Mission impossible : Protocole Fantôme

13012012

Ethan Hunt a du pain sur la planche. Tout juste sorti de taule en Russie, il doit faire face à des services secrets, à des russes bien énervés, à des arabes ou à des indiens guère plus gentils, et même à une future guerre nucléaire. Vous l’aurez compris il va devoir sauver le monde, encore une fois.

Regarder MI4, c’est une expérience, c’est un peu masochiste, mais ça marque. Le faire au Portugal, au milieu de ce peuple glouton et avaleur irraisonné de pop-corn (cela mériterait un article tellement c’est surréaliste) c’est encore plus fort, on est exactement dans ce qu’est le film: de la consommation de masse, de préférence celle qui colle aux dents. Mieux que ça même, on n’est pas loin du  » temps de cerveau disponible » cher à Patrick Le Lay.

Soutenu par une critique enthousiaste, MI4 rappelle une chose : c’est un film d’action, donc les neurones (exception faite donc de ceux nécessaires à l’achat du pop-corn et du coca-cola), prière de les laisser à la maison. C’est calibré, il y a quelques bonnes scènes (celle d’intro dans la gare, la partie d’escalade à Dubaï), tout est prétexte à des situations toujours plus cons les unes que les autres et les personnages ont gardé la marque de fabrique du réalisateur, ils ont l’épaisseur d’un écran de montage. C’est peut-être pas si mal remarque, ils auraient pu être invisibles. Une mission tout à fait possible pour un prochain épisode.

Bref, 2h13 à faire du placement de produit, à enchainer les explosions, les gadgets débiles et les cartes postales du monde entier, c’est long. Qu’est ce qui différenciera ce film d’un Sherlock Holmes 5 ou d’un James Bond 32 ? Rien. Si ce n’est un savoir faire pyrotechnique plus ou moins maitrisé.

La présence de Simon Pegg apporte une touche comique, heureusement car sinon bonjour l’ambiance !

Un film sans grand intérêt (la fin est nulle), qui permet au studio de lancer un réalisateur et de lui donner l’occasion de se faire la main sur un produit dont ils n’ont, au fond, rien à foutre. Mauvais ou pas, le succès est quasi assuré. A moins d’aimer le bruit du pop-corn maché par une armée de consommateurs compulsifs, n’y allez pas. C’est là qu’on se rend compte que le premier épisode (B.D.Palma) avait quand même de la gueule.




A dangerous Method

12012012

Carl Jung, disciple et collaborateur de Freud, se lance dans la psychanalyse et tombe amoureux d’une de ses patientes. Il n’aura de cesse de lutter contre ses pulsions, contre cette passion dévorante.

Cronemberg, Keira, Vigo, Fassbender, Freud, beaucoup, autant de raisons d’aller voir ce Dangerous Method. J’en oubliais Howard Shore qui en 3 notes et 2 accords, vous décoche des flèches dans le coeur et vous sauverait n’importe quel navet. Mais rassurons nous, il ne tourne que pour les plus grands.

Dangerous Method, c’est beau, c’est brillamment interprété, ça sonne bien et c’est intéressant. A moins d’être un expert de la psychanalyse, c’est le catégorie de films qui reste en mémoire et qui vous fait réfléchir tout le long du trajet retour vers votre domicile. Si les premières minutes (à la manière de Chromosome 3), glaçantes, et hautement perturbantes -- thank you Miss Keira -- vous plongent directement dans le bain (froid, vous aurez compris), le reste traite de l’évolution d’un personnage, mangé de l’intérieur, et face à un choix déterminant (on pense à Dead Zone et le dialogue de C. Walken avec son médecin). De ce cas particulier du départ on finit sur une portée beaucoup plus universelle.

Si bien qu’on en viendrait (quelle ingratitude) à trouver l’histoire trop froide et finalement trop au second plan par rapport à l’ambition du film. La narration se trouve en fait inférieur à la portée du film.

Dans cette psychologie des corps, le film trouve pourtant toute sa place dans la filmographie de Cronemberg, pas très loin de Crash ou de Faux Semblants.

Parmi les autres points à retenir, on mentionnera la relation Freud / Jung, qui n’a de cesse d’évoluer et de nous montrer Freud sous un visage nouveau (Mortensen n’y est peut-être pas étranger).

Au final, on regretterait presque que le film ne dure pas quelques minutes de plus. 1h40 pour développer un tel sujet, c’est véritablement trop court et cela oblige obligatoirement à certains raccourcis. Mais bon un film dont on se plaint de sa trop courte durée, ne peut pas être véritablement un mauvais film, non ?




Rachel se marie

26122011

Kym est une habituée des cures de désintox. Au profit d’une permission, elle passe le WE en famille pour le mariage de sa soeur Rachel.

Peut-on aimer un film dans lequel on ne se reconnait pas (The Smurfs par exemple), dans lequel le milieu traité, la petite bourgeoisie branchée américaine, est aussi antipathique que la réalisation assurée et l’interprétation réussie ? La réponse est oui. Merci Jonathan Demme (monsieur Silence des agneaux svp) et, soyons un peu honnête, merci Anne Athaway, qui malgré une blancheur maladive, est aussi jolie que bonne actrice. Accessoirement, elle se dévêtit facilement. Ceci peut expliquer cela.

Il est clair dès le départ que les personnages seront supers énervants (cf le père trop cool, la famille recomposée parfaite). Car Demme se veut résolument moderne, tant avec sa caméra (qui effrayera les seniors séniles) que dans les personnages qu’il met en scène. Un peu comme si le film était réalisé par un hippie … en 2011 ! Cela a évidemment un côté déroutant, gentiment idéaliste, mais il a la mérite de casser les codes généralement en vigueur.

