidemment partiale. Et ce n’est pas parce qu’un film respect certains critères de vraisemblance historique qu’il est pour autant un bon film, « Apocalypto » aurait beau respecter les faits historique il n’en resterait pas moins un mauvais film (doublé du film doté du plus grand nombre de symboles « connotés » que je n’ai jamais vu). Si j’ai mal compris ce que vous vouliez dire, je recevrais évidemment votre réponse avec joie.

  4. 16 12 2009
    jay kay (23:22:11) :

    Norbert, c’est en lisant ton commentaire que les gens n’iront pas voir le film probablement. Je te soupçonne d’être toi aussi un anti agora, avoue

  5. 16 12 2009
    faussesvaleurs (23:39:57) :

    Norbert, tu me souhaites bon courage, tu ne désespère pas de voir sur ce blog une critique constructive et nuancée (quand bien même cela prendrait plusieurs années). Merci.
    Le respect des faits historiques se suffit-il comme argument artistique ? J’en doute.
    Bonne nuit.

  6. 24 01 2010
    Loïc (14:56:13) :

    Alors, à la fois j’ai bien aimé ce film, contrairement au critique, et j’apprécie cette critique, bonne et assez pertinente, de par ses arguments.
    J’ai ressenti aussi qu’il manquait un petit quelque chose pour avoir plus d’empathie pour les personnages…Mais, cela n’a pas suffi pour me gâcher la vision de ce beau film…y compris les plans vus de l’espace…

  7. 1 02 2010
    Wolvy (15:46:11) :

    Norbert, enfin quelqu’un avec un minimum de clairvoyance et surtout bon sens – bravo à toi l’ami !

    Bref, sinon, la dite « critique » d’AGORA (agrémentée de soit disant « arguments » hum, en carton) est assurément l’une des plus RISIBLE vue sur la toile, si si ! Probablement la « critique » d’un catho (ou peu importe), à qui ça fait tellement mal de se prendre certaines vérités en pleine figure, qu’il en oublie de voir qu’ AGORA est une œuvre sublimissime à classer évidemment parmi les meilleurs films (si ce n’est LE meilleur) vus en salles en ce début d’année.

    Mauvaise foi quand tu nous tiens…

  8. 1 02 2010
    Wolvy (15:51:41) :

    PS : CI-BAS UNE CRITIQUE HONNÊTE ELLE !

    « Si d ‘aucuns considèrent déjà AGORA, dernier film du surdoué Alejandro Amenabar, comme élitiste, il y aurait pourtant fort à parier qu ‘une forte part de ceux-ci n ‘y a tout simplement rien compris. Amusant, quand préférer le rejet à la remise en question n ‘en est ni plus ni moins que l ‘un des sujets traités. Terrifiant, quand un tel renoncement intellectuel ne fait que donner du crédit au pessimisme imprégnant le long-métrage. Pour information, AGORA se déroule au IVème siècle.

    On peine à y croire après visionnage : la grande force du film est l ‘évidence qui découle de chacune de ses séquences. De thèmes complexes, le cinéaste espagnol emprunte l ‘essentiel, fait passer pour limpide une densité narrative rare et confère à sa mise en scène un symbolisme purement évocateur. Ce qui ne fait pas d ‘AGORA une œuvre facilement accessible et la confine d ‘ailleurs à la cohérence la plus totale : comme chacun de ses personnages est intimé à le faire à un moment ou à un autre, Amenabar exige une réflexion de son spectateur. Non pas tant pour l ‘obliger à en reconnaître les enjeux, clairement exposés, mais bel et bien pour interpréter ce que chacun d ‘eux implique en des termes philosophiques. Jeux de perspectives, analogies ou plans qui se répondent à l ‘aune du parcours d ‘Hypatie, AGORA regorge d ‘interrogations métaphysiques prodigieuses dont chacun des sujets questionnés trouvera écho dans notre présent. Pour le réalisateur et son scénariste, les erreurs du passé dépeint ici trouvent leurs sources dans l ‘aveuglement idéologique d ‘êtres humains incapables de remettre en cause leurs croyances, où la recherche de la pensée unique autorise la destruction d ‘une civilisation avec son propre consentement (symboliquement représentée par le personnage d ‘Oreste). Un paradoxe qui trouve son parallèle dans la quête de connaissance du cosmos d ‘Hypatie, magnifiquement interprétée par une Rachel Weisz fascinante, élément fondamental et iconique de par ses idées (« je crois en la philosophie ») et les relations qu ‘elle entretient vis-à-vis de ses deux prétendants. Sa passion pour l ‘astronomie servira intelligemment au récit de prolongement thématique eu égard à la guerre de religions se déroulant tout près d ‘elle. Le questionnement identitaire et idéologique comme solution aux maux ? Elle y répondra de la plus fataliste façon qui soit.