Force est de constater, malgré la coolattitude ambiante, que les personnages sont plutôt intelligemment écrits et que le maillage qui existe entre eux est finement tressé. Et puis Kym est aussi là pour faire contre poids et mettre le boxon. Le résultat, c’est du travail d’artisan. On peut ne pas comprendre l’intérêt d’un objet tout en en reconnaissant les talents de fabrication. C’est un peu le cas ici. L’univers a beau être inconnu et gentiment factice, il n’en reste pas moins une étude intéressante de personnages, un en particulier, celui de Kym.

Rappelons-le,  »l’intrigue » du film tourne autour d’un mariage dont le personnage principal se trouve ne pas être la mariée. L’idée de départ est déjà suffisamment bonne pour donner de l’épaisseur à Kym qui n’aura de cesse  »d’exploiter » son besoin d’exister, son mal-être et son besoin de reconnaissance.

Rachel se marie, c’est un bon titre, un bon film, une bonne actrice sous les mains d’un bon réalisateur. Elle est pas bonne la fin d’année ? (quoi le film est sorti en 2009 ? pfff)




Joyeux noel

24122011
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L’irlandais.

24122011

Boyle est un flic irlandais, flegmatique et solitaire, amateur de Guinness, de poésie et de prostituées à ses heures perdues. En poste dans un petit village de la côte irlandaise où il ne se passe jamais rien, il passe ses journées à faire respecter la loi… au pub local.

Je ne sais pas si ça vous arrive à vous, simples mortels lecteurs, mais parfois en écoutant une musique de film, on se surprend à en comprendre le film. L’interprétation qu’on en a ne se limite pas à quelques mots sur un blog pour visiteurs vénézueliens, mais il s’agit d’un ressenti pur jus. La bonne harmonie entre les musique et images. La classe quoi. Pour moi, la dernière fois c’était avec Brazil et son génial générique final. Donc voila un peu ce qui m’est tombé sur le coin de la gueule, à une moindre mesure, cette semaine en regardant l’Anglais.

Pas forcément attiré à la base, croyant qu’il était réalisé par le gars de Bon Baiser de Bruges (c’est en fait le fréro), il faut croire que l’air du pays réussit mieux à la famille, car le film est bigrement captivant et autrement plus drôle que son collègue tourné en Belgique (ceci explique peut-être cela…).

La réussite du film repose à la fois sur ce Gérard Depardieu irlandais de Brendon Geeson et sur la maitrise et ce jeu finement proposés par le réalisateur, John Michael Mc Donaugh. Comme le dit Don Cheaddle (excellent lui aussi), « on a du mal à savoir si [le sergent Boyle] est extrêmement intelligent ou complètement con ». Cette ambigüité, n’a de cesse de nous poursuivre tout au long du film. A l’heure des personnages unidimentionnelement écrits, le sergent Boyle constitue une petite bulle d’air.

C’est donc là que je voulais en venir avec cette chanson finale, sirupeuse, mais avec un zest de provoc et juste ce qu’il faut de second degré (dans son utilisation dans le film tout du moins) pour coller donc, c’est le mot du film, avec l’ambiguité de l’ensemble.

A la manière du personnage du sergent Boyle, tout ne tient parfois pas à grand-chose, prêt à basculer d’un côté ou de l’autre, pour notre plus grand plaisir sadique (qui est peut-être celui d’avoir compris).

L’Irlandais, c’est drôle et c’est bien.




Blue Steel

24122011

Megan Turner, jeune policier, se voit suspendue de ses fonctions pour excès d’emotivité. En effet, confrontée à un hold-up à main armée lors de sa première ronde de nuit, elle abat l’agresseur sans remarquer qu’une main anonyme a subtilisé, quelques minutes après le drame, l’arme du malfaiteur.

Si une élection du film américain le représentatif des années 80 devait avoir lieu, je suis prêt à parier que ce Blue Steel, ne serait pas loin du podium, ou tout du moins mériterait d’y être. Réalisé par Kathryn Bigelow (Stange Days, Point Break, Near Dark – vous remarquerez le sens du  titre à chaque fois !) on est de fait dans la catégorie des films : sympas, presque bons, assez générationnels, mais jamais de la première division. Il manque toujours le petit truc en plus qui fait qu’on n’est pas dans du Die Hard, du Robocop ou du Predator. Malgré tout, ils ont eu des parcours respectables, ils ont rencontré un public, eu des succès d’estime, preuve s’il en est d’une certaine mode. KB est la reine du film d’action … bis. Blue Steel en est le meilleur exemple.

On passera sur les filtres bleus ou sur la musique au synthé, pour s’arrêter ce point qui fait que ce film est si représentatif de la réalisatrice et d’une époque, l’action prime sur le scénario. Car dans Blue Steel pas de chichis, les actions se succèdent sans que l’on sache véritablement pourquoi, aucune autre volonté que celle d’une réalisatrice sacrifiant tout au spectaculaire. Cela rend donc vous vous en doutez l’ensemble super linéaire, et on serait presque encourager à ne pas suivre et à juste se laisser porter par un scénar qui fait comprendre qu’il sera aux abonnés absents pour faire la part belle à une image, aujourd’hui passée de mode.

Les modes vont et viennent, rendant l’ensemble finalement assez kitch avec par moment des airs de sous Terminator (cf la fin).  Elle ne réalisera qu’un film lors de son mariage avec James Cameron, celui-ci.

Bref, c’est pas terrible, à moins de vouloir rigoler une tranche.