    Brillamment écrit, AGORA multiplie les niveaux de lecture tout en mêlant religion, pouvoir, sciences ou politique au sein d ‘un même récit ultra-cohérent qu ‘il est bien impossible de décortiquer sans prendre suffisamment de recul. A chaud, on retiendra surtout la puissance émotionnelle permise par la structure narrative, et plus particulièrement dans un final aussi beau et tétanisant dans son découpage que dans les résonances qu ‘il sous-tend.
    En s ‘autorisant des points de vue macrocosmiques, Amenabar fait ainsi plus que de nous inviter à prendre littéralement de la hauteur sur les évènements présentés. C ‘est bel et bien l ‘Histoire de l ‘Humanité qui entre en jeu, les erreurs qu ‘elle commet ad vitam, tout cela vu par le prisme d ‘une Egypte moins antique que l ‘on ne voudrait le croire.
    D ‘un œil strictement cinématographique, AGORA est une œuvre qui appelle les nouvelles visions et l ‘analyse, luxe qu ‘il est difficile de s ‘offrir trois heures après une première couche. Mais les nombreuses idées de mise en scène comme l ‘universalité des sujets dissertés forcent l ‘admiration autant qu ‘ils laissent bouche bée après deux heures si marquantes. Dire que l ‘on est devant du très grand cinéma reste facile. Au moins n ‘aura-t-on pas ça à remettre en cause » (source nord-cinema.com).

  9. 11 02 2010
    faussesvaleurs (00:43:04) :

    Mon secret est percé. Damned !
    Enfer et damnation. Il ne me reste plus qu’à expier mes péchés et me laver de cette opprobre en récitant 50 notre père et 25 je vous salue marie.
    Wolvy, comme dirait une de mes ancienne campagne, tu es dur mais juste.
    Merci d’avoir contribué à rétablir certaines vérités.
    Au plaisir de te relire.

  10. 21 05 2010
    Wolvy (12:33:03) :

    oui je suis un peu dur je trouve (en me relisant), sorry faussesvaleurs. :p

  11. 21 05 2010
    Wolvy (12:34:31) :

    PS – ma pénitence : je vous salue Marie pleine de grâce, heu… etc etc :-) .

  12. 21 05 2010
    Wolvy (12:37:48) :

    PPS : J’ADORE ton avatar ! (maitee De Palma dans toute sa splendeur) Tiens, je vais essayer d’en ajouter un sur mon profil – je pense que ça devrait te parler.

  13. 21 05 2010
    faussesvaleurs (12:41:16) :

    quelle activité sur le net ! je suis admiratif devant autant de disponibilité !

  14. 14 03 2011
    Sam (16:16:29) :

    Décidément, mon pauvre ami, vous feriez honte à un illettré autiste, aveugle et sourd muet perdu dans la jungle guyanaise depuis 100 millions d’années. En revanche, je rends grâce à Norbert d’avoir épongé toute cette sottise incluse dans le ci-avant papier-cul pseudo-critique, ça m’évitera de brandir l’insulte comme j’en ai l’habitude, et, au passage, d’énerver encore plus le dénommé « f », toujours à l’affût de mes glauques et nébuleuses interventions.
    Je tiens toutefois à préciser que méconnaître à ce point l’Histoire relève d’une crasse sottise propre à faire se dresser les cheveux de n’importe quel mongolien un tant soit peu agrémenté d’un succédané de cervelle, même sauce ravigotte. L’enjeu que notre décidément bien pauvre ami n’a pas su détecter, malgré ses grands airs de critique universel, c’est celui de la connaissance étouffée par la violence de l’obscurantisme, incarné par le monothéïsme naissant… Tant de savoir accumulé et proposé par les savants de l’Antiquité et dont il aura fallu 1200 ans pour que la Renaissance, suite à la Réforme bousculeuse de fourmillière moyen-âgeuse, reprenne le flambeau et dispense à son tour, non sans avoir dû batailler ferme contre l’Inquisition et ses Jésuites, des Kepler, Copernic et Galilée.
    Pour info plus détaillée, j’enjoins notre décidément bien pauvre ami à se documenter sur lesdites découvertes de l’Antiquité (en astronomie, mathématique, anatomie, géographie, etc.) mises au jour par les Archimède, Pythagore ou Euclide – dont les « Eléments » sont toujours proposés en manuels scolaires, c’est dire la clairvoyance –, et constater en regard la chape de plomb qu’à fait fondre l’Eglise sur tout ce gentil monde scientifique et leurs suiveurs, condamnés au bûcher ou à l’autocensure – ce qui revient au même. Il constatera alors qu’Hypathie était en avance de plus d’un millénaire dans sa conception du monde et que c’est là tout le propos du film.
    En l’occurrence, et pour mieux saisir le pourquoi de la hargne des curetons et affiliés, il faut comprendre que le géocentrisme proposé par Aristote et Ptolémée, géniaux certes, mais un tantinet largués sur ce coup-là, avait de quoi rassurer la Sainte Saloperie Chrétine: tu parles, la Terre au centre de l’univers, l’homme au centre de la Terre, et Dieu tout là-haut qui veille à ce que tout soit bien pour ses ouailles… Rien que du bon pour le Pape et ses cornards manieurs d’intolérance cruciforme… Au contraire, l’héliocentrisme entrevu par Hypatie et confirmé plus tard par Copernic, remettait l’homme à sa vraie place – et donc Dieu aux chiottes –, à savoir dans sa gadoue darwinienne au centre de rien du tout si ce n’est de ses propres préoccupations, un peu comme notre décidément pauvre ami cité plus avant.
    Agora, c’est le savoir étouffé par la bêtise et le fanatisme, c’est la lucidité combattue par les forces des ténèbres de l’ignorance qui se répandront sur le monde durant tout le Moyen Âge grâce à la folie de quelques branleurs agitant une croix sur laquelle gît un crapaud écartelé qui soi-disant gueulait « je t’aime »…
    Alors voilà, comme disait Norbert, pour pas comprendre ça faut vraiment en tenir une couche aussi épaisse qu’imperméable à tout ce qui n’est pas hall de gare et clair de lune à Maubeuge. Cela dit sans animosité aucune.

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